Aller au contenu principal

Main-d’œuvre agricole : recruter via un groupement d’employeurs

La phase de recrutement peut s’avérer compliquée pour un agriculteur qui ne dispose pas toujours des compétences requises en matière de gestion des ressources humaines. De plus en plus, le recours à un groupement d’employeurs pour recruter un salarié séduit les futurs employeurs.

<em class="placeholder">Exploitant agricole et son salarié dans la cour de ferme sous la neige en novembre 2024</em>
En grandes cultures, les exploitants agricoles ont souvent besoin de main-d’œuvre mais pas forcément à temps plein.
© H. Challier

S’improviser chasseur de têtes : une nouvelle compétence à acquérir quand on est agriculteur et que l’on souhaite recruter ? Pour certains employeurs, la démarche peut virer au casse-tête, d’autant plus qu’elle s’ajoute aux nombreuses missions qui rythment le quotidien. À la peur de ne pas être en capacité d’effectuer toutes les démarches liées au recrutement s’ajoute parfois la crainte que l’offre d’emploi en question ne soit pas suffisamment attrayante, surtout si elle concerne un temps partiel.

À ce double frein, avoir le réflexe de s’adresser à un groupement d’employeurs peut s’avérer opportun. Ce dernier va pouvoir d’un côté organiser le processus de recrutement, en veillant au préalable à accompagner l’exploitant agricole dans la définition du poste, les missions, le temps de travail etc., et d’un autre côté rapprocher ses besoins avec ceux d’un autre exploitant dans le cadre d’un temps partagé.

Proposer un temps plein au salarié

« En grandes cultures, les exploitants agricoles ont souvent besoin de main-d’œuvre, mais pas forcément sur un temps plein à l’année, affirme Delphine Vilarinho, assistante en ressources humaines au sein du groupement d’employeurs du Loiret Pluralis. Or un temps partiel ne convient pas forcément à un demandeur d’emploi. Le temps partagé est donc une option à envisager, car il permet à un candidat au poste de salarié agricole d’être embauché à temps plein par le groupement d’employeurs et pour les exploitants agricoles adhérents d’avoir un complément de main-d’œuvre à temps partiel. »

Pour les futurs employeurs craignant d’être lésés dans l’organisation du planning du salarié lorsqu’il intervient sur plusieurs exploitations, notamment en cas de pointe de travail et lors de fenêtres d’intervention réduites selon les conditions météorologiques, le groupement d’employeurs fait figure de tiers pour fixer des règles afin d’éviter les conflits. « Il est très rare de rencontrer des difficultés sur ces questions organisationnelles, rassure Delphine Vilarinho. Dès le départ, nous rencontrons les différents employeurs, qui parfois se connaissent déjà, pour déterminer les besoins de chacun. Ils vont souvent s’accorder entre eux et faire preuve de souplesse en fonction de la charge de travail de chacun. »

Un surcoût compensé

Pour autant, le recours à un groupement d’employeurs représente un coût à prendre en considération. « On multiplie le salaire horaire brut par 1,55, chiffre Marie Folleau, directrice du groupement d’employeurs d’Eure-et-Loir. C’est-à-dire que pour un salaire horaire de 11,91 euros, le groupement refacture 18,46 euros de l’heure à l’adhérent pour la prestation effectuée par le salarié. » Certaines heures peuvent être compensées dans le cadre des aides et de dispositifs liés au remplacement, comme le crédit d’impôt pour congés réservés aux éleveurs, ou en cas de mandat électif, de paternité-maternité, voire de maladie, pour tous les exploitants.

De même, recourir à un groupement d’employeurs pour un temps partagé apporte plus de souplesse qu’une embauche en direct. « Si deux exploitants agricoles embauchent directement un même salarié à temps partiel pour reconstituer un temps plein, ils sont contraints d’établir un emploi du temps avec des jours fixes, par exemple le lundi et le mardi chez un premier employeur et les autres jours de la semaine chez le second employeur. Ce qui n’est pas le cas avec le groupement d’employeurs », indique Marie Folleau.

Un salarié qui intervient sur plusieurs exploitations

Pour un exploitant en grandes cultures, partager un salarié avec un autre céréalier est donc possible, tout au long de l’année culturale. « J’ai fait appel à ce service depuis juin pour le partage d’un salarié, fils d’agriculteur, qui intervient 60 % de son temps sur ma ferme, et 40 % sur la ferme de son père, confirme Sylvain Marcuard, céréalier en Eure-et-Loir. Comme nous n’avons pas le même assolement, nous arrivons à planifier ses interventions en fonction des besoins de chaque employeur. C’est le salarié qui gère son emploi du temps, en lien avec le groupement : il est autonome et connaît bien le travail à réaliser sur chaque exploitation. »

Déléguer les formalités administratives liées à l'embauche d'un salarié

N’ayant jamais embauché quelqu’un, le jeune agriculteur apprécie de déléguer toutes les formalités administratives liées à la gestion des ressources humaines à un service spécialisé. Et concernant les missions à confier à son salarié en période creuse, l’employeur projette de profiter de l’hiver pour effectuer les réparations et entretiens courants, notamment du matériel et des bâtiments.

