PPE3 : « L’agrivoltaïsme aura bien une place importante demain, à condition que les projets fonctionnent avec les prix de l’électricité du marché »
Rassurée par l’absence de moratoire dans la récente programmation pluriannuelle énergétique (PPE3), l’association France Agrivoltaisme a exprimé sa vision sur le développement des projets agrivoltaïques et fait témoigner des agriculteurs, porteurs de projets à l'occasion du salon de l'Agriculture.
Rassurée par l’absence de moratoire dans la récente programmation pluriannuelle énergétique (PPE3), l’association France Agrivoltaisme a exprimé sa vision sur le développement des projets agrivoltaïques et fait témoigner des agriculteurs, porteurs de projets à l'occasion du salon de l'Agriculture.
« La PPE3 est enfin sortie : c’est une bonne chose même si elle n’est pas parfaite. Il n’y a pas de moratoire sur l’agrivoltaïsme et les objectifs seront en lien avec la consommation », s’est félicité Olivier Dauger, coprésident de France Agrivoltaïsme et référent énergie pour la FNSEA, le 24 février sur le stand du syndicat agricole au salon de l’Agriculture lors d’une table-ronde sur l’agrivoltaïsme organisée par le développeur en énergie solaire TSE. Et de rappeler qu’un plan d’électrification doit encore être posé pour l’agriculture.
Les projets vont devoir être indépendants des tarifs d’électricité de l’état
Alors que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) fixe « une évolution raisonnée du photovoltaïque », y compris l’agrivoltaïsme, avec une cible de 48 GW en 2030 et 55-80 GW en 2035 (contre 30 GW en 2025) Olivier Dauger estime que « l’agrivoltaïsme aura bien une place importante demain, à condition que les projets fonctionnent avec des prix de l’électricité restant sur le marché et donc indépendants des tarifs de l’état ».
« On sera sous les 1% de SAU, à 0,5 ou 0,6% »
« Maintenant il ne faut pas oublier que ce sera le côté agricole qui prime », poursuit le coprésident de France Agrivoltaïsme. Alors que la PPE3 stipule que « seule une très faible proportion de la surface agricole utile devra être mobilisée par l’atteinte des objectifs de développement du photovoltaïque », Olivier Dauger affirme, sur le salon de l’agriculture : « on sera sous les 1% de la surface agricole utile, à 0,5 ou 0,6%, on ne va pas envahir la campagne avec les panneaux ».
Trois projets agrivoltaïques donnés en exemple au salon de l’agriculture
La table-ronde organisée par TSE sur le stand de la FNSEA est aussi l’occasion de faire témoigner trois agriculteurs sur leurs projets agrivoltaïques déjà réalisés ou en cours de développement, présentés comme de bons modèles.
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Un projet de pâturage tournant dynamique sous panneaux photovoltaïques en Moselle
Ainsi Pierre-Baptiste Bier, éleveur laitier en Moselle, explique comment il veut mettre en place un pâturage tournant dynamique couvert en partie par des panneaux agrivoltaïques, espacés de 12 mètres et hauts de 3 m et l’intérêt qu’il y voit pour le bien-être de ses vaches et le fourrage.
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Une production de fraises sous serres photovoltaïques en Vaucluse
Sylvain Bernard, maraîcher dans le Vaucluse, présente pour sa part son projet réalisé de serres photovoltaïques avec 5 modalités de luminosité pour sa production de fraises, réalisée jusque-là en plein air. Un système qui lui permet d’allonger son temps de production et d’installer des filets anti-drosophile. Il ne reçoit pas de loyer sur l’électricité mais les serres ont été payées par l’énergéticien.
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Un projet de canopées sur essais de grandes cultures en Charente
Christian Daniau, producteur de grandes cultures en Charente, témoigne pour sa part de son projet de canopées dans un but expérimental avec un système intégré d’irrigation sur une zone à faible rendement sur 6 ha (dont 3 ha de parcelles témoin sans panneaux solaires). L’objectif : comparer l’intérêt des canopées sur différentes productions (blé, colza, maïs, tournesol, soja et pois chiche).
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