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« J’ai invité le public à planter un arbre sur le parcours de mes poules pondeuses »

Guillaume Rodier a saisi toutes les occasions pour présenter son projet de poules pondeuses bio avec agroforesterie et obtenir l’adhésion des riverains, avant que ne s’expriment les premières oppositions.

Guillaume Rodier, installé dans l’Aisne « Il ne faut pas avoir peur de communiquer sur notre projet, le plus tôt possible, même si cela prend du temps et que ce n’est pas notre métier. » © A. Puybasset
Guillaume Rodier, installé dans l’Aisne « Il ne faut pas avoir peur de communiquer sur notre projet, le plus tôt possible, même si cela prend du temps et que ce n’est pas notre métier. »
© A. Puybasset

« Comment il va mon arbre ? » Aujourd’hui encore, les enfants du village de Guillaume Rodier l’interrogent régulièrement sur le devenir de l’arbre qu’ils ont planté 18 mois plus tôt sur le parcours de son élevage de 24 000 poules pondeuses bio. « Ce fut une expérience géniale ! Les gens étaient curieux et intéressés. Ils se sont approprié mon projet. J’avais atteint mon objectif ! » Après avoir travaillé dix ans dans le secteur de l’industrie, Guillaume a repris en 2019 l’exploitation de grandes cultures de son père avec le projet de convertir en bio une partie des terres et de se diversifier dans l’œuf et l’agroforesterie (2 550 arbres sur 10 hectares de parcours). Il est installé à Brécy, près de Château-Thierry.

 

 
Une cinquantaine d’enfants et de parents ont répondu à l’invitation de Guillaume Rodier de planter un arbre. Une belle occasion pour leur présenter son projet. © G. Rodier
Une cinquantaine d’enfants et de parents ont répondu à l’invitation de Guillaume Rodier de planter un arbre. Une belle occasion pour leur présenter son projet. © G. Rodier
Dans cette région très peu avicole, le moindre projet peut faire peur comme en témoigne le titre racoleur « Bientôt 100 000 poules à Brécy ! », paru en une de la presse régionale, au lendemain du dépôt de permis de ses deux bâtiments. L’article, qui n’était finalement pas à charge, donnait la parole au maire, qui connaissait bien le dossier (insertion paysagère, impact sur l’environnement…). « Le maire est souvent le premier interrogé lors de plaintes. Il est important de prendre le temps de lui présenter le dossier avant son instruction, voire de l’emmener visiter un site similaire. Il faut en faire notre premier défenseur ! »

 

Expliquer simplement, sans rien cacher

Suite à cet épisode, Guillaume a proposé d’organiser une réunion publique, sans attendre les premières oppositions. « Cette réunion m’a donné une occasion unique de défendre mon projet, en toute transparence. Les quelques personnes ayant des réactions vives ont changé d’avis au cours de la réunion. On a souvent des a priori sur ce que les gens pensent du monde agricole. Ils veulent surtout être informés et rassurés. Le fait d’expliquer la gestion du fumier et des odeurs a été un point important dans l’acceptation de mon projet. Je me suis aussi appuyé sur des notions plus concrètes en changeant les échelles de valeur, par exemple pour relativiser le nombre de volailles (24 000 poules, c’est l’équivalent en poids vif de 30 vaches). »

Impliquer les riverains dans son projet

Une fois le permis accepté, l’éleveur a décidé d’implanter le parcours avant la construction des deux poulaillers. « Le site n’étant pas encore soumis à des règles de biosécurité, cela a été une véritable opportunité pour accueillir du public et les impliquer en leur proposant de planter un arbre. » Cela s’est fait sur deux journées d’hiver, l’une avec des élèves en école d’agriculture qui ont travaillé sur l’impact des 24 essences d’arbres sur la biodiversité, et une seconde ouverte à tout public, invité par voie de presse.

 
 © G. Rodier
© G. Rodier
Quelques mois plus tard, les travaux terminés, Guillaume a organisé un soir de semaine une porte ouverte avec barbecue géant à laquelle ont participé une centaine de personnes. Pour éviter d’être débordé, l’éleveur avait posé des affiches uniquement dans son village et celui voisin et demandé une inscription préalable avec présentation d’une carte d’identité. Accompagné de ses partenaires (centre de conditionnement d’œuf, fabricant d’aliment…) et d’un ornithologue, l’éleveur a expliqué l’impact positif de l’élevage sur l’environnement (biodiversité) et sur l’emploi. Les gens en sont repartis ravis. La personne qui était la plus critique sur son projet est devenue l’un de ses principaux défenseurs, prête à lui rendre service.

 

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