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Une rentabilité difficile à atteindre. C'est ce qui ressort d'une étude économique sur le fonctionnement des unités de méthanisation agricoles. Les agriculteurs méthaniseurs dénoncent des contraintes excessives.
Excédent brut d’exploitation, coûts constatés, frais généraux, capacité à rémunérer le travail des exploitants, tout y passe… L’association des méthaniseurs de France (AAMF) a réalisé une étude pour mettre en garde contre certains communiqués trop optimistes, déplorer une rentabilité difficile. La complexité de la réglementation et la fiscalité inappropriée, font aussi partie des écueils. Les provisions indispensables pour reconstituer la trésorerie, pour anticiper le remplacement de matériel et pour constituer des stocks de matières semblent souvent sous-estimées. « Les conclusions de l’étude font apparaître des résultats nets quasiment nuls, on ne fait que payer le salarié. C’est très préoccupant", s’inquiète Philippe Collin, responsable du groupe économie de l’AAMF. Pour Alain Guillaume, président, "si le digestat ne trouve pas de statut, le plan EMAA n’a aucun avenir ». Les digestats ont actuellement le statut de déchet mais l’association demande une reconnaissance. Les digestats belges sont homologués et épandus sur les terres françaises sans contraintes de plan d’épandage.
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« S’il n’y a pas d’amélioration des conditions, nous n’encouragerons pas nos collègues agriculteurs à se lancer », confie Philippe Meinrad, agriculteur méthaniseur en Alsace. La fiscalité aussi est pénalisante : les taxes foncières et la cotisation foncière des entreprises sont calculées en fonction du montant des immobilisations. « C’est une aberration, nous n’amortissons pas nos installations sur la même durée que le font les industriels mais sommes soumis à la même fiscalité », conclut Odile Deshayes de l'AAMF.
En dernier lieu, on note des incohérences comme la non prise en compte dans le calcul du tarif de rachat, de la valorisation de chaleur en remplacement de chauffage électrique, ou si la chaleur vient fournir un besoin nouveau. Si le gouvernement veut atteindre son objectif de 1 500 méthaniseurs en 2020, il va falloir que les choses changent !
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