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Guerre en Ukraine : Bruxelles détaille son plan d’aide aux agriculteurs européens

La Commission européenne détaille ce jour dans une communication un plan de mesures pour aider les agriculteurs européens touchés par les conséquences de la guerre en Ukraine.

Valdis Dombroskis, vice-président exécutif de la commission européen, et Janusz Wojciechowski, commissaire européen à l’agriculture.
Valdis Dombroskis, vice-président exécutif de la commission européen, et Janusz Wojciechowski, commissaire européen à l’agriculture.
© Commission européenne

Comme prévu la Commission européenne vient de dévoiler dans une communication un ensemble de mesures pour répondre aux conséquences agricoles et alimentaires posées par la guerre en Ukraine.

« L’Union est un superpouvoir agricole et nous veillerons à ce que nos agriculteurs reçoivent le plein soutien de la Commission pour répondre aux besoins mondiaux en denrées alimentaires », commente Janusz Wojiechowski, commissaire européen à l’agriculture.

Détail des cinq mesures principales

Face à la hausse des coûts de production (carburant, énergie, céréales), la commission propose un plan en cinq mesures pour soutenir les agriculteurs européens dans « leur rôle de fournisseur mondial de denrées alimentaires ». Dans le détail, sont proposées :
 

  • Une aide de 500 millions d’euros, dont 89 millions d’euros destinés à la France, pour soutenir les producteurs les plus touchés par les conséquences de la guerre. Sur cette base, les Etats membres pourront apporter un soutien financier supplémentaires à des agriculteurs ciblés. Tout en s’assurant de « destiner le soutien en priorité aux agriculteurs engagés dans des pratiques durables ». Ces fonds proviendront en partie de la réserve de crise.
     
  • Une augmentation des avances sur les paiements directs et des mesures de développement rural liées aux surfaces et aux animaux dès le 16 octobre prochain.
     
  • Des mesures de marché de type « filet de sécurité » pour soutenir le marché de la viande de porc. Concrètement à partir du 25 mars, les opérateurs privés auront la possibilité de demander une aide pour couvrir une partie des frais de stockage de la viande porcine, à condition qu’ils la maintiennent hors du marché pendant au moins 2 mois et au maximum 5 mois. Une aide d’un montant variable sera accordée selon les morceaux et la durée du stockage (270 €/t pour les demi carcasses stockées 60 jours ou 423 €/t pour les jambons stockés 150 jours par exemple). Les candidatures pourront être déposées jusqu’au 29 avril.
     
  • Une dérogation exceptionnelle et temporaire pour autoriser la production de toute culture destinée à l’alimentation humaine et animale sur des terres mises en jachère, sans incidence sur le niveau du paiement vert en faveur des agriculteurs. Cette mesure concernerait environ 4,5 millions d’hectares selon nos confrères d’Agrafil.
     
  • Une souplesse spécifique vis-à-vis des exigences actuelles en matière d’importation d’aliments pour animaux, « qui contribuera, à titre temporaire, à alléger la pression sur le marché de ces aliments ».


330 millions d’euros pour les agriculteurs ukrainiens

Dans la même communication, la Commission européenne a ainsi dévoilé un programme de soutien d’urgence à destination de l’Ukraine. Ce programme de 330 millions d’euros devrait assurer « l’accès aux biens et services de base et contribuera à la protection de la population ». Cette enveloppe devrait notamment aider à l’acheminement de carburants et de semences qui manquent aux agriculteurs ukrainiens.


La stratégie de la ferme à la table nuancée

A plus long terme, la Commission européenne assure qu’elle veillera « à ce que la productivité globale de l’agriculture de l’Union ne soit pas compromise dans la mise en œuvre des transitions nécessaires définies dans la stratégie De la ferme à la table et dans la stratégie en faveur de la biodiversité ». Pour ce faire, la commission stipule dans sa communication qu’ « il sera nécessaire de recourir davantage à l’innovation afin de contribuer à accroître les rendements de façon durable » et de citer : l’agriculture de précision, les nouvelles techniques génomiques, une meilleure gestion des nutriments, la lutte intégrée ou encore les solutions biologiques pour remplacer les pesticides chimiques.


Réduire la dépendance aux importations d’engrais

Autre point soulevé par la Commission européenne : renforcer la résilience de l’agriculture européenne en « réduisant la dépendance énergétique de l’agriculture européenne, de même que sa dépendance à l’égard des importations à forte intensité énergétique et des importations d’aliments pour animaux ». La Commission souligne que « le programme Horizon Europe investira dans la recherche et l’innovation afin de remplacer les engrais de synthèse utilisés ». Elle propose : une utilisation plus efficace de l’azote, la transition vers l’ammoniac vert pour les engrais et la valorisation de la biomasse.

 

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