Aller au contenu principal

Importations records de grains : pourquoi la Chine met le feu au marché

L’appétit chinois semble insatiable. Les importations de grains s’envolent depuis plusieurs mois, particulièrement en blé et en maïs. Cette demande gargantuesque contribue à la hausse des prix, et profite notamment aux céréales françaises.

 la reconstitution du cheptel porcin, mis à mal par la fièvre porcine en 2018-2020, est l’une des principales explications à l'emballement des importations de la Chine. © Infographie Réussir
la reconstitution du cheptel porcin, mis à mal par la fièvre porcine en 2018-2020, est l’une des principales explications à l'emballement des importations de la Chine.
© Infographie Réussir

Moteur haussier pour les prix

L’ampleur des importations chinoises a déjoué tous les pronostics depuis quelques mois. Là où se profilait un marché mondial en surpoids pour l’orge et le maïs, c’est finalement une situation tendue qui se dessine en raison de l’appel d’air de la Chine. Ces importations massives constituent l’un des éléments de la hausse des prix constatée depuis le printemps 2020 pour les céréales, mais aussi pour le soja.

Explosion de la demande animale

L’opacité du marché chinois complique l’analyse, mais il est probable que la reconstitution du cheptel porcin, mis à mal par la fièvre porcine en 2018-2020, est l’une des principales explications. Cette recapitalisation engendre une brutale augmentation du nombre de têtes à nourrir, et une restructuration du secteur, qui s’industrialise. Les petites unités disparaissent au profit de plus grandes ayant massivement recours aux aliments composés.

Mauvaises récoltes

Les récoltes de blé et de maïs ont été mises à mal par une météo catastrophique (typhons et inondations). Probable également que la Chine prenne ses précautions face à la crise sanitaire, comme d’autres pays très peuplés aux ressources réduites : sécuriser l’accès aux matières premières est capital. L’une des grosses interrogations demeure l’état réel des stocks de grains chinois. Quelles quantités ? Quelle qualité ? Secret d’État !

Des inondations intenses en Chine ont dévasté des milliers d'hectares de cultures encore sur pied, souligne ce tweet.

La France se frotte les mains

Le blé et l’orge français bénéficient à plein de la demande chinoise. Malgré la petite récolte tricolore en blé, 1,6 million de tonnes (Mt) avaient déjà été chargées pour la Chine entre le 1er juillet 2020 et mi-janvier 2021 : du jamais vu ! Le même volume était reporté pour l’orge française, qui a ainsi pu profiter d’une prime face à ses concurrentes. Peu d’origines disposent en effet des certificats nécessaires pour exporter vers la Chine.

Retournement de situation pour le maïs

La campagne 2020-2021 s’annonçait très morose pour le maïs du fait de la prévision d’excédents mondiaux, mais la Chine a rebattu les cartes. Le pays importe habituellement 3 à 5 Mt de maïs par campagne. En 2019-2020, ce chiffre s’est brutalement hissé à 7,6 Mt, et les compteurs s’affolent plus encore cette année : l’USDA prévoit des importations de 17,5 Mt, et des analystes avancent le chiffre de 20 Mt !

Les plus lus

© Groupe Safer
Les terres agricoles, toujours objet de convoitise
Agriculteurs, promoteurs, investisseurs… La terre agricole reste convoitée. Malgré l’arrivée sur le marché de parcelles liée aux…
Dans de nombreuses régions, les niveaux élevés d’évapotranspirations affectent déjà les potentiels. © Jérôme Chabanne
Sécheresse  agricole : le mal est-il déjà fait pour les cultures ?
Le déficit de pluviométrie est d’ores et déjà critique pour les cultures en place dans le sud de la France et dans les terres…
Les engrais minéraux représentent 40% des émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole.  © C. Baudart
Loi Climat : une nouvelle taxation des engrais pour 2024 ?
Parmi les mesures phare du projet de loi « Climat et résilience » : la taxation des engrais azotés. Cette dernière est envisagée…
S’agrandir ou consolider une structure d’exploitation est un objectif prioritaire pour nombre d’agriculteurs © C. Baudart
Foncier agricole : se poser les bonnes questions avant d’acheter
Pouvoir acheter du foncier est une chance. Mais c’est aussi un projet qui peut peser sur votre trésorerie au quotidien. Comment…
Des exploitants à titre individuel anticipent parfois leur fin de carrière en créant une SCEA dans laquelle est intégré dès le départ le repreneur. © C. Baudart
Foncier agricole : les raisons du succès des cessions de parts sociales
Les cessions partielles de parts sociales de société sont aujourd’hui un moyen simple et sûr de céder son entreprise agricole. Le…
L’artificialisation continue de prélever des terres agricoles
L’artificialisation des sols continue de grignoter les terres agricoles. Elle se chiffre en milliers d’hectares chaque année mais…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures