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Le binage assure quand la météo le veut bien

En betteraves, il est possible de biner plus tôt qu’à l’habitude grâce à des outils plus rapides et avec le recours de moulinets. En jeu : la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires.

C’est traditionnel. Le binage est utilisé en fin de période de désherbage des betteraves pour compléter l’action des désherbants chimiques, remarque Cédric Royer, responsable machinisme de l’ITB. Mais aujourd’hui, nous expérimentons des binages beaucoup plus tôt pour limiter les traitements chimiques. » Jusqu’à la moitié des betteraviers utilisent leurs bineuses selon les conditions météorologiques.

Les planteurs de betteraves réalisent en moyenne quatre à cinq traitements herbicides pour couvrir la période allant jusqu’au recouvrement du sol. Pour l’ITB, il est nécessaire de répondre à la demande sociétale de baisse des produits phytosanitaires, mentionnée dans le Grenelle de l’environnement. Mais uniquement lorsque cela est possible. Et sans compromis sur la propreté ! La betterave, culture exigeante, ne tolère aucune concurrence avec les adventices. Un chénopode par mètre carré réduit le rendement de 3,7 tonnes/hectare. De même une ravenelle au mètre carré le diminue de 2,2 tonnes/hectare.

"Nous cherchons à remplacer deux traitements chimiques par deux passages mécaniques en travaillant sur le rang des betteraves, présente Cédric Royer. Le remplacement d’un traitement chimique par un passage mécanique comme la bineuse peut être une première étape et cela permet une baisse de l’IFT (indicateur de fréquence de traitement) de 15 à 20 %. Pour diminuer de deux traitements, soit une diminution de l’IFT de 40 à 50 %, il faudra ajouter des moulinets à la bineuse ou utiliser d’autres équipements tels que la houe rotative, la herse Treffler ou avoir recours au désherbage localisé sur le rang."

Des équipements pour améliorer la bineuse, des moulinets, une caméra...

Dans les essais ITB, menés depuis sept ans, le passage d’une bineuse équipée de moulinets donne les meilleurs résultats techniques. Il s’effectue souvent après deux passages chimiques, avec des betteraves à partir du stade « 4 feuilles » vraies.

Autre évolution sur les bineuses, l’installation de caméra. Cette technique permet de réaliser le passage avec une seule personne et non deux comme avant. Et surtout, de pouvoir réaliser un binage à 12 kilomètres/heure, soit deux fois plus vite que les anciennes bineuses. « Attention prévient Cédric Royer, la caméra détecte le vert de la ligne de betteraves. Il ne faut pas qu’il y ait trop d’adventices développées hors du rang. » Les bineuses équipées de traces permettent également un bon travail avec une vitesse élevée (12 km/h).

Pour débuter le désherbage mécanique sur le rang, l’ITB conseille de démarrer au stade « 4 feuilles » vraies des betteraves, sur une parcelle propre. Soit après les deuxième et troisième passages herbicides afin que la sélectivité pour la betterave soit bonne. Il faut par ailleurs travailler sur des adventices au stade cotylédon. "Il n’y a pas de rattrapage en betterave" avertit Cédric Royer, ou alors très limité. Si les conditions le permettent, il est alors possible de passer deux ou trois fois avec une bineuse à moulinets, jusqu’au stade « 12-14 feuilles » des betteraves. En fait, le remplacement d’un traitement chimique par un mécanique se fera d’autant plus facilement que la parcelle est propre. Par contre, si les conditions météorologiques ne le permettent pas, il faut repasser immédiatement au chimique. Par exemple, en Picardie il faut deux jours de temps séchant (soleil et/ou vent sec) ou au moins quatre jours sans pluie. Sinon, les risques de repiquage de certaines plantules s’avèrent trop importants. En sol séchant ou sol de craie, comme en Champagne, le binage se montre beaucoup plus simple qu’en sol argileux.

Des coûts de matériels supplémentaires à ne pas négliger

Reste que le coût du matériel pèse. Une bineuse 12 rangs coûte autour de 25 000 euros, dont 6000 euros de moulinets. L’équipement d’une caméra nécessite 5000 euros de plus. Par ailleurs, la technique est très dépendante des conditions météo. Les années 2013 ou 2014, où le chimique fonctionnait très bien, le mécanique a eu peu d’efficacité. Au contraire des années au printemps sec, comme 2011, où le mécanique fonctionnait mieux que le chimique. Autre point à intégrer : les journées longues et ensoleillées de juin permettent d’intervenir plus facilement qu’en mai où le sol se ressuie plus lentement. Au stade « 4-6 feuilles », les fenêtres d’intervention sont beaucoup plus courtes.

Au final, l’ITB estime que remplacer deux désherbages chimiques par deux mécaniques est légèrement moins coûteux que quatre passages chimiques. L’institut technique s’intéresse à élargir le désherbage mécanique à d’autres outils que les bineuses. Ces nouveaux matériels seront à l’honneur à Desherb’Avenir IV à Tourny dans l’Eure en mai 2015.

Le guidage RTK efficace sur le plat

Pour le guidage d’une bineuse, le signal RTK est une solution qui fonctionne bien mais pas adapté dans les dévers car la console de guidage s’adapte au passage du tracteur et non à celui de la bineuse. Adapter une console de guidage sur la bineuse coûterait trop cher. La vitesse du binage avec guidage RTK oscille de 6 à 10 kilomètres/heure. Autre impératif de cette technique, il faut semer et biner avec la même console RTK.

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