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Fertilisation azotée : « Je fais des économies sur la solution azotée grâce à l’apport de digestat sur mes orges de printemps semée à l’automne dans l'Aube »

Agriculteur à Champfleury (Aube), Thomas Ployez gère la fertilisation azotée de ses orges brassicoles en composant avec les apports de digestat. Enjeu : de bons rendements tout en obtenant des teneurs en protéines dans les normes.

<em class="placeholder">Thomas Ployez, agriculteur à Champfleury (Aube),&quot;Depuis six ans que je sème toutes mes orges de printemps à l’automne, je n’ai pas connu de destruction par le gel.&quot;</em>
Thomas Ployez, agriculteur à Champfleury (Aube),"Depuis six ans que je sème toutes mes orges de printemps à l’automne, je n’ai pas connu de destruction par le gel."
© T. Ployez

« J’ai cultivé l’intégralité de mes orges de printemps avec un semis d’automne (OPSA) en 2024-2025, soit 165 hectares. Les semis ont été réalisés entre le 25 octobre et le 5 novembre, avec la variété RGT Planet. Le rendement a été de 102 q/ha en moyenne, avec un calibrage entre 90 et 95 et un taux de protéines entre 9,5 et 10 %. Ce dernier était un peu bas, mais il passait dans le cahier des charges de la production brassicole. Ces orges sont semées le plus souvent derrière une paille, avec le semis début août d’un couvert d’interculture composé de phacélie, de moutardes anti-nématode et d’Abyssinie. Le couvert est détruit début octobre, trois semaines avant le semis de l’OPSA. Pour ces couverts, le coût revient à 90 €/ha en additionnant semences, semis et broyage.

Le digestat d’un méthaniseur est épandu avant le semis de l’orge. L’OPSA est récoltée en juin avant le blé tendre, sur une période plus pratique qu’une orge semée au printemps récoltée après le blé. Depuis six ans que je sème toutes mes orges de printemps à l’automne, je n’ai pas connu de destruction par le gel. Seuls en 2023-2024, les semis n’ont pu être réalisés à cause des fortes pluies. Les besoins des OPSA sont souvent de 200 à 210 unités d’azote (U). Sans apport de digestat, le reliquat de sortie d’hiver est de 40 U. J’apporte donc 180 U fractionnés en deux passages à épi 1 cm et 1 nœud sur ces OPSA. J’apporte du soufre (30 U) avec la première application d’azote sous forme de thiosulfate d’ammonium. Les céréales ont besoin annuellement de 30 à 50 unités de cet élément.

Le digestat fournit de l’azote en laissant un certain niveau de RSH, ce qui permet de réduire les apports de solution azotée aux OPSA. C’est une économie en azote, mais les apports de digestat (prestataire) et de solution azotée s’avèrent plus coûteux au total (270 €/ha) alors que la fourniture de solution azotée à la dose complète sans digestat se situe à 180 €/ha. Le digestat apporte d’autres éléments (phosphore, potasse…) qui profitent aux cultures qui suivent, dont il faut tenir compte dans le calcul économique. Et je remarque que l’apport de digestat sur du long terme génère de meilleurs résultats en betterave et en pomme de terre que sur des champs sans ces apports. »

Avec 2 autres exploitations, assolement en commun sur 800 hectares : 200 à 250 ha de blé tendre, 200 d’OPSA, 150 de betterave sucrière, 100 de pomme de terre, 50 d’œillette, 50 de seigle en Cive suivi de tournesol en dérobé. Élevage porcin. Plan d’épandage sur un méthaniseur en cogénération (non-propriétaire).

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