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Cap main-d’œuvre, deux mois de formation pour aspirants salariés

Pour remédier à la pénurie de main-d’œuvre en élevage, la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire et ses partenaires ont mis en place une formation courte originale. Zoom sur l’initiative Cap main-d’œuvre.

Un tiers des stagiaires de la formation Cap main-d’œuvre (ici, la promotion 2021) poursuivent leur carrière professionnelle dans l'élevage.
Un tiers des stagiaires de la formation Cap main-d’œuvre (ici, la promotion 2021) poursuivent leur carrière professionnelle dans l'élevage.
© Chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire

« Nous cherchons beaucoup de personnes pour travailler en élevage », insiste Ornella Faye, chargée d’étude à la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire. Face à des difficultés récurrentes de recrutement et ne sachant plus vers qui se tourner, les producteurs du territoire ont souhaité la création d’une formation à destination des futurs salariés d'élevage.

Dès 2013, la formation Cap main-d’œuvre est créée à l’initiative de la chambre d’agriculture du département. La stratégie s’avère payante : un tiers des personnes qui ont suivi cette formation travaillent ensuite en élevage. Pour cette neuvième pépinière, au départ ils étaient quinze. Avec deux départs en cours de formation, treize personnes font finalement partie de la promo 2021. Un tel dispositif permet aussi de filtrer les profils, entre le projet idyllique, ou au contraire, le projet très concret.

Les professionnels qui interviennent tour à tour sont également un gage de réussite de la formation. « Ils sont tous passionnés par leur métier et ont vraiment envie de parler de ce qu’ils font. L’interaction était au rendez-vous en salle de classe, nous savions pourquoi nous étions là », reconnaît Magalie Chabauty, stagiaire de la précédente session. Elle mentionne également l’ouverture d’esprit des agriculteurs sollicités lors des travaux pratiques.

Cap main-d’œuvre se déroule sur 28,5 jours, étalés sur une période de deux mois. Différents modules théoriques et pratiques sont abordés pour balayer l’ensemble des problématiques en élevage, de l’alimentation au sanitaire, en passant par la gestion du troupeau. « Tous les ans, nous ajoutons ou supprimons de nouveaux modules, en fonction du retour d’expérience des apprenants », souligne l’organisatrice. Le but est d’ajuster sans cesse pour correspondre au mieux à la demande des éleveurs. Un stage en exploitation est aussi inclus, pour que l’apport ne se résume pas uniquement à la théorie.

Une initiative régionale à destination de passionnés

Le public vient de tous les horizons. Si l’objectif premier est de former les stagiaires au métier de salarié en élevage bovin laitier, « il y a davantage de personnes qui veulent être salariées en élevage caprin qu’en bovin laitier. En effet, les personnes qui ne connaissent pas ont souvent moins peur des chèvres », explique Ornella Faye qui pilote la formation et coordonne les différents acteurs : éleveurs, candidats et intervenants.

Cap main-d’œuvre est cofinancée par la région Centre-Val de Loire et rémunérée par Pôle emploi. Un partenariat fructueux réunit les formateurs du lycée agricole de Fondettes, les différents conseillers et la fédération des Cuma, pour garantir une base solide aux futurs salariés.

La formation n’est pas diplômante et ne permet pas l’installation d’un futur jeune agriculteur. Elle délivre un certificat, et apporte surtout l’occasion d’avoir une première approche. Certains continuent leur parcours de passionné avec un BPREA ou un CS.

Une formation qui tombe à pic

Avant, Magalie Chabauty (42 ans) était commerçante en mercerie. Il y a sept ans, elle change de cap : direction l’élevage. Aujourd’hui salariée en exploitation, elle raconte : « après cinq ans de pratique, j’ai ressenti le besoin de me former. Sur Facebook, je suis tombée sur la formation. Grâce à Cap main-d’œuvre, tous les matins, je vais au travail avec plaisir » conclut-elle, ravie.

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