Aller au contenu principal

Diversification : « En plus du lait, nous tirons un revenu de 15 000 euros par an avec notre ferme pédagogique dans le Morbihan »

Dans le Morbihan, Tiphaine Chatal et son conjoint Mathieu ont créé, il y a cinq ans, une ferme pédagogique qui assure un complément de revenu, en parallèle de leur exploitation laitière de 80 vaches.

<em class="placeholder">Agro-tourisme avec visite d&#039;une ferme pédagogique en lait avec un groupe scolaire.</em>
La ferme accueille des scolaires, des familles, des résidents d'Ehpad pour des visites découverte, « l’heure de la traite », des ateliers de fabrication de beurre ou de farine, etc.
© T. Chatal

« En m’installant en 2014, j’avais déjà le projet d’ouvrir mon exploitation au public, raconte Tiphaine Chatal, jeune éleveuse pétillante et dynamique, installée dans le sud du Morbihan sur une exploitation de 80 laitières et 160 hectares. Mon conjoint Mathieu m’a rejointe en 2019. Puis nous avons créé notre ferme pédagogique au printemps 2019. »

Il faut dire qu’aller à la rencontre des autres et partager sa passion pour l’élevage n’a jamais effrayé Tiphaine. Au contraire, c’est son truc. « Initialement, j’étais animatrice en centre équestre. C’est le contact avec le public qui me plaît. Aussi, quand notre voisin a pris sa retraite, j’ai décidé de passer un BPREA pour m’installer sur la ferme de mes parents et agrandir l’exploitation. » En parallèle, Tiphaine a aussi suivi un module agri-touristique en distanciel. « Cela m’a permis de regarder ce qui se faisait en France et de travailler sur la rentabilité économique de mon projet. » Car, dès le début, il a toujours été clair que cette activité devait se révéler rémunératrice. « Pas question de faire du bénévolat, l’accueil demande du temps et mérite un salaire à part entière. »

Peu de risque en lançant une activité sans avoir à investir

Les éleveurs ont d’abord lancé une campagne de financement participatif avec la plateforme MiiMOSA pour démarrer l’activité sans puiser dans la trésorerie de la ferme. Au-delà des 3 000 euros récoltés, cette opération a permis de faire connaître le projet.

« Nous ne voulions pas réaliser d’emblée d’investissements faramineux car nous ne savions pas si le projet allait marcher. » Seulement 2 000 euros ont été dépensés pour le matériel pédagogique et l’installation de toilettes sèches.

« Nous avons eu de la chance au démarrage, reconnaît Tiphaine. Au moment du Covid, nous étions un des seuls sites localement à pouvoir continuer à accueillir du public. » Le bouche-à-oreille a fait le reste, boosté par une communication ciblée auprès des écoles, des centres de loisirs et sur les réseaux sociaux.

Les visiteurs viennent essentiellement, du printemps à l’automne, assister à la traite, ou découvrir la ferme, les animaux, le quotidien de l’exploitation. Il y a une vraie diversité des publics : des groupes scolaires, des personnes âgées en Ehpad, des personnes en situation de handicap, des familles, des centres de loisirs. De 500 la première année, leur nombre a doublé l’année suivante. « Cela m’a conforté dans l’idée que l’activité pouvait marcher, confie Tiphaine. D’autant que nous avions de bons retours. » Dès lors, des travaux ont été engagés à hauteur de 40 000 euros pour créer une vraie salle d’accueil (70 m2) sous le hangar existant, équivalant à deux travées. Il sert également pour les rendez-vous, les repas d’ensilage et permet d’avoir de vrais sanitaires.

Toute nouvelle activité proposée passe au crible du chiffrage économique pour s’assurer la rentabilité de l’accueil. Pour les groupes, le tarif oscille entre 9 et 12 euros par personne pour une journée. L’an dernier, la ferme a accueilli 35 groupes, en plus des prestations à la carte pour les familles (2 fois par semaine pendant les vacances scolaires). « Le chiffre d’affaires s’élève à 25 000 euros pour 600 heures travaillées », détaille Tiphaine. Les charges opérationnelles (fournitures, denrées, communication, etc.) et de structure (loyer payé à la ferme, site internet, électricité, chauffage, etc.) totalisent environ 10 000 euros. « Je pourrais me rémunérer à hauteur de 25 €/h, soit quatre fois plus que mon salaire horaire de la ferme ! Aujourd’hui, l’accueil apporte de la trésorerie qui tamponne les besoins des mois les plus difficiles. » D’ici deux ans, Tiphaine espère pouvoir en retirer un salaire à part entière et réduire un peu les effectifs laitiers.

 
<em class="placeholder">Tiphaine Chatal, éleveuse</em>
Tiphaine Chatal, éleveuse © T. Chatal

Tiphaine Chatal, éleveuse. « Ne pas oublier que l’accueil doit être une activité rentable »

Les atouts pour réussir sa ferme pédagogique

• Facilité d’accès et proximité d’agglomérations

• Configuration de la ferme adaptée (circuit visiteurs et travailleurs distincts, salle d’accueil pour 50 personnes, parking carrossable, accueil de personnes à mobilité réduite …)

• Une salle de traite de plain-pied

• Goût pour le partage et l’échange

• Logique entreprenariale

• Bons outils de communication

Les plus lus

<em class="placeholder">Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin</em>
Stress thermique : « Notre production laitière ne baisse quasiment plus en été grâce au douchage », dans le Bas-Rhin

Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin, installé en traite en traite robotisée, a mis en place un dispositif de douchage…

<em class="placeholder">Alexandre Ramel dans l&#039;une des  parcelles de maïs ressemée fin mai suite à des attaques de géomyze.</em>
Attaques de géomyze : « Nous avons dû ressemer 50 hectares de maïs », en Mayenne

Le Gaec Fénérie Bourigné, à La Bigottière en Mayenne, a été confronté ce printemps à des attaques sévères de géomyze, une…

<em class="placeholder">Gaëtan Palaric, éleveur dans les Côtes-d&#039;Armor devant son robot d&#039;alimentation Aura</em>
« Avec notre robot d’alimentation, nourrir 300 animaux se résume à 30 minutes de surveillance pour 9 rations différentes » dans les Côtes-d’Armor

Dans les Côtes-d’Armor, le Gaec Boscher Palaric fait partie des tout premiers élevages équipés du robot d’alimentation Kuhn…

<em class="placeholder">Benoît Aubry, éleveur en Mayenne</em>
« Avant d'installer le robot de traite, le diagnostic électro-géobiologique a été notre priorité », en Mayenne

 Benoît Aubry, éleveur en Mayenne, a effectué quelques aménagements en amont de son projet robot de traite  pour…

Arthur Danière
Grand troupeau : « Le pâturage me permet d’améliorer l’autonomie alimentaire », dans l’Orne.

A la Ferme du Val Danière, le pâturage a été maintenu malgré l’augmentation du nombre de vaches laitières dans le troupeau.…

<em class="placeholder">Marc-Antoine Blot, l’un des deux associés du Gaec BB, à Hauteville-la-Guichard, dans le centre Manche. </em>
Stress thermique : « J’ai installé un douchage d’appoint pour soulager les vaches de la canicule », dans la Manche

Au Gaec BB dans la Manche, le troupeau respire mieux depuis la mise en place d’un dispositif de douchage fait « maison…

Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière