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Moisson 2020 : une récolte de blé française sous les 30 millions de tonnes

Les spécialistes du marché des céréales continuent de réviser leurs chiffres de récolte de blé tendre à la baisse. La production tricolore pâtit d’un fort recul des surfaces et de la chute des rendements. Seules les régions Grand-Est et Hauts-de-France tirent leur épingle du jeu.

Récolte dans le nord de l'Eure-et-Loir. Le rendement national moyen de blé tendre est estimé à 6,83 t/ha par le cabinet Agritel, en baisse de près de 8 % par rapport à la moyenne olympique. © G. Omnès
Récolte dans le nord de l'Eure-et-Loir. Le rendement national moyen de blé tendre est estimé à 6,83 t/ha par le cabinet Agritel, en baisse de près de 8 % par rapport à la moyenne olympique.
© G. Omnès

À quelques jours de la fin des moissons de blé tendre, tous les spécialistes du marché des céréales révisent leurs chiffres de récolte à la baisse. La société de conseil Agritel a publié le chiffre de 29,22 millions de tonnes (Mt) le 27 juillet 2020. "C’est la troisième plus petite récolte de ces 25 dernières années après les tristes références de 2003 et 2016", a détaillé Michel Portier, directeur général d’Agritel. Les plus pessimistes tablaient encore sur 32 Mt le mois dernier.

Surfaces de blé historiquement basses

Les conditions climatiques du printemps expliquent une large part de ce faible niveau. Mais c’est surtout la baisse des surfaces de blé tendre liée aux difficultés d’emblavements de l’automne qui plombe les estimations. Le ministère de l’Agriculture indiquait début juillet sur 4,4 millions d’hectares (Mha), contre 4,9 Mha en 2019, mais ces données semblent encore surévaluées. Agritel table ainsi sur 4,28 Mha. Le cabinet d’études Tallage, qui publie le rapport mensuel Stratégie Grains, évoque de son côté "un niveau de surfaces de blé tendre extrêmement bas". Vincent Braak, analyste au sein du cabinet, note qu'"il faut remonter au vingtième siècle pour retrouver une surface similaire".

L'année se caractérise par une très forte disparité régionale des rendements, mauvais voire catastrophiques au sud de la Seine, et bons à très bons plus au nord. © Agritel

La baisse du rendement national cache de fortes disparités : en région Centre, Axéréal annonce une diminution moyenne des rendements de 18 à 20 % par rapport à la récolte précédente, et "ce recul peut atteindre 40 % dans les zones les plus touchées". Dijon Céréales annonce une collecte en baisse de 15% par rapport à la dernière campagne. Les exploitations plus au nord s’en tirent mieux, en particulier dans le Grand Est et Hauts-de-France. "Dans le triangle Saint Quentin - Valenciennes - Thiérache, les rendements sont supérieurs à 95 q/ha", relève par exemple Maxime Thuilier, responsable collecte chez Cérésia. "Le mot-clé de l’année, c’est hétérogénéité. On a des blés à 30 q/ha, d’autres à 135 q/ha".

Qualité au rendez-vous

Les observateurs sont désormais suspendus aux résultats des dernières parcelles. "L’éventualité de rester au-dessus des 30 Mt apparait aujourd'hui difficile à atteindre, même si les très bons résultats du Grand-Est et des Hauts de France se confirment", analyse Vincent Braak. Une baisse de 25 % de la récolte nationale par rapport à 2019 est acquise. Par rapport à la moyenne quinquennale, selon les scénarios, la baisse serait de - 8 à -12%.

Seule note positive, la qualité est au rendez-vous : PS et TP sont globalement bons. Mais dans les exploitations de grandes cultures, pas sûr que cela suffise à équilibrer les comptes de résultat.

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