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L’augmentation des charges pèse fort sur les trésoreries

Au travers de son indice Ipampa(1), l’Insee relève une hausse quasi généralisée des prix des moyens de productions agricoles entre 2010 et aujourd’hui. Ce sont les prix des engrais et amendements qui ont connu la plus forte hausse : + 18 % sur cinq ans mais l’augmentation a parfois culminé à + 30 % sur la période. Les prix des semences et plants et du matériel agricole ont enregistré une augmentation assez linéaire, atteignant respectivement + 9 % et + 7 % en cinq ans. Les postes énergie et lubrifiants se trouvent au même niveau qu’en 2010 mais ils ont connu des augmentations significatives entre 2010 et aujourd’hui. Seuls les prix des produits de protection des cultures sont restés stables.

Au niveau de l’exploitation, le premier poste de charges reste la mécanisation. En Champagne-Ardenne, il atteint par exemple 350 à 600 euros par hectare. « En huit ans, les charges dans les exploitations de grandes cultures ont augmenté de 40 à 60 % », constate Nicolas Giraud, conseiller d’entreprise au Cerfrance Sud Champagne, sur des exploitations auboises et haut-marnaises.

Des décisions de gestion qui peuvent peser sur les charges

L’Ipampa ne fait pas état d’une telle hausse. C’est normal car il s’intéresse aux prix et non aux charges. Or certaines d’entre elles sont en partie liées à des décisions de gestion (investissements matériels notamment). Cette augmentation des charges a des conséquences visibles sur les soldes de trésorerie. Dans une exploitation céréalière de 175 hectares représentative du sud de la Champagne, elle est dégradée : - 11 600 euros de solde de trésorerie annuel en 2013, - 33 900 euros en 2014 et - 4 000 euros en 2015. Sur une ferme de 154 hectares avec 12 % de betteraves, la situation est moins mauvaise : + 6 100 euros en 2013, - 19 900 en 2014 et – 5 000 en 2015. Cela reste compliqué à gérer pour les exploitants. Ces difficultés ont conduit les intervenants du congrès de l’Association française de droit rural (AFDR) à demander les 9 et 10 octobre une révision de la fiscalité pour inciter les agriculteurs à faire des provisions plutôt qu’à investir dans du matériel. Il semblerait que les producteurs aient déjà pris conscience du problème : « Le poste mécanisation a atteint un niveau record à la suite d'investissements importants de 2012 et 2013, mais la courbe commence à s’inverser », note Nicolas Giraud.

(1) Indice des prix d’achat des moyens de production agricole

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