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Semences : la France garde son statut de premier exportateur mondial en grandes cultures et premier producteur européen

Il existe un secteur en grandes cultures où la France peut se targuer de garder sa place de leader mondial, celui de l’exportation des semences. Plus largement, les agriculteurs multiplicateurs français produisent des semences de toutes espèces végétales, plaçant la France comme premier producteur en Europe.

<em class="placeholder">Parcelle de maïs semence irrigué en août 2021 dans le Loir-et-Cher</em>
Le maïs représente une part importante des surfaces dévolues à la production de semences en France.
© Gabriel Omnès

Une balance commerciale de plus d’1 milliard d’euros en semences

« La résilience de notre filière semences est remarquable. » Président de Semae (interprofession des semences et plants) et du groupe semencier Lidea, Pierre Pagès se réjouit de la bonne santé de la production de semences en France. La balance commerciale excède le milliard d’euros depuis six campagnes et elle se chiffre précisément à 1,26 Mrd € en 2024-2025, en légère baisse par rapport à la campagne précédente (1,3 Mrd €) qui constituait un record. Les exportations de semences sont en nette hausse et atteignaient 2,56 Mrd € cette dernière campagne.

Les pays de l’UE sont les principaux clients des productions françaises (1,73 Mrd €), Allemagne et Espagne en tête (plus de 300 M€ chacun). Les pays d’Europe de l’Est sont d’importants clients également (318 M€) même si la Russie a fermé ses frontières aux semences de l’UE, sur tournesol notamment.

Baisse inexorable du nombre d’agriculteurs multiplicateurs de semences

La France compte nombre d’entreprises de sélection variétale, de production de semences et de distribution qui font le dynamisme de la filière. C’est sans compter sur les agriculteurs multiplicateurs qui étaient 16 500 en 2024-2025. Leur nombre baisse inexorablement en même temps que la démographie agricole. « Des agriculteurs se détournent aussi de la production de semences à cause des exigences techniques et de moyens de production qui peuvent manquer, comme l’eau », note Pierre Pagès.

La surface de multiplication de semences a connu un petit rebond en 2024-2024 avec plus de 380 000 hectares (377 000 ha la campagne précédente). Elle avait dépassé les 400 000 hectares en 2020-2021. La taille moyenne de contrat augmente chez les producteurs (7,65 ha en 2024-2025).

Céréales à paille et maïs en tête des productions de semences

Les céréales à paille sont de loin les espèces végétales consommant le plus de surface en production de semences (132 000 ha), devant le maïs et sorgho (67 000 ha) et le lin et chanvre (56 500 ha), ces derniers ayant augmenté de 18 % en un an. « Nous notons en revanche une régression des surfaces en semences en fourragères et gazon (- 4 %, 42 000 ha), des oléagineux (-16 %, 29 000 ha) et des potagères et florales (-15 %, 24 000 ha), souligne Bruno Ferreira, directeur général de Semae. Les surfaces de multiplication en agriculture biologique se situent aux alentours de 20 000 hectares et augmentent en tendance avec l’objectif que toutes les espèces cultivées aient une offre en semences biologiques d’ici 2036. »

L’accord européen sur les NGT reçu positivement par la filière semences

L’accord européen trouvé sur les NGT reçoit une réaction positive de Pierre Pagès. « Nous avons vraiment besoin de ces technologies qui ont un effet accélérateur sur la création de variétés. Nous nous réjouissons qu’il y ait un cadre réglementaire permettant à l’UE d’entrer dans ces technologies », assure-t-il. Bruno Ferreira note prudemment que le sujet n’est pas terminé puisqu’il doit recevoir l’aval des États membres, puis du Parlement européen. « Nous devons surveiller les évolutions de texte éventuelles comme sur les règles de propriété intellectuelle. Il faut pouvoir maintenir le niveau d’innovations et que celles-ci soient accessibles à l’ensemble des semenciers. »

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