Aller au contenu principal

Imposition des ports français
Le gouvernement veut préserver notre compétitivité

Bruxelles a demandé à la France d’assujettir les ports nationaux à l’impôt sur les sociétés. Le gouvernement promet de faire en sorte de défendre l’activité économique, notamment l’exportation de grains.

Le 27 juillet, la Commission européenne demandait à la France d’abolir l’exemption de l’impôt sur les sociétés de ses ports maritimes, afin de s’aligner sur la fiscalité des autres pays européens. L’État français a jusqu’au 1er janvier 2018 pour s’exécuter. Cette décision peut potentiellement inquiéter les ports français, et par ricochet les exportateurs de grains, étant donné que « les ports peuvent reporter les taxes sur les entreprises utilisant les infrastructures, comme cela a été le cas lors de la mise en place de la taxe foncière en 2011 », témoigne un opérateur anonyme d’un port français. Le ministère des Transports répond dans la foulée, par l’intermédiaire d’un communiqué laconique, indiquant que « les autorités françaises sont attachées à un double objectif : le maintien d’une concurrence loyale entre ports européens et la préservation du modèle économique des ports français ». « La ministre Élisabeth Borne est très attachée à l’importance économique des ports français. Nous discutons de la meilleure solution pour maintenir une concurrence loyale entre ports européens et préserver le modèle économique des ports français », renchérit un expert institutionnel proche du dossier.

Décision de la France le 27 septembre

La France a jusqu’au 27 septembre pour se plier ou non à la volonté de Bruxelles. « Les autorités françaises prennent acte de cette décision de la Commission et réservent leur réponse, mais quelle que soit la position de la France, l’action n’est pas suspensive », précise le spécialiste institutionnel anonyme. De son côté, le responsable portuaire relativise l’impact d’une éventuelle nouvelle imposition. Selon lui, peu importe sous quelle forme l’État se rémunère. « L’État prélève jusqu’à 50 % de dividendes sur les bénéfices des ports français. On peut tout à fait imaginer un scénario où l’État ne prélève que 17 % de dividende, et 33 % d’impôt sur les sociétés. Ainsi, cela n’engendrera aucun coût supplémentaire pour les sociétés, notamment les exportateurs de grains. » L’expert institutionnel n’exclut aucun scénario à ce stade.

Les Pays-Bas, le déclencheur

Bon nombre de pays européens, sous diverses modalités, bénéficient d’exemptions fiscales, notamment celui de Hambourg, rappelle la source ministérielle proche du dossier. « Le premier pays sous l’œil de la Commission a été les Pays-Bas. Le port de Rotterdam, comme beaucoup d’autres, était exempté de l’impôt sur les sociétés. L’UE a demandé aux autorités locales de stopper ce dispositif, considéré comme une aide d’État, source de distorsion de concurrence. Le gouvernement néerlandais a accepté en 2017. Depuis, Bruxelles a ciblé son action sur la Belgique et la France avec la décision que l’on connaît aujourd’hui », détaille-t-il. Ensuite, tous les pays européens n’ont pas le même niveau d’imposition sur les sociétés. L’imposition des ports français pourrait donc être source de concurrence déloyale, soit le contraire du souhait affiché par l’UE.

Les plus lus

Canal Seine-Nord Europe : développer des plateformes multimodales compétitives pour concurrencer les ports du Nord de l’Europe

L’avancement concret des travaux du Canal Seine-Nord Europe et plus largement de la liaison Seine-Escaut étant entré dans une…

<em class="placeholder">champ de blé en Normandie, juin 2026</em>
Exportations des céréales françaises : stocks finaux en hausse mais bilan positif pour la campagne en 2025-2026

Avec dix mois de données collectées sur la campagne en cours, le bilan du Conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer…

<em class="placeholder">Production nationale d&#039;aliments composés (en tonnes)</em>
Alimentation animale : comment évoluent les fabrications en France entre mars 2025 et mars 2026 ?

Le tonnage d’aliments pour animaux produit en France a progressé en mars 2026 par rapport à février 2026 et mars…

<em class="placeholder">Chargement de 33 000 t d&#039;orge au Quai Lombard sur le Port Atlantique La Rochelle.</em>
Exportations des céréales françaises : une campagne 2025-2026 correcte et 2026-2027 prometteuse pour le port Atlantique La Rochelle

À l’occasion de la Bourse maritime agricole La Rochelle-Pallice, les acteurs du port ont dressé un premier bilan de la…

<em class="placeholder">navire à quai sur le port de la Rochelle.</em>
Sica Atlantique : des exportations céréalières tout juste satisfaisantes en 2025-2026

La campagne 2025-2026 se caractérise par un retour à la normale du niveau d’exportations céréalières pour Sica Atlantique,…

<em class="placeholder">Granulé d&#039;engrais.</em>
Des prix des engrais toujours soutenus par les contraintes d'offre, malgré une demande agricole en attente de visibilité

Entre avril et mai, le marché français des engrais est resté globalement ferme, malgré une légère détente en urée.

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne