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Transport fluvial des céréales sur l’axe Saône-Rhône
La route du Sud en plein boom

D’ici 2015, le port de Marseille espère tripler son trafic d’exportations de céréales grâce à l’extension du silo portuaire des Tellines.

Des capacités de stockage multipliées par trois et un objectif de trafic à 1,5 million de tonnes. Un vent de dynamisme souffle sur le terminal des Tellines dans la zone industrielle de Fos-sur-Mer du port autonome de Marseille. De quoi accélérer le développement du transport des céréales sur l’axe formé par la Saône et le Rhône. À l’heure du pétrole cher, une logistique fiable et compétitive constitue plus que jamais le nerf du commerce céréalier. Un atout français qu’a voulu souligner l’OniGC en organisant sur place une journée à l’intention des importateurs espagnols et italiens de céréales, visiblement intéressés. « Même s’il est plus long, le transport par voie d’eau est un moyen fiable comparé aux aléas du fret ferroviaire », expliquait un meunier italien participant au voyage.Vers l’Italie, le fer et le maritime restent les deux principaux modes de fret depuis la France.

ENCORE DES MARGES DE PROGRÈS
L’Espagne est ravitaillée principalement par camions et par bateaux. Dans les deux cas, « les ports de la Manche, Rouen et Caen, restent prédominants pour le trafic céréalier », constate l’OniGC. Les marges de progrès restent donc importantes pour les ports de la Méditerranée, Fos, Port la Nouvelle et Sète, où un autre projet est en cours pour porter les capacités de stockage à 40000 tonnes. Inaugurées en 1998, il y a tout juste dix ans, les premières installations des Tellines comprenaient 20000 tonnes de stockage à plat et un quai de chargement, couplées à des embranchements fluviaux tels que celui de Pagny sur la Saône. Elles ont permis de développer cette nouvelle route du Sud pour servir les acheteurs de la Méditerranée, européens et du Maghreb.

UN QUAI SUPPLÉMENTAIRE
Au diapason de disponibilités exportables en retrait, le trafic transitant aux Tellines n’a concerné que 500000 tonnes de céréales en 2007, en retrait de 200000 tonnes par rapport au record de 2005. Malgré ce tassement d’activité, les céréaliers continuent d’y croire en programmant l’extension du silo à 60000 tonnes. Les travaux ont débuté en septembre pour une mise en service à partir de décembre 2009. De son côté, le port de Marseille va adapter le matériel de manutention. Avec notamment 400 mètres de bandes transporteuses pour connecter le silo à un quai supplémentaire (terminal Gloria). « Le site de Fos-sur-Mer a besoin d’être fiabilisé », souligne Robert Bilbot de Bourgogne Céréales. Pour le président de l’Union des coopératives céréalières parties prenantes dans le silo portuaire, dont la collecte s’étend en Franche-Comté, Bourgogne,Rhônes-Alpes et dans la zone du delta du Rhône(1), « la capacité actuelle est trop faible et le stockage limite les possibilités d’allotement. Il faut améliorer la fluidité du trafic en réduisant le temps d’attente des navires fluviaux ». Les eaux plus profondes du nouveau quai Gloria, permettront de charger des navires maritimes jusqu’à 25 000 tonnes. L’actuel quai des Tellines sera alors affecté au seul déchargement des bateaux fluviaux. Actuellement, ceux-ci doivent attendre lorsqu’un navire maritime est à quai.

ÉCONOMIQUE ET MOINS POLLUANT
En amont, le développement de l’activité céréalière de Fos-sur-Mer s’inscrit dans celui du trafic fluvial sur l’axe Saône- Rhône dont la croissance « est deux à trois fois supérieure aux chiffres nationaux depuis cinq ans », indique Voies Naviguables de France (VNF). « Sur l’objectif d’1,5 million de tonnes de trafic transitant par Fos, un million descendront par la Saône et le Rhône », pronostique Régis Martin, du port autonome de Marseille. Parmi les 6500 kilomètres de voie d’eau françaises, les 650 kilomètres de parcours sur la Saône puis le Rhône présentent un atout de taille: le grand gabarit. « La navigation y est possible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour des convois de 4 400 tonnes entre Pagny et Fos et de 1 000 tonnes sur le canal du Rhône à Sète », souligne Rachid Bioud, chargé de mission chez Voies Navigables de France. Sur cet itinéraire, les produits agricoles dont plus de la moitié des tonnages concernent des céréales, représentent 23 % du trafic. « C’est un fond de cale très important pour les transporteurs fluviaux », poursuit-il. Ce sont aussi des marchandises pour lesquelles ce mode de transport massif est adapté.De Lyon à Marseille, une tonne transportée ne demande qu’1,1 kilo d’équivalent pétrole par voie d’eau contre 4,4 en train diesel et 4,4 en camion. Elle génère l’émission de 6000 grammes de CO2 contre respectivement 13 800 et 24900 grammes. (1) Regroupées dans Cerevia au côtés de Granit et In Vivo.

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