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Herbicide : des contaminations par le prosulfocarbe constatées dans les jardins potagers de particuliers

L’association Générations Futures et la Fnab mettent en avant de récents résultats de contaminations par le prosulfocarbe de fruits et légumes dans des jardins de particuliers. Les organisations demandent le retrait de l’herbicide jugé « incontrôlable » dans sa gestion des risques de pollution.

<em class="placeholder">jardin potager / cueillette, récolte des légumes / haricots, salades / jardinage</em>
Les productions de jardins de particuliers ne sont pas à l'abri de contaminations par le prosulfocarbe, herbicide volatile utilisé en céréales.
© Gnis

Herbicide très utilisé en céréales, le prosulfocarbe est une molécule très volatile avec des règles d’applications strictes pour ne pas contaminer des cultures non-cibles à moins d’un kilomètre. Mais des contaminations de productions agricoles, biologiques en particulier, sont rapportées localement chaque année, sans conséquences sur les autorisations d’utilisations des herbicides à base de prosulfocarbe, au grand dam de la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) et de diverses associations environnementales.

Du prosulfocarbe au-delà des LMR dans 40 % d’échantillons de fruits et légumes de particuliers

Faute d’être entendus, Générations Futures et la Fnab tentent de porter l’affaire sur la scène des particuliers produisant des fruits et légumes dans leurs jardins. Le Groupement des agriculteurs bio du Loir-et-Cher (GABLEC) a réalisé une étude avec le concours de citoyens du département sur quinze sites. Des analyses ont été réalisées sur leurs productions potagères. Elles montrent la présence de prosulfocarbe sur les deux tiers des échantillons de fruits et légumes testés et un dépassement de la LMR (limite maximale de résidus) de cette molécule dans 40 % d’entre-eux. « Ces données confirment une pollution environnementale que nos organisations dénoncent sans succès depuis des années », communiquent les organisations.

Un retrait des autorisations de prosulfocarbe demandé

« Un pesticide à la diffusion environnementale aussi incontrôlable n’a plus sa place sur le marché français », juge François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, qui pointe également l’ancienneté des évaluations de la molécule. « Le dernier avis EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments, ndr) date de 2007 et contient des défaillances notamment dans l’évaluation des propriétés cancérigènes de la substance. » Actuellement, le prosulfocarbe n’est ni classé CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique) ni considéré comme perturbateur endocrinien sur la base des études européennes.

Pour autant, la Fnab et Générations Futures demandent « le retrait des autorisations de mise sur le marché des produits à base de prosulfocarbe et la mise en place d’une zone de sécurité minimale d’un kilomètre autour des habitations et des jardins potagers tant que la molécule reste autorisée. » François Veillerette demande également que « les produits de jardins et de vergers de particuliers soient pris en compte dans l’évaluation des risques des molécules pesticides en révisant le guide méthodologique de l’Efsa. »

Des pertes de plusieurs millions d’euros à cause des contaminations au prosulfocarbe

Les organisations réitèrent leur souhait de création d’un fonds national d’indemnisation pour les agriculteurs et les particuliers victimes des contaminations par le prosulfocarbe. En effet, la Fnab pointe du doigt l’absence d’indemnisations des producteurs touchés par la contamination de leurs productions qui se retrouvent non commercialisables. « Il est profondément injuste que les agriculteurs bio paient le prix de pollutions dont ils ne sont pas responsables », exprime Olivier Chaloche, co-président de la Fnab.

L’union de coopératives d’agriculture biologique Forébio et la Fnab ont recensé entre 2020 et 2022 les pertes financières de productions contaminées par le prosulfocarbe (en grande majorité du sarrasin) dans les coopératives. « Ces pertes se chiffrent à 600 000 euros, rapporte Félix Lepers, de la Fnab. On peut ajouter 70 000 euros pour l’année 2025 où un nouveau recensement a été réalisé par Forebio. » Plus largement et toutes productions confondues chez les agriculteurs bio, la filière estime à entre 1,5 million d’euros et 4,5 millions d’euros entre 2018 et 2025 les pertes de commercialisation de productions liées à la contamination au prosulfocarbe.

Le prosulfocarbe était la troisième molécule phyto la plus utilisée en France en 2023 (il n’y a pas de donnée plus récente), derrière le glyphosate et le soufre et son utilisation a été multipliée par deux ces huit dernières années.

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