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Rémunération carbone : le programme de Soil Capital ouvert aux agriculteurs jusqu’au 31 janvier

Tous les ans depuis 2020, l’entreprise Soil Capital, spécialisée dans les certificats carbone, propose à de nouveaux agriculteurs de rejoindre son programme. La démarche peut être effectuée avant le 31 janvier.

<em class="placeholder">Perwez, Belgique. 2023-12-11. Portrait de Chuck de Liedekerke, CEO et co-fondateur de Soil Capital. Photographie de Valentin Bianchi / Hans Lucas</em>
Chuck de Liedekerke, dirigeant et fondateur de Soil Capital : « Au-delà de la prime carbone versée, le vrai intérêt économique et de retrouver un sol plus fertile avec moins d’intrants. »
© Valentin Bianchi / Hans Lucas

Depuis 2020, l’entreprise Soil Capital met en relation des agriculteurs qui adoptent des pratiques agricoles favorables au stockage de carbone et des entreprises agroalimentaires qui cherchent à réduire leurs émissions liées à la production agricole (scope 3). Les agriculteurs sont rémunérés à la tonne de carbone évitée ou stockée, qui équivaut à un certificat.  Le calcul se base sur un bilan de référence. Les certificats sont vendus chaque année sur le marché volontaire du carbone, principalement à des entreprises agroalimentaires.

« Nous voyons la rémunération carbone comme une solution agronomique et économique pour les agriculteurs car les pratiques agricoles associées à la rémunération du CO2 permettent d’aller chercher une résilience et une baisse des charges », assure Chuck de Liedekerke, dirigeant et cofondateur de Soil Capital.

Une rémunération moyenne de 10 000 euros par exploitation en 2023

1 600 agriculteurs sont déjà engagés dans le programme en Belgique et en France mais aussi au Royaume-Uni et en Argentine. En 2023, 800 exploitations ont pu bénéficier d'une rémunération carbone pour un montant moyen de 10 000 euros. L’engagement dans le programme dure cinq ans. La cinquième vague de recrutement de nouveaux agriculteurs se clôture le 31 janvier.

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Rémunérer les efforts des agriculteurs pour réduire leurs émissions ou stocker du carbone

Réduction du travail du sol, implantation de couverts végétaux, introduction de légumineuses dans la rotation… Les pratiques bas carbone présentent des atouts pour l’agriculteur : elles permettent de remonter progressivement la teneur en matière organique des sols, ce qui va permettre de mieux retenir l’eau, lutter contre l’érosion et stocker du carbone. « On cherche à rémunérer tous les efforts, assure Chuck de Liedekerke. Si un agriculteur est séquestrateur net de CO2 par les pratiques mises en œuvre sur son exploitation avant d’entrer dans le programme, on va comparer à la moyenne des émissions des exploitations de sa région plutôt qu’à sa moyenne historique pour que son effort soit reconnu, c’est une prime au changement ».

« Lorsqu’ils intègrent le programme Soil Capital, les agriculteurs mettent le curseur où ils veulent »

Il observe que la plupart du temps, la transition d’une exploitation commence par la mise en place de couverts végétaux avec l’introduction de légumineuses dans la rotation, suivie de la réduction du travail du sol, puis d’une substitution dans la fertilisation. « Au-delà de la prime carbone versée, le vrai intérêt économique est de retrouver un sol plus fertile avec moins d’intrants, assure le dirigeant. Lorsqu’ils intègrent le programme, les agriculteurs mettent le curseur où ils veulent avec une rémunération en conséquence. On considère que ce sont eux qui connaissent le mieux leur propre système et qui vont pouvoir moduler leur prise de risque. »

Du côté des industriels de l’agroalimentaire, au-delà de la réduction de leurs émissions, l’enjeu est de sécuriser leur approvisionnement dans un contexte de changement climatique.

L’entreprise collecte et certifie chaque année, à travers un bilan carbone, les données des exploitations engagées dans le programme pour déterminer leur niveau de rémunération. Les pratiques enregistrées sont converties en tonnes de carbone évitées ou stockées. Le système proposé par l’entreprise est basé sur la certification carbone et non sur les crédits carbone qui, eux, sont vendus sur un marché volontaire du carbone où des entreprises peuvent acheter ces crédits pour compenser leurs émissions.

Le cadre réglementaire de la rémunération carbone encore à stabiliser

La certification des pratiques des agriculteurs par Soil Capital est un processus qui s’inscrit dans le cadre de la méthodologie SBTI (Science-based Target Initiative) Flag. Le programme est également certifié Iso et fait l’objet d’audits par des organismes de contrôle tiers. « Le cadre réglementaire de la rémunération carbone est encore évolutif au niveau européen, souligne Chuck de Liedekerke, mais notre objectif est d’offrir une certification qui rémunère correctement les agriculteurs pour un effort qu’on juge réaliste pour un grand nombre d’exploitations afin d’avoir un impact. C’est un équilibre à trouver entre une très grosse crédibilité de la certification et quelque chose qu’il reste possible à mettre en œuvre sur les exploitations ».

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