Ergot des céréales : une gestion obligatoire au silo
Si de l’ergot est présent sur épi avant moisson, les agriculteurs qui stockent doivent être particulièrement attentifs, comme ceux qui conservent leur blé pour faire de la semence. Béatrice Orlando, ingénieur recherche et développement qualité des grains chez Arvalis, recommande de multiplier les points de prélèvement dans la benne (3 à 4) pour constituer un échantillon représentatif et évaluer l’importance de la contamination. « L’échantillon, qui va être analysé visuellement, doit être d’un kilogramme de grains. En dessous, l’erreur d’échantillonnage devient trop importante. »
Les agriculteurs stockeurs sont souvent équipés d’un nettoyeur séparateur. Il permet généralement de réduire la présence de sclérotes de 40 à 45 %, « à condition que les réglages soient bien adaptés », énonce Béatrice Orlando. Si les teneurs sont supérieures au seuil réglementaire (0,2 g de sclérote par kg de grains), le lot devra être trié à façon par un prestataire. « Les tables densimétriques permettent d’éliminer la quasi-totalité des sclérotes, ceux-ci étant moins denses que le grain. Il en reste généralement moins de 1 % », précise-t-elle. Cette opération a toutefois un coût pour l’agriculteur, avec un débit limité et des pertes de matière.
Des outils performants pour trier la récolte
Pour ceux qui ne stockent pas, il est important d’informer rapidement son collecteur, afin qu’il puisse identifier le lot et le nettoyer. Les organismes stockeurs sont équipés des outils nécessaires, le plus souvent de nettoyeurs séparateurs et parfois de trieurs optiques. « L’efficacité de ceux-ci atteint 95 à 99 %, mais le débit est plus faible et ces équipements sont plus rares et pas disponibles partout, ce qui peut entraîner des contraintes logistiques et donc financières », souligne Béatrice Orlando.
Chez Axéréal, coopérative qui collecte dans une grande région Centre, le service qualité des céréales a mis en place une procédure stricte : « Lors de la réception des grains, des contrôles visuels sont réalisés systématiquement. Tout lot non conforme est alors identifié, tracé et orienté vers un circuit approprié. Selon le cas, nous pouvons procéder à un travail du grain, ou décider de flécher le lot vers une autre destination que son marché initialement prévu. » Dans les cas de contamination très élevée, les lots peuvent être orientés vers la méthanisation, le digestat permettant de dégrader les sclérotes, précise Béatrice Orlando. En cas de présence d’ergot à la récolte, les conséquences financières, liées au coût des opérations de nettoyage, dépendent de chaque organisme stockeur, qui peut appliquer des réfactions de prix.