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« J’ai arrêté le naissage dans mon élevage porcin pour agrandir mon post-sevrage et mon engraissement »

En collaboration avec Cirhyo, Samuel Blaisot a arrêté le naissage et augmenté de 7 400 à 12 000 son nombre de porcs produits par an grâce à la construction d’un bâtiment de post-sevrage et d’engraissement, approvisionné par une maternité collective.

Dans l’Eure, là où les élevages porcins sont peu nombreux, c’est dans la vallée de l’Iton, à Saint-Germain-des-Angles qui se situe la SCEA du Parc. Créé par les parents de Samuel Blaisot, l’élevage porcin avait progressivement évolué pour compter 350 truies en 2001 et se composait alors de plusieurs bâtiments.

Lors de la reprise de l’exploitation familiale en 2016, Samuel Blaisot, alors en double actif, se retrouve à la tête de l’élevage en plus des 150 hectares de cultures et d’une FAF. « Avec l’amélioration de la prolificité des truies, nous avons diminué le nombre de truies pour s’adapter à nos capacités d’engraissement, et ainsi abaissé la densité dans certains bâtiments. Les salles des truies gestantes avaient été remises aux normes bien-être en 2011, mais les bâtiments étaient vieillissants et le déplacement des animaux n’était pas aisé », explique l’éleveur.

Lire aussi : Le groupement de producteurs de porcs Cirhyo s’organise pour assurer le naissage

Une réflexion sur le long terme

Installé à temps complet depuis 2019, Samuel Blaisot entame une réflexion sur l’avenir de l’exploitation. « J’aurais pu rénover une énième fois ces bâtiments, mais ce n’était pas le souhait parce que les conditions de travail n’étaient pas optimales et avoir un ensemble fonctionnel aurait été compliqué. » Si l’éleveur envisage d’abord de continuer à élever des truies, cette idée se heurte à la difficulté de trouver de la main-d’œuvre spécialisée dans une zone à faible densité porcine, ainsi qu’aux investissements nécessaires pour répondre aux attentes sociétales sur le bien-être animal. Samuel Blaisot envisage alors l’arrêt de son atelier naisseur pour faire uniquement du post-sevrage et de l’engraissement, mais en augmentant son nombre de porcs. « Mon souhait était de continuer à avoir une exploitation où il est toujours possible d’investir et d’avoir une dynamique. Pour cela, le projet devait permettre de réhabiliter l’endroit où on détruisait les bâtiments. Et puis avec une installation neuve, c’est plus simple de tenir un effectif de deux salariés sur site. »

Être bien accompagné

À la suite de discussions avec d’autres éleveurs sur les maternités collectives, il contacte Cirhyo en 2023. « C’était important pour moi d’être bien accompagné dans mon projet, notamment par des gens qui reconnaissaient mes problématiques : une zone de faible densité d’élevage porcin, associée à la gestion d’un atelier céréales et d’une FAF. » Une collaboration s’est mise ainsi en place entre l’éleveur et Cirhyo, et l’une de ses maternités collectives, localisée dans le lot. Il était essentiel pour l’éleveur d’avoir une seule origine de porcelets.

Le projet lancé, la démolition des bâtiments maternité débute en janvier 2025, au fur et à mesure de la sortie des animaux, la dernière bande de truies sortant en mai. Le mois suivant, Samuel Blaisot a accueilli les premiers porcelets originaires de la maternité collective. « Nous avons commencé par 720 porcelets toutes les six semaines », se remémore-t-il. La construction du nouveau bâtiment de post-sevrage et d’engraissement a débuté en septembre 2025, à l’endroit où se tenaient les anciennes maternités. Le chantier a été suivi de près par l’éleveur. « Dans des zones comme la mienne où il y a très peu de porcheries, il faut que les bâtiments soient simples et bien conçus, et bien suivre le montage nous permet d’être capables d’effectuer la maintenance nous-mêmes. »

Lire aussi : Cirhyo accompagne les éleveurs de porcs entrepreneurs

Permettre une bonne visibilité

Les maîtres-mots dans la réalisation du projet étaient d’avoir un outil ergonomique, permettant de réduire la pénibilité et de gagner en confort de travail. Le nouveau bâtiment a accueilli sa première bande de porcelets le 29 avril 2026. « Maintenant nous sommes à 720 porcelets toutes les trois semaines. Ils arrivent à 28 jours, et repartent à 180 jours. Nous faisons partir environ 200 porcs toutes les semaines. » Cette organisation était très recherchée par l’éleveur. « Nous avons une bonne visibilité. Cela permet une organisation rigoureuse, ce qui est aussi une attente des salariés. En mars, le planning est fait jusqu’en décembre. » Ses salariés, présents sur l’exploitation depuis quatre ans pour l’un et quelques mois pour l’autre, sont polyvalents, à la fois sur la gestion des cultures, comme de l’élevage. « Nous sommes sur un rythme de travail d’un week-end sur trois, et cela, c’est un vrai confort de vie. »

L’autorisation ICPE

Avec son autorisation ICPE en cours, l’éleveur a pu réaffecter les équivalences réglementaires entre les places de truies et de porcs à l’engraissement et augmenter sa capacité sans passer par une enquête publique. « J’ai simplement procédé à une consultation, qui s’est très bien passée. » Son élevage compte désormais 4 320 places d’engraissement et 1 440 places de post-sevrage.

Avis : Fabrice Collin, responsable du pôle développement et bâtiment de la coopérative porcine Cirhyo

« Le déclencheur, c’est le changement de génération et la main-d’œuvre »

<em class="placeholder">Photo Avis</em>
© E.Desdouets

« L’exemple de Samuel est représentatif de ce que l’on observe dans de nombreux élevages naisseurs-engraisseurs. Avec le changement de générations, le modèle des parents très spécialisés dans le naissage, qui étaient 7 j/7 dans l’élevage, tend à disparaître. En raison des investissements associés aux maternités, et de la difficulté à recruter de la main-d’œuvre, certains font le choix d’arrêter les truies et de devenir sevreurs-engraisseurs. Notre objectif est d’apporter une solution à ce type d’éleveurs, et notre offre de porcelets issus de nos maternités collectives, rend possible cette évolution d’élevage. Il n’y a pas de schéma type, beaucoup d’éleveurs continueront le naissage, mais pour ceux qui souhaitent arrêter, c’est important de leur offrir des opportunités adaptées à leur projet et à leur contexte. »

 

 

Fiche Élevage

SCEA du Parc

  • 3 UTH dont 2 salariés
  • 12 000 porcs produits par an
  • Livraison de 720 porcelets toutes les 3 semaines
  • 4 320 places d’engraissement
  • 1 440 places de post-sevrage
  • 150 hectares
  • FAF

 

Chiffres clés

Bâtiment de post-sevrage/engraissement

1 500 000 € (dont 100 000 € liés à la lisiothermie)

 

  • 720 places de post-sevrage
  • 1 620 places d’engraissement
  • Aire d’embarquement
  • Lisiothermie pour le chauffage des post-sevrage
  • Ventilation centralisée
  • Ouvertures lumineuses (3 % de la surface au sol)
  • Couverture fosse
  • Alimentation soupe – continuité de la FAF et coproduits
  • Fosse profonde sous bâtiment

 

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