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Maladies du blé : une surveillance à la parcelle pour réaliser les traitements fongicides à temps et à bon escient

Le suivi des maladies du blé aide à intervenir au moment opportun (ou à faire l’impasse) pour obtenir le meilleur résultat technico-économique. La surveillance au champ peut s’aider d’informations des BSV ou OAD. Le point par maladie. 

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La rouille brune est une maladie tardive, sauf dans le sud de la France où elle peut attaquer les blés dès le stade 2 nœuds. A surveiller.
© C. Gloria


 

 

 

Piétin-verse : une maladie du blé à surveiller 

En cas de maladie du blé, appliquer les fongicides dès le stade 1 nœud 

Des infestations importantes en piétin-verse sur blé peuvent nécessiter une intervention précoce avec un traitement fongicide, dès le mois de mars ou début avril. Pour se montrer efficaces, les fongicides doivent être appliqués dès le stade 1 nœud en cas de maladie du blé présente. « La surveillance doit s’effectuer dès ce stade pour cette maladie, précise Cyrille Gaujard, d’Arvalis. Mais si la variété de blé utilisée s’avère tolérante au piétin-verse (note supérieure ou égale à 5), la surveillance n’est pas nécessaire et le traitement inutile. » 

Le risque du piétin-verse sur les variétés sensibles à cette maladie du blé 

Dans le cas d’une variété sensible (note de 1 à 4), il y a un risque qui peut être accru par d’autres conditions agroclimatiques. Une grille de risque permet d’évaluer la potentialité ou non de développement de piétin-verse sur une parcelle, ce qui peut orienter déjà l’agriculteur sur la nécessité de surveiller ou non sa parcelle vis-à-vis de cette maladie du blé.  

Perte de rendement du blé accrue en cas de verse 

Le piétin-verse a un impact direct sur le rendement du blé qui peut paraître limité : 3 quintaux par hectare. Mais en provoquant la verse de la culture, les répercussions sont beaucoup plus importantes avec des pertes de rendement pouvant dépasser les 10 quintaux par hectare et une qualité des grains affectée. Le piétin-verse se caractérise par une tache ocellée présente sous le premier nœud. 

 

Rouille jaune : une maladie du blé précoce quand les conditions de développement sont réunies 

Une maladie du blé à surveiller dès le stade 1-2 nœud 

La rouille jaune est également une maladie du blé nécessitant des observations précoces en parcelle, dans les régions les plus à risque pour cette maladie (façade maritime…). « Pour les variétés sensibles, une surveillance sera effectuée dès le stade 1-2 nœuds, mais on pourrait appliquer cette règle également aux variétés tolérantes, car il y a toujours un risque de contournement de résistance avec ce pathogène », souligne Cyrille Gaujard. 

Se référer aux bulletins de santé du végétal pour les signalements de maladies du blé 

Les bulletins de santé du végétal (BSV) apportent des indications pour sa région, en rapportant les premiers signalements de maladie du blé, ce qui est très utile pour la rouille jaune dont les conditions de développement diffèrent fortement d’une année sur l’autre. Il existe d’autres systèmes d’information sur la rouille jaune, se basant sur des suivis de terrain et l’utilisation d’OAD de prévision prenant en compte les conditions agroclimatiques de risque. « Cela peut permettre au moins de déclencher une visite sur ses propres parcelles pour se rendre compte de l’arrivée ou non de rouille jaune et d’intervenir sans tarder contre cette maladie explosive, dès que l’on voit des pustules caractéristiques disposées en stries parallèles aux nervures, souligne l’expert d’Arvalis. Cependant, sur des variétés montrant une note de tolérance de 7 au moins, il ne sera pas nécessaire de traiter la rouille jaune avant le stade 2 nœuds. Il faut observer son évolution. Tant que la maladie ne se développe pas en foyer, le traitement n’est pas nécessaire. » 

 

Septoriose : la principale maladie du blé à surveiller partout 

Une maladie du blé à traiter dès le stade 2 noeuds pour les variétés sensibles 

La septoriose est la maladie du blé numéro 1 sur blé tendre, présente plus ou moins tous les ans et avec une nuisibilité potentiellement élevée. En cas d’utilisation de variétés sensibles à cette maladie et de fortes pressions, il est indispensable de traiter dès le stade 2 nœuds. Les observations des premières attaques ne sont pas toujours évidentes sur le terrain.  

Utiliser le modèle de prévision SeptoLis pour la Septoriose 

Pour ce pathogène, l’utilisation de modèles de prévision comme SeptoLis d’Arvalis donnera une information précise à la parcelle en matière de risque, très utile pour appuyer la décision de traiter ou de faire l’impasse. Or, sur cette maladie du blé, les années se suivent et ne se ressemblent pas. « En 2024 où le printemps fut caractérisé par des conditions humides, il y a eu énormément de déclenchements de traitement T1 à 2 nœuds à cause de la septoriose, rapporte Jérôme Thibierge, Arvalis. Tel n’a pas été le cas en 2025 où les contaminations ont été nettement moins importantes et où la septoriose est arrivée très tardivement. Un traitement à dernière feuille étalée s’avérait suffisant contre cette maladie dans la majorité des cas. » S’il y a eu des T1 en 2025 sur blé, c’était parfois pour viser la rouille jaune. 

 

Rouille brune : parer le développement exponentiel de cette maladie du blé  

La rouille brune, une maladie du blé tardive sauf dans le sud de la France 

En règle générale, la rouille brune est une maladie du blé tardive, sauf dans le sud de la France où elle peut attaquer les blés dès le stade 2 nœuds. « C’est une maladie très explosive avec une nuisibilité qui peut être conséquente. En 2025, nous avons eu des essais avec 20 à 25 q/ha de perte de rendement à cause de la rouille brune », note Jérôme Thibierge. Le pathogène se signale au début des contaminations par des pustules de couleur rouille disposées de façon éparse sur les feuilles. « Le seuil de déclenchement d’une intervention fongicide est bas pour cette maladie : dès l’observation de quelques pustules sur les trois dernières feuilles supérieures, prévient Cyrille Gaujard. Le système PréviLis évalue le risque agroclimatique en prenant en compte les variétés et leur tolérance aux maladies. Il permet de déclencher des dates de visite à partir du moment où le risque d’infestation devient important. » Les BSV donnent des informations sur ces niveaux de risque et font part des relevés des premiers symptômes, basés sur plusieurs dizaines d’observations par région chaque semaine et des parutions hebdomadaires. 

 

Les maladies du blé apparaissent de plus en plus précocement 

Les infestations de septoriose vont devenir plus précoces à l’avenir, compte tenu du réchauffement climatique. « Des hivers plus doux vont favoriser une quantité d’inoculum primaire plus importante en début du cycle cultural du blé. Les contaminations précoces seront donc plus nombreuses », selon une étude Arvalis réalisée sur la base de simulations épidémiologiques pour le futur. « Un autre phénomène aggravant sera l’accélération du cycle du champignon sous l’effet des températures plus élevées, avec un plus grand nombre d’infections à la clé. » Le blé tendre sera davantage touché par la septoriose en début de cycle, avec une augmentation des infections avant le stade « dernière feuille pointante ». La rouille jaune deviendra également de plus en plus précoce, plus particulièrement dans certaines régions comme les Hauts-de-France. Concernant la rouille brune, les simulations sont plus incertaines sur son développement à l’avenir. 

 

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