La réforme de la gestion du risque en agriculture passe par « un regain de solidarité nationale »
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Frédéric Descrozaille : Aucune décision n’a jamais été prise car les questions qui se posent sont déchirantes pour les parties. C’est un dossier sans solution au sens où il n’y aura pas de décision prise sans heurter une catégorie des concernés. Le ministre Julien Denormandie a eu le courage de dire « je veux clore le dossier » quand il m’a saisi sur le sujet en janvier dernier.
J’espère que cela va donner du poids à Julien Denormandie en interministériel. Pour l’heure d’autres ministres du gouvernement ne se rendent pas compte. En une nuit, imaginez des incendies dans tous les endroits où il y a eu du gel, on en aurait beaucoup plus parlé. Le problème c’est que le gel ne se voit pas, mais les dégâts sont les mêmes qu’un incendie.
Je pense que le principe est acquis dans l’esprit du Premier ministre et du président de la République maintenant tout le débat va résider dans le chiffrage. Mais il faudrait que ce soit acquis collectivement. On a tous profité des efforts fournis par les agriculteurs qui ont permis de baisser les prix. Aujourd’hui on dit qu’on ne veut plus de ce modèle, ok mais ça coûtera plus cher.
Non ça ne suffira pas en tant que tel. Les conditions ne sont pas seulement financières. Il faut simplifier la MRC en la rendant accessible aux arboriculteurs et au métier de la vinification en viticulture. Il faut aussi faire des efforts en faveur de l’acculturation au risque. Le risque se calcule et quand on le transfère cela a un coût.
Aujourd'hui le risque élevé est surestimé et le risque moyen est sous-estimé
Ce serait contreproductif. On l’a vu dans ces congrès syndicaux, ce serait un casus belli, je n’en vois pas l’intérêt. Je préfère mille fois qu’on rende le système des assurances attractif. Il faut faire confiance à l’intelligence collective. Aujourd’hui le risque élevé est surestimé et le risque moyen est sous-estimé. Il faut prendre les choses calmement et faire de la MRC un outil pour gérer le risque moyen.
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Oui, il va falloir préciser les seuils de déclenchement et d’indemnisation et j’insiste sur le fait qu’il faut qu’il y ait des débats et une prise de conscience de l’importance de cette solidarité nationale. On entend encore trop souvent dire que l’on peut réformer sans que cela ne coût plus cher. C’est faux j’affirme que cela coûtera plus cher. J’espère que dès le prochain budget il y aura une matérialisation dès l’an prochain d’un regain de solidarité nationale.
Je propose aussi d’augmenter certaines contributions composant la taxe générale sur les activités polluantes versées par les industriels. Il n’y aura aucune bonne solution de tous points de vue. Mais il faut que la dégradation du potentiel de récolte soit considérée comme une catastrophe naturelle.
Il n'y aura aucune bonne solution de tous les points de vue
Le jeu n’en vaut pas la chandelle : ce sera hyperdouloureux pour une recette insuffisante. Il faut aller au-delà de cela. C’est comme l’Outre-Mer qui ne peut se payer ses dégâts climatiques. Le financement doit se faire hors agriculture.
Il faut simplifier le schéma institutionnel, avoir une gouvernance élargie, discuter par bassin. Les travaux de l’Inrae en matière de prospective climatique par grand bassin sont absolument brillants et peuvent être d’une grande utilité pour permettre aux acteurs de se projeter. Il faudra aussi sécuriser juridiquement les solutions trouvées.
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