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Êtes-vous prêts à cultiver du sorgho fourrager monocoupe ensilage ?

Avec des atouts face au changement climatique, une richesse en énergie, une complémentarité avec l’ensilage de maïs, le sorgho suscite de plus en plus d’intérêt.

sorgho monocoupe BMR champ de sorgho
Face aux changement climatique, le sorgho monocoupe ensilage est une option envisageable pour faire des stocks.
© Arvalis

Emmanuel Moissonnier - éleveur dans l’Ain

OUI

Emmanuel Moissonnier
Emmanuel Moissonnier, éleveur dans l’Ain © E. Moissonnier
J’ai eu une mauvaise expérience avec du sorgho monocoupe en 2010. Je n’avais pas été bien conseillé pour choisir la variété. Cela m’a vacciné pendant quelques années. Mais, comme j’entendais de plus en plus dire que c’est une plante d’avenir dans le contexte du réchauffement climatique, que l’ensilage de sorgho monocoupe complète bien l’ensilage de maïs et qu’il augmente le TB, j’ai décidé d'en semer 7 hectares cette année (variétés Texan et Big-Dragoon). Ici, les rendements varient entre 11 et 14 t MS/ha. Je préfère le stocker dans un silo différent de celui de l’ensilage de maïs pour savoir combien j’en distribue exactement. Cela me permet de mesurer précisément ses effets sur la production laitière de mes 60 vaches à 10 400 litres et sur le TB (43 g/l). Mon objectif est d’en distribuer 3 kg MS/j en remplacement de la même quantité d’ensilage de maïs.

Éric Douillard - éleveur en Vendée

NON

Eric Douillard
Eric Douillard, éleveur en Vendée © E. Douillard
Plus maintenant. Nous en avons fait 10 à 15 hectares pendant dix ans. Nous étions satisfaits. Les rendements tournaient autour de 14 à 15 t MS/ha (20 à 22 % MS). Mais nous avons arrêté d’en faire il y a deux ans parce qu’il ne convenait plus à notre système. Pour faire face à la flambée du prix des tourteaux de colza et de soja, nous avons modifié notre assolement pour être plus autonomes en protéines. Nous implantons depuis trois ans 80 hectares de couvert à base de trèfle incarnat, de vesce velue et de seigle. Nous en distribuons 19 kg bruts par vache. Si nous avions gardé du sorgho dans la ration de nos 140 prim’Holstein, il aurait fallu apporter plus d’énergie pour maintenir leur niveau de production autour de 10 000 kg. Nous voulions aussi libérer des surfaces pour faire du maïs épi. Le fait de pouvoir irriguer le maïs (70 ha) depuis deux ans a également joué. Les rendements sont plus réguliers (17 t MS/ha ensilé). Le désherbage du sorgho n’est pas simple. Et sa récolte étant assez tardive, nous avons massacré un peu nos champs à deux occasions.

Romain Lelou - en Gaec en Loire-Atlantique

OUI

Romain Lelou
Romain Lelou, en Gaec en Loire-Atlantique © F. Mechekour
Nous cultivons du sorgho BMR depuis quatre ans. C’est très appétent et riche en énergie. Quand nous mettons 3 kg MS/VL/j d’ensilage de sorgho dans la ration hivernale de nos 135 pie rouges à 9 400 l, le TB augmente de deux points. La reproduction des vaches est améliorée. La culture du sorgho permet aussi d’étaler notre charge de travail. Nous l’implantons en mai et le récoltons début octobre, soit toujours un peu après le maïs. Côté bémol, la levée est une période critique surtout lorsque la pluviométrie est insuffisante en mai et juin. En revanche, une fois qu’il est levé, il a très peu besoin d’eau. En 2022, notre sorgho était vert alors que tous les maïs à côté étaient cramés. Chez nous, le rendement tourne autour de 7 à 9 t MS/ha, contre 10 à 11 t MS pour l’ensilage de maïs.

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