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Marché des céréales
Le blé dur français ne remplace pas l´italien

Alors que la production italienne est en chute sensible et celle de la péninsule ibérique sinistrée, le blé dur français trouve ses débouchés supplémentaires en Algérie et au Maroc.


Avec une production record depuis deux ans, des surfaces encore en hausse en 2006(1), et des exportations vers l´Afrique du Nord en fort développement, le blé dur a sans conteste le vent en poupe en France. La question est de savoir si cette dynamique est durable et fut posée en ces termes au colloque Arvalis du 19 janvier.
Le blé dur français parviendra-t-il à conserver les positions conquises à l´exportation et à se positionner pour combler le déficit italien ? « A deux millions de tonnes, la production est stable par rapport à celle de 2004 mais d´un niveau jamais atteint. Les utilisations se partagent en trois tiers entre la semoulerie intérieure, le marché communautaire et l´export sur le Maghreb », résume Bruno Hot, directeur général de l´Onic. Sur les dernières campagnes, la filière française tire parti de récoltes abondantes, de ses efforts de qualité et d´une conjoncture très favorable marquée par un retrait relatif du Canada.
©Source : Onic

Ne pas crier « cocorico » prématurément
Paradoxalement, alors que les surfaces italiennes sont en recul sensible et les récoltes de la péninsule ibérique sinistrées, les ventes françaises dans l´Union européenne s´affichent à la baisse. Le blé dur français trouve ses débouchés supplémentaires essentiellement en Algérie et au Maroc. Pour l´Onic, l´explication tient à des questions de qualité. « Sur le Maghreb, nous sommes beaucoup plus compétitifs que les Canadiens ou les Américains du fait de la proximité et meilleurs en qualité », analyse Bruno Hot. En revanche, « l´Italie importe encore beaucoup du Canada et des Etats-Unis ».
« En Italie, nous cherchons au maximum un approvisionnement local autour de nos usines. Pour assurer la régularité qualitative de nos pâtes, nous réalisons des importations techniques pour des qualités spécifiques », explique Cesare Ronchi, responsable des achats pour l´Europe de Barilla, numéro un mondial des pâtes. Un segment de qualité manifestement plutôt nord-américain.

Au Maroc, le coucous est omniprésent dans l´alimentation de base. La production locale, très dépendante de la météo de l´année, « est autoconsommée par la population des campagnes. La semoulerie du point de vue industriel est un métier récent et représente 90 % des importations », explique Olivier Pioux, directeur de production de la Grande Semoulerie du Maroc. Il n´empêche que le consommateur est très connaisseur et exigeant. « Les Marocains connaissent bien toutes les origines de blés. Pour le couscous, la couleur est capitale. » Il reconnaît que la qualité française s´est très nettement améliorée depuis deux ans « mais il ne faut pas crier cocorico prématurément. Sur ce terrain, les Canadiens restent largement devant nous ». Partageant le même avis que Cesare Ronchi, il ajoute qu´en l´absence de grading, c´est-à-dire d´une grille de qualité avec des définitions précises, l´origine française manque de lisibilité pour les acheteurs internationaux. « Quand j´achète un grade canadien, je sais ce que j´achète. Les Français privilégient l´aspect vériétal. Quand j´achète un lot français, je dois demander au préalable un échantillon. »
Les usages français résultent du travail réalisé en filière, des obtenteurs aux fabricants de pâtes. « Le grading c´est bien mais, pour nous, la collaboration étroite au sein de la filière est le moyen le plus efficace pour mener nos politiques de qualité et de traçabilité », considère Jean-Victor Bregliano, du groupe Panzani.
Reste qu´en face d´un marché intérieur stagnant parce que mature, les perspectives nouvelles de débouchés se situent à l´export. « Le bilan européen est structurellement déficitaire rappelle Cesare Ronchi. « Même quand la production est importante, les importations le sont aussi, en particulier en Italie. A côté des meilleurs grades canadiens, il y a de la place pour les qualités intermédiaires comme le blé dur français ». Mais Cesare Ronchi plaide pour une plus grande fluidité du marché avec un système de grading européen « permettant de parler le même langage », des lots homogènes « comme savent le faire les Canadiens » et une logistique plus efficace, notamment par le train.

(1) De source Onic, les semis 2005, à 450 000 hectares, sont en progression de 6 %.
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