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Céréales / Débouchés
Les chartes de production Irtac-Arvalis intéressent les industriels

Les groupes de producteurs qui adhèrent aux chartes de production Irtac-Arvalis disposent de la marque «  Céréales de France  ». Cette démarche qualité permet de reconnaître et promouvoir les bonnes pratiques dans les filières céréalières. Ce qui intéresse certains industriels de l´agroalimentaire.


Des industriels de l´agroalimentaire, tels Lu (filiale de Danone), East Balt (le boulanger de McDonad´s), les Grands Moulins de Paris ou encore Malteurop et Kronenbourg étaient présents lors du colloque organisé par Arvalis au Sima. Tous affirment que les chartes Irtac-Arvalis ont gagné leurs galons au sein des filières en répondant à l´objectif : « constituer un référentiel unique national pour servir de socle aux cahiers des charges ». Témoignages de trois d´entre eux.

Kronenbourg souhaite une « orge la plus régulière possible »
« Nous voulons que nos fournisseurs nous certifient leur marchandise ; qu´ils soient responsables de ce qu´ils nous livrent. Nous voulons également que les agriculteurs producteurs de nos matières premières ne polluent pas l´environnement ». Voilà résumées par Gilbert Bauer, de Kronenbourg, les raisons pour lesquelles le leader de la bière sur le marché français exige la traçabilité en interne et pour ses fournisseurs. Le marquage de chaque pack, boîte, bouteille ou fût indique les références permettant de remonter la chaîne. « En vingt minutes, nous sommes en mesure de retrouver le lot de matière première utilisée et tous les paramètres du process industriel ». En amont, le malteur se doit d´assurer la traçabilité de l´orge au malt. « Aujourd´hui nous collectons 500 000 tonnes d´orges de brasserie sous charte Irtac-Arvalis », précise Daniel Huvet, directeur général de Malteurop s´exprimant au côtés de Daniel Bauer.

Dans la filière brassicole, les malteurs ont intégré depuis longtemps la nécessité de garantir la matière première qu´ils fournissent à leurs clients. Car « le capital le plus important des brasseurs tels Kronenbourg, c´est leur marque. L´enjeu de la sécurité alimentaire est crucial vis-à-vis de telles marques mondiales à forte notoriété », insiste Daniel Huvet. Pour autant celui-ci défend un pragmatisme de terrain. « Il est hors de question que toutes les fiches d´enregistrement parcellaire remontent chez Malteurop ni de recruter des armées de contrôleurs. La qualité est basée sur la confiance et l´adhésion à un contrat de progrès ».

Un socle commun de qualité agricole chez McDonald´s
« En 1980, la qualité était synonyme de couleur uniforme, de régularité, de symétrie des produits. Quinze ans plus tard, elle a évolué vers l´exigence de garanties sur la sécurité alimentaire. Depuis le début des années 2000, on est passé à l´ère de la traçabilité et de la garantie de pratiques agricoles  », explique Catherine Choquet chez McDonald´s. L´enseigne de restauration rapide qui s´approvisionne auprès des principales filières agricoles françaises (viande, céréales, pomme de terre) a bâti son « socle commun de qualité agricole » sur cinq principes : la traçabilité, la maîtrise de la sécurité du produit, le respect de l´environnement, le bien-être animal et des exigences internes spécifiques - pas d´OGM, pas antibiotiques ni d´activateurs de croissance.
East Balt, fournisseur exclusif de son unique client McDonald´s, produit 2 100 000 petits pains par jour soit une consommation annuelle de près de 20 000 tonnes de farine par an. L´industriel s´approvisionne majoritairement en origine française et allemande dont l´intégralité est tracée et répond au socle commun maison.

Pour une part encore faible de ses approvisionnements, l´industriel a étendu sa démarche qualité en y intégrant la charte Irtac-Arvalis. « Nous avons constitué un pont entre la charte et le socle minimum de McDonald´s », explique Chrystel Bogiraud d´East Balt. « Un organisme stockeur engagé dans la charte est directement reconnu comme satisfaisant à notre socle sous réserve d´avoir contrôlé en interne neuf points supplémentaires qui nous sont spécifiques ».
Le choix de s´appuyer sur la charte est pragmatique. « Celle-ci est intéressante à plusieurs titres. Elle recense les bonnes pratiques agricoles ; elle est reconnue sur le plan technique par les producteurs et elle est cohérente avec le référentiel &quote;Agriculture Raisonnée&quote; ».
East Balt et McDonald´s se montrent par ailleurs ouverts sur les cahiers de charges. Ils ont notamment revu leur position sur l´exigence de semences certifiées. « Nous nous sommes rendu compte que les agriculteurs utilisateurs de semences fermières sont capables de prouver leur origine et de certifier la variété. Dans ces conditions, l´exigence de semences certifiées ne nous paraît pas indispensable ».
©E. Baratte


La charte garante du respect de l´environnement pour Lu
La coopérative Val France, dans l´Oise, les Grands moulins de Reims et les biscuiteries Lu ont lancé une opération pilote combinant la qualification d´exploitations dans la démarche Qualiterrer, l´application de la charte Irtac-Arvalis sous Agriconfiancer et la mise en place d´un système de traçabilité.
« Nous avons ciblé notre démarche sur l´environnement dans une dimension durable. Nous ne voulions pas considérer cette démarche comme une vitrine, une opération publicitaire », expliquent Philippe Boeda, de Val France, et Jean-Yves Dupré, de Danone, maison mère de Lu.
Dix-huit agriculteurs du bassin versant d´une rivière, la Nonette, se sont engagés dans le respect de cet ensemble de cahiers des charges « que nous avons harmonisés pour éviter la multiplication des procédures », souligne Philippe Boeda.

Cette opération a permis à la coopérative de mettre en place de nouvelles compétences pour faciliter « l´extension des bonnes pratiques environnementales auprès de nos adhérents, de tester les référentiels. D´un premier bilan, il ressort que la majorité des agriculteurs peuvent répondre à la charte Irtac-Arvalis alors que la qualification Qualiterrer demande davantage de temps pour être en conformité. A l´avenir, la traçabilité et les codes de bonnes pratiques sont appelés à se généraliser à l´ensemble de notre bassin de collecte. Mais, progressivement, en lien avec la demande de nos clients ». Pour Danone, l´intérêt de cette opération est multiple : répondre à l´attente de son aval et conforter l´image de la société vis-à-vis de sa responsabilité environnementale, tester les différents référentiels existants, appréhender les contraintes des agriculteurs, expérimenter les bonnes méthodes sur le terrain. « Lu utilise 100 000 tonnes de céréales par an. Progressivement nous pourrons passer l´ensemble de nos approvisionnement dans le cadre des chartes », indique Jean-Yves Dupré.
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