Aller au contenu principal

Intégrer la construction de retenues d’eau par les agriculteurs dans une réflexion sur le partage des réserves

Pour les agriculteurs, la gestion de l’eau est un enjeu majeur pour sécuriser les productions. Le réchauffement climatique pose cependant la question du partage de l’eau. La création de retenues d’eau doit tenir compte de ces changements et aller de pair avec une évolution des pratiques agricoles. Faire des réserves n’empêche pas d’améliorer les pratiques d’irrigation et de s’interroger sur les modèles agricoles à privilégier.

© mark notari / flickr

Pour le BRGM, le service géologique national, le niveau des nappes phréatiques en sortie d’hiver est satisfaisant dans la majorité des régions, à l’exception de quelques bassins pour lesquels les apports pluviométriques des mois d’hiver ont été insuffisants pour combler les déficits des recharges. Ce constat dressé début avril faisait suite à un mois de mars très sec, avec un déficit de précipitations de 50 % au niveau national.

Lire « Nappes phréatiques : un niveau à surveiller dans le couloir du Rhône et dans le Haut-Rhin ».

S’il se prolonge, ce déficit de précipitations peut être très préjudiciable à l’agriculture. Pourtant, les stress hydriques printaniers et estivaux semblent s’accroître. L’évaporation « augmente sous l’effet de la hausse des températures moyennes en lien avec le changement climatique, » observe Réussir Grandes Cultures, tandis que les pluies « se font rares au printemps et à l’été ». Conséquence : « l’alimentation en eau devient de plus en plus critique pour les cultures, » note Gabriel Omnès dans son article.

Lire « Irrigation : le stockage de l’eau, toujours l’objet de réserves ».

Les périodes de sécheresse sont synonymes d’arrêtés contraignants pour l’irrigation. Pour cette raison, les agriculteurs voudraient pouvoir multiplier les retenues de substitution qui permettent de stocker l’eau qui tombe en hiver et de constituer des réserves. Pour la profession agricole, cette solution permet de sécuriser l’accès à l’eau. Mais il faut être prudent. C’est l’avis de Sami Bouarfa, de l’Inrae, qui souligne que « la création d’une retenue d’eau n’est jamais anodine ». Dans Réussir Grandes Cultures, il prévient : « Cela a des impacts sur le cycle de l’eau et sur la vie aquatique qu’il convient d’évaluer systématiquement. »

Discussions, contestations et tensions

Localement, les projets soulèvent souvent des tensions entre partisans et opposants à ces réserves destinées à l’agriculture. Les débats se multiplient. Les contestations et les conflits grandissent.

« Outre la question de la répartition de la ressource entre les différents usages (irrigation, eau potable, industrie, énergie…) se pose la question du modèle agricole à qui profitent ces retenues, » analyse Réussir Grandes Cultures.

Les retenues d’eau vont être conditionnés à des « changements radicaux » des pratiques agricoles, explique encore Réussir Grandes Cultures, prenant l’exemple d’un projet coopératif près de Niort.

Lire « Des retenues d’eau conditionnées à des changements de nos pratiques agricoles ».

Dans les régions, tout projet de création de retenue d’eau située dans le périmètre d’un schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) doit être compatible avec les dispositions du schéma directeur prévu.

La construction doit respecter des règles précises pour limiter les impacts.

Lire dans l’Anjou agricole « Créer une réserve d’eau pour irriguer »

De longues démarches administratives

Les projets peuvent mettre du temps à aboutir car ils font l’objet de nombreuses réflexions et procédures administratives. En Dordogne, le Gaec Landat témoigne dans Réussir Grandes Cultures de ce parcours du combattant qui a duré 10 ans.

Lire « Gestion de l’eau : " Nous avons rempli notre réserve après 10 ans de démarches " ».

Pour Mathieu Daim, dans le Puy-de-Dôme, les démarches ont été moins longues. Le projet d'une réserve d'eau de 10 000 m3 a pu être mené à bien en deux ans.

Lire « Une réserve d’eau individuelle de 10 000 m3 chez un agriculteur irrigant en Limagne »

Cellule interministérielle sur les projets de gestion de l'eau dans les territoires

Pour se prononcer sur les projets de territoire concernant la gestion de l’eau, le Gouvernement vient de créer une cellule interministérielle. Parallèlement, le sujet fait l’objet d’une consultation citoyenne, lancée le 1er mars pour une durée de 6 mois.

Lire « Une cellule interministérielle destinée à faire le point sur les projets de territoire pour la gestion de l’eau ».

Eric Frétillère, le président des Irrigants de France en est bien conscient : « l’eau est un enjeu à l’échelle des territoires ». Le stockage de l’eau est une réponse pour répondre aux besoins de l’agriculture dans les années à venir. Mais il faut de l’eau pour tous et éviter la guerre de l’eau.

Lire « Eric Frétillère, président des Irrigants de France : « L’eau est un enjeu à l’échelle des territoires ».

Les plus lus

Carte de France des arrêtés de restrictions des travaux agricoles face aux risques d'incendies. Les départements soumis à des restrictions sont en rouge.
Moisson 2026 et risque d’incendie : carte des départements interdisant la récolte aux heures les plus chaudes

La canicule et la sécheresse accentuent les risques de départs d’incendies pendant les moissons et plusieurs feux de champs…

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : un nouveau foyer détecté en Sardaigne

Un foyer supplémentaire de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été détecté le 8 juillet en Sardaigne, dans le…

Volailles label-rouge autour d’un bâtiment
Pas-de-Calais : « Ce projet de poulaillers c’est tout à fait ce que les Français veulent ! Ce n’est pas possible de vouloir l’empêcher », s’insurge Icilaterre

L’association d’agriculteurs consommateurs a décidé de défendre Valentin Melin, jeune polyculteur dont le projet…

Carte de France des départements soumis à un arrêté de restriction des travaux agricoles comme la moisson pendant la période forte sécheresse.
Moisson 2026 et risque d’incendie : quelles interdictions de récolter l’après-midi durant la canicule ?

Avec la troisième vague de chaleur, de nouvelles restrictions des plages horaires pour effectuer les travaux agricoles ont été…

Tracteur Same rouge dans un champ.
Same et Deutz-Fahr en tête des marques préférées des concessionnaires français de tracteurs agricoles

L’enquête printanière ISC 2026, réalisée par le syndicat des distributeurs de machines agricoles (Sedima), montre que les…

deux tracteurs dans un champ en pente
Nouvelle-Aquitaine : la chambre d’agriculture estime que l'agriculture régionale est au bord de la faillite et réclame un plan d’urgence immédiat

La chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine s’alarme, dans un communiqué du 9 juillet, des différentes calamités que…

Publicité