Aller au contenu principal

Maïs grain : l'évolution de la production française expliquée en cinq points

Le changement climatique et les charges pèsent sur la culture du maïs grain : les surfaces sont en nette baisse ces dernières années ainsi que la part irriguée dans la production.

Maïs grain : l'évolution de la production française expliquée en cinq points

Depuis quelques années, les sécheresses à répétition pénalisent la production de maïs, notamment les surfaces irriguées. La hausse des charges pèsent également dans les choix d'assolement avec pour conséquence une baisse des surfaces françaises.

Une surface qui dégringole à 1,2 million d’hectares

La surface de maïs grain est tombée à 1,23 million d’hectares (1,311 Mha avec les semences) en 2023 selon la note Conjoncture d'octobre 2023 d'Agreste (service statistique du ministère de l'Agriculture), un niveau jamais atteint. Sur la dernière décennie, elle a représenté jusqu’à plus d’1,8 million d’hectares, en 2013 et 2014. Depuis 2020 (1,7 Mha), elle n’a cessé de décroître en perdant plus de 400 000 hectares en quatre ans. « La diversification culturale se traduit par une dilution de surface de cultures majeures comme le maïs, selon Frank Wiacek, Arvalis. On recherche aussi des espèces moins consommatrices d’eau dans les zones les plus sèches. » Le tournesol a ainsi gagné 300 000 hectares en cinq ans.

De moins en moins de maïs grain irrigué

En 2023, il y avait 386 000 hectares de maïs grain irrigué. Jamais depuis 2010, cette surface n’était descendue en dessous des 400 000 hectares. De 2010 à 2014, elle dépassait les 600 000 hectares chaque année. Elle a nettement baissé ces trois dernières campagnes, au même rythme que la surface du maïs grain. La part irriguée sur la surface totale de maïs grain était de 29,4 % en 2023. Elle a tendance à décroître au fil des années : 38,8 % en 2010, 34,3 % en 2014, 32,6 % en 2020.

La faible recharge des nappes a raison de l’irrigation d’été

La mauvaise recharge des nappes due aux sécheresses ces dernières années a eu pour conséquences des restrictions d’usage de l’eau, en particulier pour l’agriculture en été, période d’arrosage du maïs. « Dans l’ex-région Poitou-Charentes notamment, il y a de plus en plus de transfert de l’eau d’irrigation de cultures d’été vers d’autres cultures comme le blé pour un arrosage au printemps, note Frank Laborde, président de l’AGPM. Par ailleurs, la création de nouvelles retenues d’eau pour l’irrigation est un processus long qui peut être décourageant. »

Bastion solide en Aquitaine et chute en Poitou-Charentes

Parmi les anciennes régions administratives, l’Aquitaine reste le bastion du maïs grain (et semences) avec 246 000 hectares en 2023, grâce surtout aux départements des Landes (103 000 ha) et des Pyrénées-Atlantiques (75 000 ha). Les régions ou ex-régions Alsace, Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Centre et Bretagne comptabilisent chacune entre 100 000 et 140 000 hectares de maïs grain. Le Poitou-Charentes comptait 185 000 hectares de maïs grain en 2020 et 110 000 hectares en 2023.

Des coûts de production qui gonflent avec la guerre en Ukraine

L’électricité et le gaz servent au maïs pour l’irrigation et le séchage. « Avec certains contrats de fourniture, on est passé d’un peu plus de 100 euros à l'hectare à 300 euros de charge en électricité sur l’irrigation, rapporte Frank Laborde. Sur mon exploitation de Préchacq-Navarrenx dans les Pyrénées-Atlantiques, le coût du séchage a été de 300 euros l'hectare en 2022 (en humidités moyennes) contre un peu plus de 200 euros l'hectare auparavant. » Le prix des engrais azotés a bondi également. Dans les Landes, les charges opérationnelles en maïs grain irrigué sont passées d’environ 900 euros l'hectare entre 2018 et 2021 à près de 1 300 euros l'hectare en 2022 en moyenn selon la chambre départementale d'agriculture.

Les plus lus

<em class="placeholder">champ de maïs en Charente, près d&#039;Angoulême, touché par la sécheresse en août 2026</em>
Sécheresse 2026 et maïs : les producteurs confrontés au décrochage de la culture avec un recul global de la production estimé à 45 %

La sécheresse et les canicules à répétition ont mis à mal la production de maïs dans de nombreux secteurs. La filière va…

<em class="placeholder">Agriculteur marchant dans un champ de pois chiche.</em>
Jeunes agriculteurs : liste des aides et avantages à connaître après son installation

Les bénéficiaires des aides à l’installation, dits "jeunes agriculteurs", peuvent aussi recevoir plusieurs autres coups de…

<em class="placeholder">Parcelle agricole en jachère à Villeneuve-d&#039;Ascq dans le Nord, août 2026</em>
Assolement 2027 : mettre des parcelles en jachère est-il un bon calcul ?

Face à la hausse des charges, certains agriculteurs songent à mettre des parcelles en jachère. Une décision qui peut s’avérer…

<em class="placeholder">Frédéric Parthenay est producteur de grandes cultures à Puyreaux, en Charente. </em>
Sécheresse 2026 en Charente : « Après trois mauvaises années, mon exploitation n'a plus de trésorerie »

Frédéric Parthenay est producteur de grandes cultures à Puyreaux, en Charente. La sécheresse catastrophique et sans précédent…

<em class="placeholder">Champs d&#039;essais blé tendre conduits par LG Seeds France.</em>
Blé tendre : quelles variétés semer dans des terres à faible potentiel ?

Certaines caractéristiques variétales, comme la précocité à épiaison, sont indispensables pour sécuriser le rendement du…

<em class="placeholder">Les punaises aptères se déplacent en masse et affaiblissent les jeunes colza qu&#039;elles trouvent en  prélevant de la sève. Les jeunes plants flétrissent et se dessèchent.</em>
Colza : des invasions de punaises inédites et étendues observées partout en France

Les conditions de températures élevées et de sécheresse de cet été ont généré d’importantes populations de punaises dans les…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures