Installation d’un robot de traite : 5 points à vérifier aux niveaux électrique et géobiologique
Une installation saine sur les plans électrique et géobiologique est essentielle avant l’installation d’un robot de traite. Cinq points clés sont à vérifier en amont du projet.
Une installation saine sur les plans électrique et géobiologique est essentielle avant l’installation d’un robot de traite. Cinq points clés sont à vérifier en amont du projet.
1 - S’assurer de la cohérence du réseau électrique
L’alimentation électrique de l’exploitation doit être cohérente avec les futurs besoins. Si la puissance instantanée nécessaire pour une à quatre stalles diffère peu de celle d’une salle de traite, l’installation d’un robot peut s’accompagner de la mise en place de racleurs, de brasseurs d’air, d'un tank à lait plus gros… « S’il y a déjà des contraintes de fonctionnement et que la puissance nécessaire au projet dépasse 36 kVA, la limite pour le tarif bleu, il faut contacter son fournisseur d’électricité ou le Syndicat énergie du département, note Christophe Labasse, responsable électro-géobiologie chez Seenovia. En cas de défaut réseau, le délai pour les travaux de renforcement peut atteindre un an. Nous avons rencontré deux cas d’éleveurs qui ont dû utiliser un groupe électrogène au démarrage car la ligne n’était pas adaptée. »
Investir dans une génératrice ou un groupe électrogène peut être utile. « Les éleveurs utilisent souvent une génératrice en copropriété ou en Cuma, analyse Jean-Pierre Viel, consultant robot chez Eilyps. Mais si une coupure de courant dure deux jours, la génératrice ne sera pas forcement disponible. »
2 – Avoir un tableau électrique conforme et bien dimensionné
Un tableau électrique conforme à la norme NF C 15-100 et adapté à la puissance souscrite est indispensable pour la sécurité et la fiabilité de l’installation. Celle-ci doit garantir une sélectivité des circuits en cas de défauts, avoir des protections adaptées (interrupteurs différentiels, disjoncteurs) et être dimensionnée selon la puissance maximale délivrée. « Un mauvais dimensionnement peut entraîner la surcharge d’une ligne, des échauffements, un risque d’incendie ou la coupure du robot pour un problème électrique à la maison », avertit Christophe Labasse.
Le contrôle du tableau électrique par un organisme certifié est obligatoire si l’exploitation emploie des salariés ou apprentis. Une attestation de conformité de Consuel est aussi obligatoire en cas d’ouverture d’un nouveau compteur. « Et en rénovation, il faut déconnecter les équipements de l’ancienne salle de traite », ajoute Jean-Marie Devimeux, géobiologue, président de l’association Prosantel et membre de la Confédération nationale de géobiologie.
3 - Contrôler la prise de terre
Une très bonne mise à la terre du pôle laitier est indispensable pour que le robot et les structures et équipements métalliques du bâtiment ne servent pas de point de décharge des courants parasites qui peuvent être générés par l’installation électrique. L’idéal est que la mise à la terre se fasse par une tresse de cuivre de diamètre et longueur suffisants installée dans une tranchée en zone « neutre ».
« La résistance de la terre doit être inférieure à 18 Ohm, précise Jean-Marie Devimeux. Et il faut reboucher la tranchée avec de l’argile, du fumier décomposé, surtout pas du sable, pour que les courants à évacuer se diffusent bien par la tresse de cuivre et non dans le robot ou une zone humide de l’élevage. »
4 – Limiter les pollutions internes et externes
« Une installation saine au niveau électrique est la base avant d’installer un robot », estime Christophe Labasse. Le but est de minimiser les courants parasites. Il faut vérifier que tous les équipements électriques et métalliques sont au même potentiel. Un test des dispositifs différentiels doit aussi être fait pour protéger l’éleveur et les animaux des risques électriques. Les tensions parasites, défauts d’isolement, pics de clôtures électriques sont mesurés dans les bâtiments et plus largement près du transformateur et de la terre réseau.
« Cela peut entraîner le déplacement du robot d’une ou deux travées par rapport à l’emplacement prévu », note Christophe Labasse. « Il faut revoir toute l’exploitation, insiste Jean-Marie Devimeux. Attention aussi à la dératisation, car les rats grignotent les fils. »
En neuf, un point important est d’éviter les pollutions liées à l’environnement : transformateurs, terre de neutre, onduleurs des panneaux photovoltaïques, antennes téléphoniques, éoliennes, lignes haute tension. Jean-Marie Devimeux conseille aussi de privilégier les systèmes filaires qui émettent moins de champs électromagnétiques que le Wi-Fi.
5 – Éviter les zones de perturbations géobiologiques
Au-delà des perturbations dues aux installations environnantes, la géobiologie permet d’identifier des zones de perturbation liées au sous-sol (cours d’eau souterrains, cassures). L’identification de ces zones se fait par examen des cartes géologiques et par biosensibilité (baguettes, pendule). « Il faut surtout éviter les cassures sous le robot, insiste Jean-Marie Devimeux. Il est logique d’en trouver dans un bâtiment de 80-100 mètres de long, mais il ne faut pas y positionner le tableau électrique, le racleur et surtout le robot, qui concentre les perturbations sur 5 m², car la fréquentation et la production vont en pâtir. »
« Avec l’augmentation des puissances électriques installées et les multiples sources de perturbations électromagnétiques dans l’environnement des élevages, un audit électro-géobiologique est devenu nécessaire », conclut estime Christophe Labasse. Cet audit, dont le coût varie de 850 euros à 2 500 euros, est même désormais exigé par certaines marques de robot et certaines banques.
REPÈRE
• Un kilovoltampère (kVA) correspond à 1000 voltampères (VA). Il mesure la puissance apparente, c’est-à-dire la puissance totale fournie par le réseau électrique, incluant à la fois la puissance active (réellement utilisée) et la puissance réactive (utilisée pour maintenir les champs magnétiques dans les appareils).