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Eure-et-Loir : « J’ai trouvé des solutions sur-mesure pour redresser ma trésorerie avec l’aide d’un conseiller »

Pour sortir des difficultés de trésorerie, il n’y a pas de solutions toutes faites. Témoignage en Eure-et-Loir de Pierre-Jean Moïa, expert-conseil agricole à Fitagri-Fiteco, et d’un agriculteur qui ont travaillé de concert pour trouver des solutions sur-mesure.

<em class="placeholder">Tracteur agricole effectuant un travail du sol</em>
Sortir de difficultés de trésorerie structurelles implique souvent de prendre des décisions difficiles, mais nécessaires à la pérennité de l'exploitation.
© David San Segundo - stock.adobe.

Quand la situation de trésorerie se dégrade, les raisons sont souvent multifactorielles et propres à chaque exploitation. « C’est pourquoi il faut faire du sur-mesure », assure Pierre-Jean Moïa, expert-conseil agricole à Fitagri-Fiteco (Chartres). Il accompagne des agriculteurs pour les aider à trouver un chemin pour sortir leur exploitation de l’ornière. Récemment, il a accompagné un agriculteur installé en Eure-et-Loir, qui a souhaité garder l’anonymat pour témoigner.

Des difficultés personnelles et professionnelles

Depuis trois ans, des problèmes à la fois professionnels et personnels se sont cumulés, créant une situation de trésorerie très inquiétante. Un divorce faisant passer la surface de l’exploitation de 510 à 330 hectares, des problèmes avec un salarié et plusieurs activités à gérer (deux ateliers de diversification et une ETA avec 200 ha en prestation intégrale) l’ont mis dos au mur. « Ça fait beaucoup pour un seul homme », confesse cet entrepreneur dans l’âme.

Un plan de trésorerie mis en place

Face aux incidents de paiement à répétition et aux retards de facture, un audit des dettes et des créances a été effectué sur demande de la banque. Il s’est accompagné de la mise en place d’un plan de trésorerie qui a permis à l’agriculteur de se réapproprier ses chiffres avant de se rendre au rendez-vous bancaire en juin 2025. « C’est très important, cela donne de la crédibilité au projet », assure Pierre-Jean Moïa.

Une restructuration des dettes sur huit ans a été engagée (regroupement de plusieurs prêts dont les taux étaient pour certains peu avantageux). La mise en route de ce nouveau crédit est prévue début novembre. La manœuvre doit permettre de récupérer 100 000 euros pour renflouer la trésorerie, notamment pour payer les fournisseurs. Autre aspect remis à plat, l’agriculteur a clarifié les facturations entre l’EARL et l’ETA qui n’étaient pas toujours effectuées, entraînant des difficultés au niveau de l’ETA qui supporte les prêts pour le matériel. Il a fait en outre le choix d’abandonner des prestations peu rémunératrices et chronophages pour se recentrer sur les plus rentables. L’agriculteur s’est séparé d’une partie du matériel calibré pour une exploitation plus importante (télescopique et semoir). « Avant d’aller vers des situations dramatiques, il existe des outils et des méthodes pour prendre de la hauteur, assure-t-il. Il faut ensuite savoir tirer les conclusions et respecter son plan d’action. »

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