Joël Mazars : « Faire connaître et reconnaître le travail de la Fnec »
Alors que s’ouvre aujourd'hui l’assemblée générale de la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec) à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence), Joël Mazars, son nouveau président, revient sur le rôle de la fédération et les enjeux de la filière caprine.
Alors que s’ouvre aujourd'hui l’assemblée générale de la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec) à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence), Joël Mazars, son nouveau président, revient sur le rôle de la fédération et les enjeux de la filière caprine.
Que ce qu’est la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec) ?
Joël Mazars - La Fnec est la seule fédération nationale qui regroupe les éleveurs de chèvres. Elle représente des éleveurs très divers avec environ la moitié des producteurs qui sont laitiers et l’autre moitié qui sont fromagers fermiers. Les éleveurs sont issus de territoires variés et avec des structures allant de 25 à plus de 2 500 chèvres. Cette diversité est assez inédite dans le monde agricole. Notre rôle est de représenter et de défendre ces éleveurs auprès de tous les acteurs : les pouvoirs publics, les laiteries, les interprofessions, les consommateurs, mais aussi les instances sanitaires ou environnementales. L’adhésion à la Fnec se fait via les syndicats ou associations départementales d’éleveurs caprins.
Pourquoi la Fnec a besoin d’éleveurs qui s’investissent ?
J. M. - Même si nous sommes de taille modeste, nous avons les mêmes besoins que les autres filières agricoles. Il est essentiel que des éleveurs s’investissent pour que nous soyons représentés dans toutes les instances. La Fnec a besoin de têtes bien faites qui puissent se plonger dans les dossiers et se faire entendre quand c’est nécessaire. C’est important d’être nombreux car cela crée de l’émulation et cela permet de défendre tous les types d’élevage.
Quels seront vos chantiers prioritaires en tant que président de la Fnec ?
J. M. - Je souhaite poursuivre ce que nous faisons déjà, tant pour les laitiers que pour les fermiers. Il y a cependant un enjeu de gouvernance avec un renouvellement important du conseil d’administration de la Fnec prévu en avril 2027. Il faudra donc trouver des personnes prêtes à s’investir, avec des compétences et une vraie motivation. La situation financière de la Fnec est saine et nous avons aujourd’hui deux salariés et demi et des ressources issues des cotisations et des partenariats.
Vous souhaitez aussi mieux faire connaitre la Fnec ?
J. M. - Je regrette que beaucoup d’éleveurs ne connaissent pas le travail réalisé par la Fnec. Or, il n’y a rien de plus démoralisant pour un responsable professionnel que d’entendre que la Fnec ne fait rien. La prime à la chèvre ou une certaine stabilité positive du prix du lait de chèvre ne sont pas venues toutes seules, loin de là. Toutes ces avancés ont été le fruit d’un patient travail de représentation et de longues discussions. Pour rendre ces efforts plus visibles, nous allons renforcer la communication auprès des éleveurs, des techniciens et des acteurs de la filière, notamment via l'amélioration de notre site internet.
Quels sont les principaux combats de la Fnec ?
J. M. - Nos préoccupations restent le prix du lait, la défense du lait cru, la valorisation des chevreaux ou les coûts de production. Pour le prix du lait, il faut envoyer des signaux positifs rapidement, sinon on risque de voir des arrêts d’activité et une baisse de la collecte. Les coûts d’installation ont connu une énorme inflation ces dernières années et cela pénalise les investissements et l’installation de nouveaux éleveurs. Il y a aussi les enjeux sanitaires, toujours très présents, et les questions autour du lait cru où il faut trouver un équilibre entre sécurité des consommateurs et préservation de la qualité des fromages. La Fnec a toujours été moteur dans l’accompagnement des producteurs fermiers. La valorisation des chevreaux reste aussi une préoccupation majeure de la filière avec une production très concentrée au printemps et une consommation trop limitée. Il y a des initiatives dans certaines régions mais c’est aussi à chaque éleveur d’être proactif pour faire la promotion de ce produit.
Curiculum
Joël Mazars s’est installé en Aveyron en 2000 après un premier début de carrière dans l’assurance. Aujourd’hui âgé de 53 ans, il élève 160 chèvres et des bovins Aubrac en zone de moyenne montagne. Il a été président du syndicat caprin de l’Aveyron pendant 10 ans, président de la section caprine du GIE Elevage Occitanie pendant 16 ans et président de Cilaisud, l’ancêtre de l’Anicap Occitanie, pendant 3 ans. Ce père de deux enfants est entré à la Fnec en 2009 où il a d’abord intégré le réseau des éleveurs témoins, puis le conseil d’administration en 2011, avant de d’accéder au bureau puis au poste de trésorier depuis 2024 puis de président en mars 2026.
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