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Agroécologie
Cap’2ER : une transition agroécologique progressive et rentable pour les élevages

L’outil Cap’2ER permet d’évaluer les performances techniques et agroécologiques des exploitations. Pour Jean-Baptiste Dollé, directeur du département climat, environnement et ressources à l’Institut de l’élevage, il est possible de réduire ses émissions de gaz à effet de serres sans impacter la production. 

<em class="placeholder">Chèvres alpines au pâturage</em>
860 élevages caprins ont réalisé un diagnostic Cap’2ER de niveau 1 et 260 un niveau 2.
© D. Hardy

 

 


 

Pourquoi l’agriculture et l’élevage doivent-ils participer à la réduction des gaz à effet de serre ?

<em class="placeholder">Jean-Baptiste Dollé, directeur du département climat, environnement et ressources à l’Institut de l’élevage</em>

Jean-Baptiste Dollé - Le changement climatique est déjà une réalité pour l’agriculture avec des épisodes de pluies intenses, des sécheresses répétées, des pertes de rendement et une instabilité croissante des conditions de production. Face à cet emballement, chaque secteur a une part à prendre. Additionner les efforts de toutes les fermes peut avoir un effet significatif. De toute façon, l’inaction sera, à terme, beaucoup plus coûteuse. L’enjeu est donc de faire la transition pas à pas, en améliorant progressivement les performances des exploitations. Il ne faut pas opposer climat et production mais plutôt chercher à maintenir des niveaux de production tout en réduisant l’intensité carbone.

 

 

 

Comment mesurer ses performances environnementales ?

J.-B. D. - L’outil Cap’2ER a souvent été présenté comme un outil carbone, mais il faut davantage le voir comme une photographie multicritère du fonctionnement d’une exploitation. Cap’2ER ne regarde pas seulement les émissions de gaz à effet de serre. Il mesure aussi l’économie, la biodiversité ou la production alimentaire. Aujourd’hui, il est devenu un outil de référence et plus de 57 000 diagnostics ont été réalisés dans des exploitations d’élevages de ruminants, de chevaux, de volailles ou de grandes cultures. Pour cela, plus de 2 400 conseillers ont été formés. Il existe deux niveaux à ce diagnostic : un autodiagnostic à réaliser sur cap2er.eu et un niveau 2 pour évaluer plus finement les performances environnementales, faire un lien avec les pratiques de l’exploitation et construire un plan d’action. À ce jour, 860 élevages caprins ont réalisé un Cap’2ER niveau 1 et 260 un niveau 2.

 

Quel est l’intérêt de faire un diagnostic Cap’2ER ?

J.-B. D. - Le diagnostic Cap’2ER permet d’avoir une vision globale de l’exploitation et de voir où l’exploitation se situe, quelles sont ses marges de progrès et surtout quels leviers techniques (troupeau, surfaces, intrants…) sont pertinents dans son contexte. Le bénéfice n’est pas qu’environnemental. En travaillant l’efficience, on améliore aussi les performances techniques et, derrière, économiques.

 

« La transition doit se faire pas à pas, pour éviter le coût bien plus élevé de l’inaction »


 

Peut-on encore vendre des crédits carbone ?

J.-B. D. - France Carbon Agri a déjà commercialisé du crédit carbone pour 300 éleveurs bovins et chaque élevage a pu récupérer de 15 000 à 20 000 euros en échange de changements de pratiques favorables à l’environnement. Pour l’instant, la vente de crédit carbone par les petits ruminants n’est pas possible. D’autres opérations de commercialisation sont en cours en bovin mais le marché du crédit carbone s’est dégradé et il n’est plus à la hauteur de ce qu’on avait espéré. Aujourd’hui, nous cherchons à combiner la vente de crédits carbone avec d’autres dispositifs d’aides financières comme les primes octroyées par certaines laiteries ou des aides publiques associées au paiement des services environnementales. Certaines agences de l’eau financent également les changements de pratiques et certaines banques proposent des prêts bonifiés pour les agriculteurs engagés.

 

Quelles sont les évolutions à venir pour Cap’2ER ?

J.-B. D. - Environ 40 % des élevages bovins laitiers ont réalisé un diagnostic Cap’2ER. Il faut continuer à le promouvoir pour qu’un maximum d’agriculteurs s’empare du sujet, réduise leur intensité carbone et améliore leur efficience. Les laiteries, coopératives ou industrielles, les chambres d’agriculture et les organismes de conseil en élevage doivent ainsi arriver à construire des accompagnements collectifs pour proposer une transition coordonnée. Par ailleurs, nous travaillons avec nos partenaires européens et mondiaux pour harmoniser nos méthodes. C’est le cas notamment du stockage de carbone dans les sols, pour lequel nous devons nous préparer à un changement de méthodologie en 2026. Ainsi, le consensus scientifique sur lequel s’appuie Cap’2ER évolue et cela semble moins favorable aux éleveurs puisque le stockage additionnel de carbone permis par les prairies sera revu à la baisse.

 

Côté web Cap’2ER

Cap’2ER est l’acronyme de Calcul automatisé des performances environnementales pour des exploitations responsables. Il est possible de réaliser un autodiagnostic rapide en renseignant une trentaine de données.

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