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Politique agricole commune
La PAC, compliquée mais nécessaire

Une émission de radio sur toute la complexité de la politique agricole commune de l'Union européenne. L’Europe veut un approvisionnement régulier et sûr et des produits pas chers dans un contexte de mondialisation. Equation pas facile à résoudre pour la PAC dont le budget se décidera après les élections européennes.

© Vincent Marmuse

Elections européennes : quels enjeux pour l’agriculture ? C’est le thème d’une émission de la radio RCF Anjou diffusée le 1er mars dernier, en partenariat avec la Maison de l’Europe, l’Ecole d’agriculture d’Angers (ESA) et la revue agricole départementale l’Anjou agricole. L’animatrice Marion Bastit a accueilli trois intervenants pour débattre de ce sujet :

- Jean Marc-Lézé, éleveur laitier et président de la FRSEA des Pays de la Loire

- Karine Daniel, économiste et directrice de recherche à l’école supérieure d’agriculture d’Angers (ESA)

- Bruno Parmentier, ancien directeur de l’ESA, spécialiste des questions agricoles et agroalimentaires.

Principal sujet des 40 minutes radiophoniques : la PAC, la politique agricole commune. Son budget sera voté après les élections européennes du 26 mai. L’enjeu agricole de ce passage aux urnes est donc important.

Actuellement la PAC représente 40 % du budget de l’Union européenne et constitue le plus important poste budgétaire de l’UE. « Probablement, ce ne sera plus le 1er budget », avance Karin Daniel. Un « fait assez historique » qui s’explique par la baisse de 5 % prévue pour l’agriculture. Pour l’économiste, cette réduction est liée à l’évolution de la structure de l’agriculture européenne et à la baisse démographique notamment. L’Europe change et « les Européens se posent d’autres questions que celles strictement de l’agriculture », explique-t-elle. « Il est aussi légitime que l’Europe monte en puissance sur d’autres sujets » et de citer notamment les « questions migratoires ». Le choix politique d’avoir « un très fort budget de la PAC » se trouve remis en question par la « concurrence entre les différentes politiques de l’Union », observe-t-elle.

Pour Bruno Parmentier, ce budget de la PAC n’est « pas si grand » mais « il se trouve que l’Europe n’a mutualisé que deux politiques : l’agriculture et le développement régional ».

Pourquoi l’agriculture plus que la Défense ou l’Enseignement ? « Parce qu’on avait faim ». A la base, « ce n’est pas une politique agricole, c’est une politique alimentaire », observe Bruno Parmentier.

Aujourd’hui, le contexte est très différent et PAC est souvent traduit par attributions d’aides.

Alors question à Jean-Marc Lésé : « combien percevez-vous d’aides directes ? ». Réponse : « 34 000 € » pour une exploitation de 70 vaches ou travaillent 2 associés. « Je ne sais pas si c’est normal ou pas normal ».  A ses yeux, c’est aussi une « politique d’aide à la consommation », considère-t-il. « Ca a permis d’avoir des prix bas, mais aujourd’hui, on atteint des limites ».

« Il livre son lait au-dessous de ses coûts de production », explique Bruno Parmentier. « Nous voudrions avoir du lait au coût de production de la Nouvelle-Zélande, or ici, nos coûts de production sont plus forts ». Il poursuit : « en plus, on veut les meilleures normes environnementales et de sécurité au monde et en plus on veut une politique sociale française (…) C’est parfaitement légitime de vouloir les trois choses, mais si on veut les trois, il faut casquer. Ca s’appelle la politique agricole commune ».

L’équation n’est pas facile à résoudre et pourtant, assure-t-il, « c’est très important que ça continue ». Mais il faut prendre conscience de ce que représente l’agriculture. Aux Européens qui disent « c’est ringard l’agriculture, il répond « on s’occupe d’environnement, on s’occupe de santé, on s’occupe de social.  A travers l’agriculture, ce n’est pas uniquement l’agriculture »

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