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Semer le colza sur un sol humide et bien préparé

Préparation du sol, prise en compte de la météo pour semer au bon moment, densité de semences à l’hectare… : de la récolte du précédent cultural jusqu’au semis, plusieurs règles doivent être suivies pour réussir l’implantation de son colza.

<p>Plus le précédent cultural se récoltera tôt, mieux ce sera pour préparer le sol à accueillir le semis de colza.</p>
<p>Plus le précédent cultural se récoltera tôt, mieux ce sera pour préparer le sol à accueillir le semis de colza.</p>
© Terres Inovia

Obtenir un colza robuste à l’entrée de l’hiver. Terres Inovia en a fait un leitmotiv dans ses préconisations sur l’implantation. « Le concept de colza robuste repose sur deux grands enjeux : faire lever le colza et obtenir une levée précoce avec une croissance dynamique tout au long de l’automne pour produire des pieds vigoureux », présente Stéphane Cadoux, responsable du département agronomie, économie, environnement à Terres Inovia. Ainsi, le colza se montrera beaucoup moins sensible à la pression des insectes d’automne mais aussi des adventices.

« La réussite de l’implantation commence par la gestion du précédent cultural. Plus cette culture se récoltera tôt, mieux ce sera », souligne Stéphane Cadoux. Si cette culture laisse un peu d’azote dans le sol, c’est encore mieux. Le pois protéagineux constitue en la matière un précédent idéal, mais les orges d’hiver conviennent aussi en libérant l’espace assez tôt pour y cultiver un colza ensuite. Dans la phase qui suit, l’interculture sera plus ou moins courte avant de semer de colza. Le faux semis est à proscrire. « Cette intervention aurait pour effet d’assécher le sol et, en outre, de risquer de faire lever les adventices dans le colza », observe le spécialiste de Terres Inovia.

Travailler le sol au minimum tout en préparant un bon lit de semences

L’humidité du sol doit être préservée à tout prix pour mettre les semences dans les meilleures conditions pour leur germination. « Cela veut dire travailler le sol au minimum, explique Stéphane Cadoux. En même temps, il faut permettre au colza de bien s’enraciner grâce à une bonne structure du sol, ce qui nécessite la préparation d’un lit de semences fin. » Il y a un équilibre à trouver au niveau travail du sol en fonction de son état structural.

Effectué dans le précédent cultural au printemps, un test bêche permet de bien connaître la structure de son sol. « Cette information est très importante, selon Stéphane Cadoux. Elle conditionne le niveau d’intervention à effectuer. Si le sol est tassé, il sera vivement conseillé d’effectuer un travail de restructuration, sinon le colza aura du mal à s’implanter. Au contraire, si le sol est déjà bien structuré, il faut s’abstenir d’intervenir car sinon, le risque est de dessécher le sol et de compromettre la dynamique de levée du colza. » Par ailleurs, en présence de résidus de culture, il y a un intérêt à travailler un peu le sol en veillant à bien répartir les pailles sur toute la surface.

Avoir suffisamment de pluie après le semis pour assurer la levée

En présence d’un sol humide, on sème. Mais quand le sol est sec, que faut-il faire ? Les agriculteurs sont tributaires des prévisions météo pour positionner le semis de colza au mieux, idéalement avant une pluie. Encore faut-il avoir suffisamment d’eau, pour assurer la levée du colza, 10 mm constituant un minimum. Mais cela dépend de l’état de son sol. « En présence d’un sol motteux et sec sur 20 cm, un minimum de 30 mm sera nécessaire. Si au contraire, le sol est bien affiné avec déjà une certaine humidité, moins de 10 mm suffiront », donne comme exemple Stéphane Cadoux. L’outil en ligne Aléa Pluie de l’Acta fournit une aide pertinente à la préparation du semis, en apportant une prévision de quantité de pluie à sept et quinze jours.

La date de semis a son importance pour obtenir une levée précoce permettant d’éviter l’arrivée des altises fin septembre-début octobre avant le stade 4 feuilles vulnérable du colza. Or, il s’écoule une vingtaine de jours entre la levée d’un colza et ce stade de végétation. « Idéalement, il faudrait que le colza soit levé partout au 1er septembre, ce qui signifie de privilégier les semis début août », conseille Stéphane Cadoux.

Un colza surdensifié le rend plus vulnérable aux ravageurs

Quelle densité de semis choisir ? La biomasse par pied est un critère essentiel qui pèse sur la sensibilité du colza aux altises. « Il ne faut surtout pas surdensifier car dans un colza trop dense, la biomasse par pied est trop limitée les rendant plus sensibles aux attaques, prévient Stéphane Cadoux. Nos essais ont montré qu’un minimum de 40 grammes par plante en entrée d’hiver était nécessaire pour avoir des pieds peu sensibles aux dégâts de ravageurs d’automne. Avec ce seuil, on obtient 80 % de plantes saines avec des dégâts qui seront facilement compensés. Pour atteindre ces 40 grammes par pied, le peuplement en entrée d’hiver devra être inférieur à 40 plantes au m2. » C’est à considérer pour la densité de semis à définir en fonction du type de sol, de la disponibilité en azote et du mode de semis, des paramètres qui ont un impact sur le niveau de pertes à la levée.

Par ailleurs, la profondeur de semis sera de 2 cm, en conditions optimales. En situation sèche, un semis plus profond à 3-4 cm sera envisagé s’il y a de la fraîcheur en dessous de la surface. Dans un sol très sec, le semis pourra aller jusqu’à 5 cm, en attendant les pluies significatives pour le réhumecter et enclencher la germination.

 

 
<p>Pour obtenir une levée du colza début septembre, le semis devra se faire vingt jours avant.</p>
<p>Pour obtenir une levée du colza début septembre, le semis devra se faire vingt jours avant.</p> © Terres Inovia

 

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