Guerre au Moyen-Orient et flambée du GNR et des engrais : que propose le gouvernement français aux agriculteurs ?
Face à l’envolée des prix du gazole non routier et à la hausse des engrais, le gouvernement annonce une série de mesures de soutien à la trésorerie pour les agriculteurs. Des annonces qui ne satisfont pas les syndicats agricoles.
Face à l’envolée des prix du gazole non routier et à la hausse des engrais, le gouvernement annonce une série de mesures de soutien à la trésorerie pour les agriculteurs. Des annonces qui ne satisfont pas les syndicats agricoles.
[Mis à jour à 16h50 avec les réactions des syndicats agricoles]
Alors que l’Espagne vient d’annoncer plus de 550 millions d’euros d’aides pour soutenir les agriculteurs touchés par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement français a annoncé le 23 mars au soir de premières mesures pour le secteur agricole.
Guerre au Moyen-Orient : quelles mesures de soutien à la trésorerie proposées aux agriculteurs ?
Il ne s’agit pas d’aides directes destinées à réduire la facture des coûts de production pour les agriculteurs mais plutôt des traditionnelles mesures de soutien à la trésorerie.
Ainsi Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a annoncé hier :
- Le report de cotisations sociales : un délai de paiement sans frais ni majoration sera accordé aux exploitations agricoles qui en feront la demande ;
- Un étalement des échéances fiscales : les exploitations agricoles peuvent demander un étalement de leurs échéances fiscales auprès de leur direction départementale des finances publiques ;
- Mise en place de prêts de court terme exceptionnels par Bpifrance, pour venir en appui à la trésorerie des exploitations agricoles les plus exposées à la hausse des prix du carburant ;
- La recherche d’un accord de place avec les banques et les distributeurs, notamment pour étudier le soutien le soutien aux productions agricoles et appeler à la souplesse et à la flexibilité dans le traitement des dossiers individuels d’entreprises faisant face à des difficultés de trésorerie du fait de la crise en cours.
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Annie Genevard promeut aussi le recours aux prêts de consolidation garantis par l’Etat
« Ces mesures ciblées viennent compléter les dispositifs plus structurels destinés à venir en aide à des exploitations durablement affectées par la volatilité des cours connus ces dernières années, notamment l’enveloppe de prêts de consolidation garantis par l’Etat à hauteur de 70 %, pouvant atteindre jusqu’à 500 millions d’euros d’encours, qui permettent d’accompagner les exploitations dans leur transformation et renforcer leur résilience face aux chocs économiques », indique le ministère de l’Agriculture dans un communiqué.
La ministre indique par ailleurs « continuer de porter au niveau européen la nécessité d’adapter certains dispositifs, notamment le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), afin de ne pas pénaliser les agriculteurs dans le contexte actuel ».
La ministre a par ailleurs annoncé ce 24 mars au matin qu'elle allait préparer "un grand plan engrais" sur BFM.
Lire aussi : Prix des engrais et MACF : l’idée d’un report s’éloigne à Bruxelles
« Une hausse de 15% du prix du gazole peut représenter jusqu’à un mois de revenu »
« Dans certaines exploitations bovines, une hausse de 15% du prix du gazole peut représenter jusqu’à un mois de revenu. Cela illustre l’urgence » commente Annie Genevard le 24 mars dans un post sur X, estimant que le gouvernement apporte là « des réponses rapides, concrètes et ciblées, au plus près des réalités du terrain ».
Relire : Comment évolue le prix du GNR avec la guerre au Moyen-Orient ?
« Il faut revoir la copie », réagissent les syndicats agricoles
Ces annonces ne satisfont pas les syndicats agricoles. « Il faut revoir la copie », commente ainsi PierricK Horel, président des Jeunes agriculteurs, ce 24 mars après-midi sur X. Et de déclarer les agriculteurs n'ont pas besoin de « mesures courtermistes » mais d'une stratégie aux niveaux français et européens à la hauteur de la crise.
Il faut revoir la copie ! Nous n'avons pas besoin de mesures court-termistes mais d'une stratégie aux niveaux 🇫🇷 et 🇪🇺 à la hauteur de la crise. Le conflit nous fait rentrer dans une crise durable : d'autres leviers sont possibles pour aider nos agriculteurs et anticiper. https://t.co/k6667XXRxt
— Pierrick Horel (@HorelPierrick) March 24, 2026
Pour sa part, la FNSEA a exprimé dans un communiqué « son mécontentement face au décalage manifeste entre les mesures annoncées par le gouvernement et la réalité du terrain vécue par les agriculteurs ». « Les dispositifs annoncés, tels que les reports de cotisations sociales, les étalements d’échéances ou encore la mise en place de prêts à court terme, ne constituent en aucun cas des solutions durables. Ils permettent tout au plus de différer les difficultés sans les résoudre », dénonce le syndicat agricole qui conclut : « L’heure n’est plus aux mesures de report de charges ! L’heure est à l’appui sonnant et trébuchant de l’Etat face à des hausses historiques ! Pour la FNSEA, il est impératif de ne pas différer les décisions nécessaires. Des mesures immédiates de baisse des charges sont urgentes !».
La FNSEA n’est pas satisfaite des annonces du Gouvernement, qui ne sont pas à la hauteur de la crise vécue sur le terrain.
Nous méritons mieux.
Hausse du GNR, des engrais, charges accrues : l’équation est devenue intenable pour de nombreuses exploitations. Produire ne doit pas… https://t.co/unM6FZsiU3— La FNSEA (@FNSEA) March 24, 2026