Dénicher des talents

Depuis quelques années, les groupements d’employeurs se sont emparés d’une autre mission pour soulager les exploitants agricoles : organiser tout le processus de recrutement. Et pour cela, ils n’hésitent pas à recourir à des techniques utilisées par les recruteurs de grandes entreprises en étant proactifs et innovants. « Nous diffusons des annonces sur différents créneaux de communication, explique Delphine Vilarinho, de Pluralis. Nous misons aussi beaucoup sur les partenariats, notamment avec France Travail ou Cap emploi, en participant à des évènements comme les forums pour l’emploi. Nous intervenons dans les missions locales qui s’adressent aux jeunes de 18 à 25 ans pour parler du métier de salarié agricole et déconstruire les idées reçues. » Ainsi, Pluralis s’est saisi d’un phénomène qui prend de l’ampleur : recruter des personnes qui ne sont pas issues du milieu agricole. « Un de nos salariés, boulanger de formation, s’épanouit désormais dans le secteur des grandes cultures », illustre Delphine Vilarinho.

Qu’entend-on par groupement d’employeurs ?

Les groupements d’employeurs constituent un maillon essentiel de la main-d’œuvre en agriculture. Ils sont constitués sous forme associative et ont pour objet la mise à disposition de salariés au sein d’entreprises adhérentes. Par exemple, chez Pluralis dans le Loiret, les principales missions sont de répondre aux besoins de main-d’œuvre des adhérents, et de pérenniser les emplois saisonniers et précaires, en misant sur le collectif et la complémentarité des besoins afin d’additionner des temps partiels récurrents pour créer des CDI. Les groupements d’employeurs peuvent permettre de recruter des salariés pour la production, mais aussi pour des fonctions dites « de support », comme le secrétariat.

Les plus lus

<em class="placeholder">Sébastien Legrand, agriculteur à Couvertpuis (Meuse)&quot;Avant le semis d’automne, il est très rare d’avoir recours au glyphosate. Je remplace cet herbicide par un ...</em>
Glyphosate : « Je remplace l’herbicide par des passages de vibroculteur avant semis sur mon exploitation dans la Meuse, avant tout pour des raisons environnementales »

Agriculteur à Couvertpuis (Meuse), Sébastien Legrand utilise le glyphosate comme une solution de secours quand les conditions…

<em class="placeholder">hangar agricole. entrepôt de matériel et stockage du grain à la ferme. silos. silo. récolte de céréales. machines agricoles. équipement. Calvados.</em>
Attention aux changements de destination des hangars agricoles
Le stockage à la ferme pour des tiers peut s’avérer rentable mais aussi risqué en cas de bail rural et impactant fiscalement.
<em class="placeholder">Philippe Brousse, conseiller transition énergétique à la chambre d’agriculture de la Dordogne.</em>
Photovoltaïque : « Avec les nouveaux tarifs d’achat de l’électricité, il faut des projets sur bâtiments de plus de 100 kWc pour espérer une rentabilité »

Philippe Brousse est conseiller transition énergétique à la chambre d’agriculture de la Dordogne. Il explique les conséquences…

<em class="placeholder">Contrôleur et agriculteurs devant un pulvérisateur.</em>
Aides PAC : Comment sont sélectionnées les exploitations contrôlées ?

Chaque année une partie des exploitations demandeuses d’aides PAC font l’objet de contrôles. Réalisés sur pièces ou…

Glyphosate : « Les conditions permettent souvent de me passer de l’herbicide et de le remplacer par des destructions mécaniques des adventices »

Agriculteur à Issoncourt (Meuse), Xavier Bazart utilise au minimum les produits phytosanitaires. Il est dans une démarche…

<em class="placeholder">Antonin Ayrault agriculteur à Rives-d’Autise, en Vendée, dans un champ de colza, avril 2026</em>
Installation : « J'ai pris un an de réflexion pour bâtir mon projet et m'installer dans de bonnes conditions sur l'exploitation familiale en Vendée »
Antonin Ayrault s’est installé sur la ferme familiale à Rives-d’Autise, en Vendée, le 1er janvier 2026. Il…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures