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Des choix atypiques pour la traite

Monotraite, salariés, salle de traite au milieu du parcellaire ... chacun a fait des choix pertinents en fonction de ses priorités en termes de charge de travail et d'investissements.

Pour optimiser la gestion du pâturage, Derek Garret a fait le choix d'implanter sa salle de traite au centre de son parcellaire et donc à environ 800 mètres de la stabulation des vaches. Il a, par conséquent, investi lourdement sur la qualité des chemins d'accès quitte à faire l'impasse sur des investissements qu'il juge moins prioritaires comme le décrochage automatique dans sa salle de traite. Avec des grands troupeaux, l’absence de décrochage est de prime abord surprenant. Trois des quatre élevages visités ont pourtant fait ce choix. L'aspect économique a bien sûr pesé dans leur décision. Par ailleurs, les propriétaires ou gérants emploient souvent des salariés pour traire. Quoi qu'il en soit, l'absence de décrochage automatique ne s'accompagne pas de dérapages en termes de mammites et de comptages cellulaires (entre 150 000 à 200 000 cellules/ml ). Pour éviter la surtraite en fin de lactation, Mat Boley baisse progressivement le nombre de vaches traites à chaque tournée. « Plutôt que de brancher systématiquement 26 vaches, on diminue progressivement à 20 voire 15 vaches .» Le passage à la monotraite implique cependant de traire plus de vaches pour un même volume de lait produit et peut par conséquent poser des problèmes en termes de gestion des effluents. "La monotraite nécessite un système d’alimentation très économe recourant à l’herbe pâturée car l’animal produit moins de lait", rappelle Thierry Métivier de la chambre d'agriculture du Calvados.

Par ailleurs, deux des quatre salles de traite ne sont abritées que par un toit, un peu à la façon californienne. Zéro mur donc. L'absence de traite en décembre et  janvier est certes un atout.  « Nous n'avons pas froid grâce au nombre de vaches présentes dans la salle de traite », souligne Mat Boley. Traire dans ces conditions en octobre, novembre et février ne doit pas toujours être agréable pour le trayeur. Les conditions de traite sont d'autant plus importantes à prendre en compte que dans ces systèmes avec de grands troupeaux, le temps alloué à la traite et aux soins des animaux représente la majeure partie du temps de travail.

 

​Pourquoi ils ont choisi la monotraite

Mat Boley : « C’est très bien pour diminuer la charge de travail sans perdre en performance économique. Les vaches vêlent en février-mars et nous arrêtons de traire en décembre et janvier. On trait seul 350 vaches (3000 l à 50 de TB et 40 de TA) en trois heures dans une 2 x 26 simple équipement. Il faut ajouter environ une demi-heure pour aller chercher les vaches et trois quarts d’heure pour nettoyer la salle de traite. Celui qui trait commence vers 6 h et termine à 10 h 30-11 h. La monotraite améliore l’expression des chaleurs et la réussite de la reproduction. C'est primordial dans un système où 80 % des vêlages se font sur 21 jours. En revanche, les vaches produisent moins de lait. »

Derek Garrett : « Nous faisons de la monotraite depuis trois ans pour les vaches qui vêlent au printemps (330 vêlages) et deux traites quotidiennes pour les vaches qui vêlent en automne (120). Ces dernières passent en monotraite dès les premiers vêlages de printemps. Les vaches sont moins sollicitées. Il y a moins de mammites et de boiteries. C’est important dans un système où les vaches parcourent de grandes distances pour aller pâturer. Et c’est également mieux pour la fertilité. Au début, la production laitière a baissé de 35 %. l'année suivante nous avons récupéré 15 points de rendement et cette année cela devrait encore s'améliorer de 10 points. Côté cellules, cela ne pose pas de problèmes. La moyenne de nos comptages est de 190 000 c/ml.  »

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