Pesticides interdits : un article de la presse brésilienne provoque la colère des producteurs européens de maïs
Un article sur les résidus de pesticides interdits qu’on retrouve dans les produits importés, récemment publié dans la presse brésilienne, a provoqué la colère de la Confédération européenne des producteurs de maïs qui reproche à l’Union européenne une absence totale de contrôle.
Un article sur les résidus de pesticides interdits qu’on retrouve dans les produits importés, récemment publié dans la presse brésilienne, a provoqué la colère de la Confédération européenne des producteurs de maïs qui reproche à l’Union européenne une absence totale de contrôle.
C’est via un communiqué de presse en date du 15 juin que la Confédération européenne des producteurs de maïs (CEPM) laisse éclater sa colère après avoir pris connaissance d’un article du journal brésilien Folha de Sao Paulo paru le 26 mai dernier. Ce dernier informe de la présence de 147 substances autorisées au Brésil mais interdites dans l’Union européenne, ainsi que de 306 cas de dépassement des seuils de détection acceptés par l’UE.
« Il est temps que l’Union européenne applique enfin une véritable réciprocité des normes »
« Ce que révèle aujourd’hui la presse brésilienne confirme point par point ce que la CEPM a documenté il y a près de deux ans : l’Europe impose à ses producteurs des normes toujours plus strictes, tout en laissant entrer sur son marché des productions qui ne les respectent pas. Ce n’est ni tenable économiquement, ni acceptable sanitairement, ni défendable politiquement. On ne peut pas demander aux producteurs européens de produire moins, plus cher, avec davantage de contraintes, tout en important toujours plus de maïs et de produits dérivés issus de systèmes qui utilisent des substances interdites chez nous. Il est temps que l’Union européenne mette fin à cette incohérence et applique enfin une véritable réciprocité des normes. » déclare Franck Laborde, président de la CEPM.
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Sur 178 substances actives autorisées sur maïs au Brésil 138 ne sont pas autorisées en France
Le président de la CEPM fait référence à l’étude « Accord UE-Mercosur : impacts et propositions pour la filière maïs » dévoilée fin 2024, dans laquelle l’AGPM mettait en lumière des écarts massifs de standards de production entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, en particulier le Brésil : sur 178 substances actives autorisées sur maïs au Brésil et en Argentine, 92 sont interdites dans l’Union européenne, et 138 ne sont pas autorisées sur maïs en France, soit 77,5 % des substances actives autorisées pour les producteurs du Mercosur exportant vers l’UE.
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Des modèles de production brésiliens sans commune mesure avec ce qui se fait en France
La CEPM rappelle que son étude montre que la quasi-totalité du maïs cultivé dans certaines grandes régions exportatrices du Brésil repose sur des modèles de production sans commune mesure avec ceux de la filière française : exploitations pouvant atteindre plus de 500 000 hectares, recours massif aux OGM, usage de substances phytosanitaires interdites de longue date dans l’Union européenne comme l’atrazine, interdite en France depuis 2003 et dans l’UE depuis 2007.
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Distorsion de concurrence
Selon la CEPM, l’étude démontre également que ces écarts réglementaires créent une distorsion de concurrence majeure. À l’appui d’une comparaison technico-économique entre exploitations françaises et brésiliennes, la CEPM chiffre à environ 100 €/t l’écart de coût de production entre un maïs français et un maïs brésilien produit dans l’Etat du Mato Grosso, au détriment des producteurs européens.
Ces chiffres, établis par la CEPM à partir d’un travail sur les conditions de production du maïs dans le Mercosur « trouvent aujourd’hui un écho direct dans les constats remontés au ministère brésilien de l’Agriculture par ses propres services » estime la Confédération qui ajoute : « Ils montrent une réalité simple : l’Europe continue d’ouvrir son marché à des productions agricoles qui ne respectent pas les normes qu’elle impose à ses propres agriculteurs ».
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Faire preuve de « bon sens »
La CEPM estime que les éléments rapportés par la presse brésilienne, issus de travaux internes à l’administration brésilienne elle-même, sont particulièrement graves. Pour elle, cela confirme que « les clauses miroir et la réciprocité des normes ne relèvent ni du protectionnisme ni du débat idéologique. Elles relèvent du bon sens, de la cohérence réglementaire et de la protection des consommateurs comme des producteurs européens ».
Une tonne de maïs sur quatre consommée dans l’UE est importée
La CEPM rappelle que son étude montre qu’aujourd’hui une tonne de maïs sur quatre consommée dans l’Union européenne est importée, et que cette dépendance pourrait encore s’aggraver : selon les projections rassemblées dans l’étude, les importations européennes de maïs brésilien pourraient doubler d’ici 2030, passant de 5 à 10 millions de tonnes, si rien n’est fait pour corriger les distorsions de concurrence. À cet horizon, une tonne de maïs sur trois consommée en Europe pourrait être importée.
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Un appel à « sortir de l’ambiguïté »
« Face à ces constats convergents, la CEPM appelle les autorités françaises et européennes à sortir de l’ambiguïté. L’Union européenne ne peut pas, d’un côté, interdire des substances actives pour protéger la santé humaine et l’environnement, et, de l’autre, continuer à importer sans condition des produits agricoles qui ont été cultivés avec ces mêmes substances » conclut la Confédération.