Aller au contenu principal

Élevages laitiers bas carbone : une émulation de groupe pour vendre des crédits carbone

Un groupe d’éleveurs du Ceta 35 a su créer une dynamique de progrès, qui leur a permis de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et d’être rémunérés pour ces efforts.

<em class="placeholder">réunion d&#039;éleveur adhérents au Ceta 35</em>
Le groupe a apporté l'émulation pour lancer la démarche de progrès. Sans cette dynamique et l’accompagnement du Ceta 35, la plupart des éleveurs engagés ne se seraient pas lancés dans les crédits carbone.
© Ceta 35

« Vendre des crédits carbone est une opportunité de financer l’évolution de nos systèmes. C’est une reconnaissance de nos efforts », apprécie Didier Besnard, éleveur à Iffendic en Ille-et-Vilaine, et adhérent au Ceta 35. Avec trente-quatre autres adhérents du Ceta 35, il s’est engagé dans cette démarche et va prochainement en toucher les retombées financières.

Leur réflexion a débuté en 2019 avec un groupe GIEE. « On entendait parler de marché du carbone. Nous voulions savoir ce qu’il pouvait apporter à l’agriculture », retrace l’éleveur. Pour valoriser des crédits carbone, la première étape est d’établir le bilan des émissions de son exploitation. « Nous avons testé différents diagnostics pour trouver le plus adapté à nos exploitations, explique Maëlle Gédouin, ingénieure au Ceta 35. Nous avons retenu le Cap’2ER. » L’opportunité de répondre à un appel à projet collectif, porté par France CarbonAgri, booste la motivation du groupe pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et vendre à terme des crédits carbone à des entreprises cherchant à compenser leurs propres émissions.

« Les optimisations n’étaient pas toujours là où nous le pensions »

Pour réduire au maximum ses émissions, il faut trouver les bons leviers d’amélioration. « Nous avons analysé ensemble nos bilans Cap’2ER et partagé nos pistes d’amélioration. Les échanges ont élargi nos horizons sur les possibilités de leviers à actionner », constate Didier Besnard. Maëlle Gédouin souligne que « par rapport aux premiers plans d’action qui avaient été réalisés sans échange pendant la période Covid, ceux établis en groupe étaient plus solides, mieux étayés ».

 

 
<em class="placeholder">Didier Besnard, éleveur, et Maëlle Gédouin du Ceta 35.  </em>
© C. Julien

« Trouver les bons leviers est d’autant plus motivant que la réduction des gaz à effet de serre est corrélée à l’amélioration des résultats économiques » - Didier Besnard, éleveur, et Maëlle Gédouin du Ceta 35

Ensemble, les éleveurs ont constaté que les optimisations n’étaient pas toujours là où ils pensaient. « Le carburant ne pèse pas tant que ça dans le bilan carbone par rapport aux émissions liées aux animaux ou à l’alimentation, partage Didier Besnard. Par exemple, j’affourage en vert. Le gain en autonomie protéique baisse les émissions liées à l’achat de concentrés, ce qui a un effet visible sur l’empreinte carbone. »

C’est souvent l’optimisation des systèmes pour gagner en autonomie et la réduction du nombre d’animaux improductifs qui ont le plus d’impact. « J’ai réduit le nombre de génisses élevées, en abaissant l’âge au premier vêlage et en travaillant sur la longévité des vaches, partage l’exploitant. Trouver les bons leviers est d’autant plus motivant que la réduction des gaz à effet de serre est corrélée à l’amélioration des résultats économiques. »

L’impact des différents leviers choisis sur cinq ans va servir à estimer la réduction des émissions. En y ajoutant le stockage du carbone dans les prairies et les haies, cela donne le potentiel de crédits carbone, qui seront payés 30 euros par tonne à l’agriculteur. À mi-parcours, un point d’étape est réalisé, ouvrant le droit au paiement d’un acompte de 40 %. « Si un éleveur met en place des améliorations mais n’atteint pas ses objectifs finaux, il n’y a pas de pénalités, précise Maëlle Gédouin. Le paiement sera réajusté à hauteur de ce qui est réalisé. »

Un paiement moyen de 12 500 € par élevage

En moyenne, les 34 éleveurs du groupe devraient baisser leur empreinte carbone de 10 %. Les diagnostics finaux sont en cours. 82 % des efforts ont pu être financés, ce qui devrait représenter un paiement moyen par exploitation de 12 500 €. Pour les prochains groupes, la restructuration en cours du marché du carbone en agriculture donnera le ton.

Les plus lus

<em class="placeholder">Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin</em>
Stress thermique : « Notre production laitière ne baisse quasiment plus en été grâce au douchage », dans le Bas-Rhin

Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin, installé en traite en traite robotisée, a mis en place un dispositif de douchage…

<em class="placeholder">Alexandre Ramel dans l&#039;une des  parcelles de maïs ressemée fin mai suite à des attaques de géomyze.</em>
Attaques de géomyze : « Nous avons dû ressemer 50 hectares de maïs », en Mayenne

Le Gaec Fénérie Bourigné, à La Bigottière en Mayenne, a été confronté ce printemps à des attaques sévères de géomyze, une…

<em class="placeholder">Gaëtan Palaric, éleveur dans les Côtes-d&#039;Armor devant son robot d&#039;alimentation Aura</em>
« Avec notre robot d’alimentation, nourrir 300 animaux se résume à 30 minutes de surveillance pour 9 rations différentes » dans les Côtes-d’Armor

Dans les Côtes-d’Armor, le Gaec Boscher Palaric fait partie des tout premiers élevages équipés du robot d’alimentation Kuhn…

<em class="placeholder">Benoît Aubry, éleveur en Mayenne</em>
« Avant d'installer le robot de traite, le diagnostic électro-géobiologique a été notre priorité », en Mayenne

 Benoît Aubry, éleveur en Mayenne, a effectué quelques aménagements en amont de son projet robot de traite  pour…

Arthur Danière
Grand troupeau : « Le pâturage me permet d’améliorer l’autonomie alimentaire », dans l’Orne.

A la Ferme du Val Danière, le pâturage a été maintenu malgré l’augmentation du nombre de vaches laitières dans le troupeau.…

<em class="placeholder">Marc-Antoine Blot, l’un des deux associés du Gaec BB, à Hauteville-la-Guichard, dans le centre Manche. </em>
Stress thermique : « J’ai installé un douchage d’appoint pour soulager les vaches de la canicule », dans la Manche

Au Gaec BB dans la Manche, le troupeau respire mieux depuis la mise en place d’un dispositif de douchage fait « maison…

Publicité
Titre
VENTE FLASH
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[VENTE FLASH] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière