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Guerre en Ukraine – Le plan de résilience fait réagir le secteur agricole

Au lendemain de la présentation du plan de résilience mis en place par le gouvernement pour faire face aux conséquences économiques et sociales de la guerre en Ukraine, le secteur agricole fait part de ses réactions. La FNSEA et la Coopération agricoles saluent les mesures annoncées. La Confédération paysanne estime que celles-ci ne vont pas dans le bon sens.

Le plan de résilience de la France face aux conséquences de la guerre en Ukraine a été présenté le 16 mars par le Premier ministre Jean Castex. Julien Denormandie a détaillé les quatre mesures d’urgence et quatre mesures complémentaires qui vont concerner la profession agricole et aider les agriculteurs à faire face à la flambée des prix de l’énergie.

Pour la FNSEA, un « premier pas indispensable » mais…

Au lendemain des annonces du gouvernement, la FNSEA, dans un communiqué, note que « les soutiens directs et rapides pour compenser l’augmentation des coûts d’alimentation animale ou du prix du gaz ou de l’électricité étaient une réponse attendue par les agriculteurs ». La fédération des exploitants ajoute que « les prises en charge de cotisations sociales permettront aussi d’aider les plus fragilisés des agriculteurs à passer le cap de la crise ».

Toutes les revendications formulées n’ont cependant pas été satisfaites et la FNSEA regrette que ses « propositions sur la compensation des augmentations du coût du carburant n’aient pas été totalement entendues ». Le syndicat avait demandé un abaissement à son maximum de la fiscalité du gazole non routier (GNR) via une mesure de compensation et appelle à « reconsidérer cette demande légitime au regard de l’évolution de la situation pour éviter des conséquences dramatiques sur les exploitations ».

La FNSEA reprend par ailleurs les appels lancés par le ministre de l’Agriculture et par le ministre de l’Economie aux acteurs économiques des filières agroalimentaires pour qu’ils ouvrent de nouveau les négociations de prix et tiennent compte des hausses de charges des agriculteurs. La fédération « appelle chacun à la responsabilité face à cette situation qui met la survie de pans entiers de la production agricole en danger ». Elle demande l’application de la Loi Egalim et estime que « l’Etat doit être garant » de sa bonne application et doit « sanctionner les manquements ».

Réagissant aux mesures complémentaires, à moyen terme, la FNSEA se félicite des propositions qui redonnent une « place stratégique à l’enjeu de la souveraineté alimentaire ».

Les représentants agricoles demandent maintenant au gouvernement de « concrétiser ces lignes directrices » et de les « porter à Bruxelles » afin de « remettre la croissance durable au cœur de la stratégie européenne du Green Deal ».

La Coopération agricole salue les mesures prises

Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, s’est également exprimé dès la présentation du plan de résilience. Le 16 septembre, il a fait part de ses réactions à la presse. « Le plan de résilience annoncé ce jour par le Gouvernement prend bien en considération les points critiques énoncés par La Coopération Agricole sur les impacts du conflit russo-ukrainien, en prévoyant des mesures pour faire face à l'augmentation des coûts des matières premières agricoles et de l'énergie » a-t-il commenté. « Pour parer au plus urgent pour l'ensemble de la chaîne alimentaire, nous saluons particulièrement l'attention portée aux filières d'élevage, à la prise en charge partielle des surcoûts du gaz et de l'électricité et à la prise en compte des problèmes de trésorerie, à la fois pour les exploitations agricoles et les entreprises. » Le président salue également la volonté du gouvernement de rouvrir les négociations commerciales. Enfin, il estime que les mesures à moyen terme vont dans le bon sens. « Les mesures avancées pour sécuriser l'approvisionnement en engrais, la production de protéines végétales ainsi que le développement de notre autonomie énergétique sont parmi les axes majeurs pour assurer demain notre souveraineté » souligne-t-il, en assurant que la Coopération agricole veillera aux « modalités de mise en œuvre de ces mesures ».

 

La Confédération paysanne très critique

De son côté, la Confédération paysanne, a réservé un accueil beaucoup moins favorable au plan mis en place par le gouvernement. Le syndicat prend pour exemple le secteur de l’élevage, fortement dépendant de l’achat d’alimentation animale. Les 400 millions annoncés vont à peine permettre aux éleveurs « de sortir la tête de l’eau », estime la confédération pour qui le plan de résilience est un « plan de compensation des dépendances de l’agriculture productiviste ».

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