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La prune d’Ente se récolte pendant un mois pour faire le pruneau d'Agen toute l’année

Dans le Sud-Ouest, dans la région d’Agen, c’est la pleine saison de la prune d’Ente. Depuis la fin juillet et pendant environ un mois, le fruit va être récolté et conditionné pour devenir pruneau d’Agen. La France se positionne ainsi sur le marché concurrentiel du pruneau avec un produit bénéficiant d’une IGP, qui défend sa qualité et vise le « haut de gamme ». La récolte 2020 promet d'être bonne mais le marché du pruneau a souffert du confinement cette année.

Dans la région d’Agen, la récolte des prunes d'Ente, destinées à devenir pruneau, a démarré cette année fin juillet, avec environ deux semaines d’avance. « On s'oriente vers une récolte assez importante, de l'ordre de 40 000 tonnes », confie Nicolas Mortemousque, président du BIP, l'interprofession du pruneau, dans un entretien à Agra Presse le 13 août. Basée sur le nombre de fruits « pendant dans les arbres », cette estimation est susceptible d'évoluer : « La qualité dépend du calibre et du taux de sucre, qui peut faire varier la production finale de plus ou moins 20% », explique le producteur périgourdin. Pour obtenir 1 kg de pruneaux d'Agen, il faut en moyenne 3 à 3,5 kg de prunes d'Ente. La récolte dure en général un mois mais la date de fin de récolte dépend des conditions climatiques. Elle est réalisée principalement de façon mécanique.

2020, année compliquée

La campagne culturale a été marquée par un excès d'eau hivernal qui a provoqué « d'énormes mortalités sur les jeunes arbres ».  L'important potentiel de production s'explique par de bonnes conditions climatiques à la floraison et par le rajeunissement en cours du verger. Malgré la bonne récolte en perspective, 2020 restera une « année compliquée » pour les pruniculteurs, estime Nicolas Mortemousque. Lors du confinement, « la demande est restée soutenue » en grandes surfaces (notamment en pruneaux pour la cuisine), mais pas assez pour compenser l'arrêt de la restauration et des marchés de plein vent.

Au niveau mondial, la France est face à d’autres pays producteurs et le marché est excédentaire indique Réussir Fruits & Légumes. « Les productions américaines, chiliennes ou argentines forment une concurrence féroce », précise la revue spécialisée, avec des « coûts de production plus bas qu’en France. « Nous sommes obligés de miser sur la qualité pour nous distinguer », assure Salim Rashidi, directeur du Bureau national interprofessionnel du pruneau (BIP). « La qualité du pruneau français est connue et reconnue depuis longtemps, mais nous cherchons toujours à progresser car nos concurrents montent en gamme. » Autre volonté de la filière française : réduire ses coûts de production, pour améliorer sa compétitivité.

Lire le dossier prune de Réussir Fruits & Légumes : « Le pruneau travaille la qualité »

Valoriser le haut de gamme

Qualité et compétitivité. Pour parvenir à ces objectifs, le BIP, s’est réorganisé en 2019. La nouvelle feuille de route a été validée fin octobre, avec notamment un plan stratégique pour dynamiser la commercialisation. L’IGP, l’indication géographique protégée, est importante mais ne suffit plus. « L’IGP était novateur en 2002. Maintenant, il faut faire plus pour valoriser le haut de gamme avec de nouveaux critères qualitatifs, notamment le rapport sucre/acidité », expliquait, il y a quelques mois, Nicolas Mortemousque dans Réussir F & L.

 

Lire « L’interprofession du pruneau se relance ».

 

Le pruneau d'Agen : chiffres clés (Source BIP)

. 42 000 tonnes de pruneaux d’Agen IGP sont produites chaque année.

. La superficie cultivée est de 11 500 ha.

. Environ 10 % des surfaces sont produites en bio.

. Les 939 producteurs de prunes d’Ente sont basés dans le Lot-et-Garonne (76 %), en Dordogne (8 %), en Gironde (6 %), dans le Tarn-et-Garonne (4 %), dans le Gers (3 %) et dans le Lot (2 %).

. 30 % de la production est exportée

. La filière génère 10 000 emplois locaux

 

Lire aussi article « De la prune d’Ente au pruneau d’Agen IGP » sur le site du Ministère de l'Agriculture

 

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