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La formation professionnelle : un temps d'apprentissage et d'échanges entre pairs

Se former est un levier pour progresser et préserver la viabilité de son exploitation. Mais les formations sont aussi un lieu d’échange entre agriculteurs, permettant de confronter des pratiques et de trouver collectivement des solutions.

<em class="placeholder">Groupe d&#039;agriculteurs dans une parcelle de blé. </em>
L'échange entre agriculteurs est favorisé par des séquences de formation au champs.
© MC. Bidault

L’offre de formation est très large et couvre tous les domaines qui intéressent les producteurs de grandes cultures. Pourtant aller en formation reste pour certains une contrainte. La formation professionnelle n’est pas l’école, aime à répéter Anne Plovie, responsable formation adhérents au sein de la coopérative Nat’up. « Nous savons que certains agriculteurs ont un a priori négatif. Ils craignent qu’on leur fasse la morale, qu’on leur dise comment faire, mais au bout du compte, même pour les formations Certiphyto qui ont un caractère obligatoire redouté par certains, nos stagiaires repartent contents de leur journée. » 

Pour la responsable, ce retour positif tient au fait que ce sont des conseillers du service technique de la coopérative qui animent la formation. « Ils connaissent le terrain, et sont même parfois agriculteurs eux-mêmes. Ils partagent des cas concrets, des astuces qui génèrent des échanges entre stagiaires. »

Pour Amandine Bernard, à la tête d’une entreprise de conseil et formation indépendante, « le formateur ne transmet pas que des savoirs comme s’il lisait un livre. Il transmet des expériences, et c’est cela qui change tout. » Pour elle, le formateur est également un animateur, qui engage une dynamique, et qui aide à passer à l’action : « L’objectif est de favoriser au maximum les échanges. Un retour d’expérience d’un pair a toujours mille fois plus de valeur que celui d’un formateur, même si c’est un expert. »

Un moment d’échanges entre agriculteurs

La formation est « un vecteur de socialisation, un lieu de rencontre et d’échanges », indique Émilie Lecerf, directrice du Vivéa. « On discute, on se compare, on échange sur des problèmes, sur des projets, et souvent, la solution vient du collectif », relève Anne Plovie dans les évaluations de formation. Elle ajoute que la partie terrain au champ ou la visite d’installations favorise toujours plus les échanges

Tatiana Pasutto, responsable formation à la chambre d’agriculture de la Vienne, insiste elle aussi sur l’importance de l’émergence de discussions au sein du groupe : « La prise de parole est favorisée par les travaux de groupe, les études de cas réels, les mises en situation où les agriculteurs se mettent dans le rôle de diagnostiqueurs ou de conseillers. »

Mais sortir de son exploitation pour se former n’est pas toujours facile. Tatiana Pasutto note qu’il est difficile pour un céréalier de se projeter un mois ou trois semaines à l’avance sur sa disponibilité pour une journée précise. « Nous le savons et nous essayons d’être le plus souple possible quant aux dates. » De plus, les hivers se font plus rares et les interventions aux champs restent plus longtemps possibles. Il y a aussi plus de travail administratif, de sollicitations diverses et variées qui occupent les périodes creuses, relève Anne Plovie. 

Les formations se font donc le plus attractives possibles : un lieu convivial, du terrain, un déjeuner, et surtout une distance raisonnable de l’exploitation, maximum 20 minutes de route. Se former, c’est « passer un bon moment en dehors du quotidien, partager et se nourrir des expériences des autres, se dire que l’on n’est pas seul dans la galère ou à se poser les mêmes questions », résume Amandine Bernard.

Prendre appui sur un groupe existant pour se former

Se former au sein d’un groupe préexistant est une autre façon d’aborder la formation. Michel François, du cabinet Cresco Conseil, forme des groupes de deux à trois agriculteurs (associés, famille…) et jusqu’à 8 ou 10, quand il s’agit de Cuma ou Ceta. « Ils font appel à moi quand ils ont besoin d’aide pour mieux communiquer et travailler ensemble, ou pour clarifier et/ou gérer un projet important, comme l’embauche d’un salarié, ou un gros investissement. Les solutions sont dans le groupe, il faut juste les faire émerger. Et parfois, la discussion les amène vers d’autres projets. » 

Mais pour que les agriculteurs viennent, le programme doit être alléchant, construit avec le ou les membres du groupe qui ont détecté le besoin. « Il faut que chaque agriculteur y trouve son intérêt. La formation doit être totalement adaptée à leur situation. » Et, même si le groupe se connaît, il y a souvent de la retenue au début. « Les gens ne se livrent pas comme ça », indique Michel François. C’est là que le formateur devient facilitateur.

Quels financements pour se former ?

Chaque agriculteur, contributeur Vivéa, dispose au maximum de 3 000 € de prise en charge par an pour se former. Ce crédit est disponible sur l’année civile, de janvier à décembre, et n’est pas reportable d’une année sur l’autre. Une formation commencée en année N peut se terminer en mars de l’année N + 1. La prise en charge des actions de formation est réalisée sous certaines conditions : être en conformité au regard de la loi, choisir une formation répondant aux règles de financement de Vivéa, et être à jour de la contribution Vivéa (du paiement de la contribution formation auprès de la MSA sur l’année N-1 ou à jour de l’échéancier de paiement mis en place avec la MSA).

Les nouveaux installés sont considérés comme étant à jour de leur contribution au cours de l’année de leur installation et de la suivante, sous réserve de fournir à Vivéa une attestation de la MSA. Pour éviter à l’agriculteur d’avoir à avancer l’argent, Vivéa pratique le principe de subrogation : le paiement des frais de formation est directement versé à l’organisme de formation. Une partie peut cependant rester à la charge de l’agriculteur, dans ce cas, l’organisme de formation appelle auprès de l’agriculteur le reste à payer et en informe Vivéa.

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