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Région Ile-de-France
Mainmise du PSG sur des terres agricoles

A coup d’amendements de dernière minute, des élus de la région Ile-de-France ont modifié le schéma directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF) pour requalifier des terres agricoles en « zones de loisirs » constructibles. Objectif : faciliter l’implantation d’un camp d’entraînement du richissime PSG.

Les investisseurs qataris qui détiennent le club de foot Paris-Saint-Germain n’en peuvent plus du très peu fonctionnel et désuet Camp des Loges, de quatre hectares. Dernier couac en date : la construction d’une nouvelle cantine. Déçue par l’ouvrage, la direction a décidé de s’en passer et envoie depuis tous les joueurs déjeuner… au restaurant Relais & Chateaux à proximité. On est comme cela chez Quatar Sports Investments : voir toujours plus grand. Construire un luxueux complexe d’entraînement est devenu une priorité.


Pour obtenir ce juteux marché (35 millions d’euros), cinq villes sont prêtes à tout : Saint-Germain-en-Laye, Poissy, Saint-Quentin-en Yvelines, Montesson et Carrières-sur-Seine. Coopératifs, les élus du conseil régional ont tenu à apporter au Schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF), voté le 25 octobre, plusieurs amendements. L'objectif : requalifier des terres agricoles en « zones de loisirs » constructibles, et donc aptes à héberger le prochain lieu de travail du PSG.


La Chambre d’agriculture interdépartementale d’Ile-de-France crie au scandale. Le projet de SDRIF (schéma directeur de la Région Ile-de-France) a été amendé in extremis par la majorité et l'opposition lors de sa discussion en séance plénière du conseil régional, et ce afin de permettre au centre d'entraînement du PSG de s'implanter sur le plateau des Alluets, indique un communiqué du 19 novembre 2012. « Cet espace ouvert et productif, ceint d'une couronne boisée où l'agriculture bénéficie d'un environnement relativement épargné par les nuisances urbaines, a une vocation agricole que les documents d'urbanisme lui ont jusqu'à présent toujours reconnue, précise le communiqué. Il est donc fort regrettable que la ville de Poissy, qui n'y dispose que d'une partie réduite de son territoire communal, n'y accorde, elle, aucune importance et sacrifie sans vergogne 80 hectares de terre.  »


Les deux nouveaux sites ont été validés, et la cartographie modifiée. La région ne peut plus s’opposer à la procédure. Les dirigeants du PSG sont désormais seuls maîtres à bord pour élire domicile. La Chambre d’Agriculture et la FDSEA Ile-de-France appellent « les élus des communes voisines attachées à la ruralité à réagir face à ce projet d’urbanisme à l’emporte-pièce ». "les discours des élus sur la protection des espaces agricoles ne sont finalement que des promesses électorales sans lendemain, s'insurge Damien Greffin, président de la FDSEA d'Ile-de-France. Les engagements ne se traduisent jamais par des faits ! Nous utiliserons tous les recours possibles pour s'opposer à l'emprise sur cet espace agricole, ainsi que sur les terres exploitées de Montigny-le-Bretonneux."

 

Le monde agricole reçoit le soutient d'Olivier Thomas, président de l'Agence des espaces verts (AEV) de la région Ile-de-France, qui soupçonne fortement les Qataris d'avoir d'autres idées en tête que celle de construire un centre d'entraînement. "80 hectares permettraient de construire 100 terrrains de foot. C'est beaucoup ! Le PSG est un prétexte pour construire des hôtels de luxe et des logements", dénonce-t-il. Pour lui, le projet de Saint Germain serait beaucoup plus cohérent. De plus Il s’agit de terres impropres à l’agriculture car polluées. "Et ainsi, le club n'aurait pas à changer de nom", s'amuse-t-il. Mais pour l'heure les dirigeants du club reçoivent le soutien de David Douillet, député de Poissy "qui ne comprend rien à l'agriculture", selon Olivier Thomas.

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