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« Je m’installe en œuf en sécurisant ma trésorerie »

Tanguy Anno est devenu producteur d’œufs en décembre 2024. Avec un prévisionnel économique bien ficelé et l’accompagnement de sa coopérative, il démarre sereinement sa nouvelle activité.

<em class="placeholder">Tanguy Anno : « Je maîtrisais bien mon projet et les données chiffrées (investissements, mensualités, marge brute…). Cela m’a aidé à convaincre la banque. »</em>
Tanguy Anno : « Je maîtrisais bien mon projet et les données chiffrées (investissements, mensualités, marge brute…). Cela m’a aidé à convaincre la banque. »
© A. Puybasset

À Saint-Connec dans les Côtes d’Armor, Tanguy Anno démarre en confiance son nouveau métier de producteur d’œufs, tant sur les plans techniques qu’économiques, grâce à une trésorerie sécurisée. À l’issue d’un stage de parrainage de quatre mois, il s’est installé hors cadre familial avec la reprise d’un site de 24 000 poules pondeuses au sol. 

Lire aussi : Le Gouessant accompagne les projets de production d'oeufs de poules pondeuses plein air et au sol

Le jeune homme de 25 ans a travaillé auparavant sept ans en exploitations agricoles, comme salarié dans des groupements d’employeurs puis dans un élevage laitier et avicole. Des expériences qui ont conforté son envie de devenir chef d’exploitation. « Je voulais être mon propre patron, responsable de mes choix et libre de mon organisation de travail », explique-t-il. Une année tout juste s’est écoulée entre la décision et l’installation officielle le 20 décembre 2024. Une année dense de démarches administratives, de formation et d’ajustement de son projet d’installation.

Une marge brute prévue à 7 euros par poule

Dans son plan prévisionnel, Tanguy a veillé à prendre suffisamment de marges de sécurité pour faire face aux risques sanitaires ou techniques, tout en ayant une bonne assise financière pour vivre de son métier dès les premiers mois. « Je voulais m’installer en œuf avec la reprise d’une exploitation, plus facile à rentabiliser que du neuf. » Le coût de cette reprise s’est établi à 17,50 euros par poule, sachant qu’il n’y avait pas de rénovation à prévoir dans l’immédiat. Le plan prévisionnel, réalisé avec sa coopérative Le Gouessant, est basé sur une marge brute de 7 euros par poule. Elle a été calculée à partir d’un objectif de production de 300 œufs par poule et par lot sur treize mois, soit un peu moins que ce que réalisaient les cédants. « Ce plan prévoit une rémunération annuelle de 25 000 euros, somme que je ne souhaite pas puiser en totalité pour l’instant, préférant garder une marge de sécurité les cinq premières années. »

Bien anticiper la charge de travail en élevage de poules pondeuses

Dans son chiffrage, Tanguy a été très vigilant sur sa charge de travail, sachant qu’il gère seul l’exploitation comprenant également un atelier de vaches allaitantes en stabulation et une quarantaine d’hectares. « J’ai gardé l’atelier bovin par goût mais j’ai réduit le troupeau à 10 mères allaitantes. Il m’apportera une petite rémunération supplémentaire. » Avec l’outil de simulation de marge brute du Gouessant, Tanguy a calculé l’impact économique de la durée du vide sanitaire. Celle-ci a été fixée à six semaines (comme auparavant), dont une semaine de repos. « C’est un bon compromis en termes de rentabilité et de gestion des pics de travail. » Le coût de la main-d’œuvre extérieure a été chiffré à 0,50 euro par poule sachant qu’il fera un peu appel à de la main-d’œuvre familiale.

<em class="placeholder">Avec son remonte palette, la salle d&#039;emballage lumineuse contribue au confort de travail.</em>

Des aides financières consolidant les marges de l'élevage de poules pondeuses

L’accompagnement technique, humain, administratif et financier de la coopérative Le Gouessant a été décisif dans son projet. Elle lui octroie une aide directe de 12 000 euros par an durant sept ans. « Sans cette aide, je ne m’installais pas ! », confirme-t-il. La coopérative lui a également alloué un prêt à taux 0 % de 6 euros par poule.

La contractualisation dans la durée (douze ans dans le cas de Tanguy) a contribué à rassurer la banque. L’éleveur a signé un contrat de reprise des œufs, avec un prix fixe à l’unité, indexé sur le prix de l’aliment et des poulettes. Il démarrera au prochain lot, le contrat d’intégration du cédant se poursuivant sur ce lot démarré avec la transmission.

Des conditions bancaires avantageuses

Le coût de la reprise a été entièrement financé par le prêt bancaire. Il prend en compte une enveloppe pour des réparations ou investissements non prévus. S’il n’a pas cherché à négocier le prix de la reprise, l’éleveur a en revanche mis en concurrence les banques pour obtenir un taux d’emprunt très intéressant sur quinze ans. « Je maîtrisais bien mon projet et les données chiffrées (investissements, mensualités, marge brute…). Cela m’a aidé à les convaincre. La présentation de mon projet en commission pour obtenir le prêt d’honneur Brit a été un très bon entraînement. J’ai aussi beaucoup échangé avec d’autres futurs installés sur les conditions bancaires proposées. » L’éleveur a aussi négocié une ouverture de crédit d’un euro par poule, soit 24 000 euros au lieu de 5 000 euros par défaut, et un différé de dix mois. « Cela me permettra de constituer de la trésorerie la première année et de payer les factures comptant. »

En plus du prêt Brit de 30 000 euros (à taux 0 % sur cinq ans), Tanguy a aussi reçu une aide à la reprise de sa communauté de communes (7 500 euros) et la dotation jeune agriculteur (22 000 euros).

Autant de conditions qui lui permettent d’envisager l’avenir sereinement et de commencer à réfléchir à de futurs projets d’investissements tels que l’aménagement d’un jardin d’hiver.

Côté Eco

-17,50 euros par poule de coût de reprise du site de 24 000 places en code 2

-7 euros par poule et par an de marge brute prévisionnelle

Accompagnement financier Le Gouessant :

-Contrat de reprise sur douze ans

-Aides directes à la reprise : 12 000 euros par an sur sept ans soit 84 000 euros

-Prêts à taux 0 % de 6 euros par poule par Le Gouessant (144 000 euros)

-Dotation jeune agriculteur : 22 000 euros

-Subvention de 7 500 euros de la communauté de communes de Pontivy

-Prêt d’honneur Brit de 30 000 euros sur cinq ans à taux 0 %

-Aide à la création d’entreprise via France Travail

 

Un outil fonctionnel offrant un confort de travail

Le site de 24 000 poules pondeuses au sol repris par Tanguy Anno est un ancien site reproducteur, transformé en 2019 en production d’œufs de consommation. Connaissant bien l’exploitation située sur sa commune, Tanguy a démarché les éleveurs cédants, qui ont accepté d’anticiper de quelques années la transmission de leur outil. 

<em class="placeholder">Dans son chiffrage, Tanguy a été très vigilant sur sa charge de travail, sachant qu’il gère seul l’exploitation.</em>

« Il est fonctionnel, performant, en bon état et adapté pour une UTH », justifie-t-il. « Il comprend deux bâtiments de deux salles de 6 000 poules, avec une salle mitoyenne pour l’emballage des œufs, large et lumineuse, offrant de bonnes conditions de travail. » Équipés d’un caillebotis central et d’une ventilation statique, ils ont été rénovés il y a cinq ans, avec l’aménagement d’un long pan en claire-voie. Le site dispose d’une biosécurité renforcée avec un portail, des abords entièrement bitumés ou bétonnés et d’un sas central avec douches.

Tanguy a travaillé dans l’élevage d’août à décembre 2024 dans le cadre d’un contrat de parrainage proposé par la chambre d’agriculture. « Même si la rémunération n’était pas à la hauteur, ce dispositif a facilité la bonne prise en main de l’outil », reconnaît Tanguy qui a apprécié l’accompagnement et l’implication des cédants, avec qui l’entraide se poursuit. « L’aspect humain est important dans la réussite d’une transmission. »

 

 

 

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