Guerre au Moyen-Orient
Envolée du prix GNR et des engrais : les « mesurettes » du gouvernement jugées « hors sol » par les filières grandes cultures, en colère
Face à la flambée des prix du gazole non routier (GNR) et la hausse des engrais, conséquences de la guerre au Moyen-Orient, les « annonces » faites par le gouvernement le 23 mars aux agriculteurs ne passent pas. Les associations spécialisées en grandes cultures de la FNSEA dénoncent « un insoutenable déni » face à la réalité vécue par les exploitations agricoles.
Face à la flambée des prix du gazole non routier (GNR) et la hausse des engrais, conséquences de la guerre au Moyen-Orient, les « annonces » faites par le gouvernement le 23 mars aux agriculteurs ne passent pas. Les associations spécialisées en grandes cultures de la FNSEA dénoncent « un insoutenable déni » face à la réalité vécue par les exploitations agricoles.
« Alors que l’Espagne vient d’annoncer un plan de soutien de 552 M€, et la Grèce de 300 M€… En France, le Gouvernement, par la voix de la ministre de l’Agriculture, vient d’annoncer la mise en place de mesurettes déjà existantes : ce gouvernement est-il à ce point déconnecté de la réalité vécue sur nos fermes depuis trois ans ? Nous courons à la catastrophe ! », écrivent l’AGPB, l’AGPM, la CGB, la FOP et l’UNPT dans un communiqué en date du 24 mars.
Le gouvernement accusé d’enfoncer les agriculteurs « dans une spirale d’endettement sans fin »
« Après trois années de revenu négatifs, les plus bas toutes filières agricoles confondus, que peuvent nous apporter un report des cotisations sociales, des prêts carburants court terme, si ce n’est nous enfoncer davantage dans une spirale d’endettement sans fin ? » poursuivent les associations spécialisées en grandes cultures de la FNSEA, selon qui « de telles mesures hors sol sont bien loin d’être à la hauteur des enjeux pour [les] exploitations agricoles, déjà en situation critique ».
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Halte aux effets d’annonces et place à l’action immédiate face au doublement du GNR et à l’envolée des prix des engrais
Les organisations rappellent qu’en tout juste trois semaines, le gazole non routier (GNR) a bondi de 100%, et affirment que les engrais ont vu leurs prix augmenter de 80% en deux ans et de 20% depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Lire aussi : Comment évolue le prix du GNR avec la guerre au Moyen-Orient ?
Les associations spécialisées en grandes cultures dénoncent « les multiples déclarations et effets d’annonces des pouvoirs publics » et demandent à l’Etat de passer à l’action immédiate avec « levée des taxes et surtout un véritable plan d’urgence à la hauteur des enjeux de production pour notre souveraineté et sécurité alimentaire ».
Cette déclaration intervient après les réactions des Jeunes agriculteurs et de la FNSEA qui ont également fait preuve de leur mécontentement le 24 mars après les annonces du gouvernement.
🚨 GNR +100 % en 3 semaines, engrais en flambée continue : les filières de grandes cultures tirent la sonnette d’alarme.
Face aux annonces insuffisantes du gouvernement, nous demandons des mesures immédiates pour éviter l’effondrement de nos exploitations !
📰… pic.twitter.com/7JRfCpZFab— UNPT 🥔 (@UNPT_FRANCE) March 24, 2026
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« Aucun chèque général ne sera utile » répond Sébastien Lecornu
Interrogés par plusieurs députés sur le sujet des hausses de prix liés à la guerre au Moyen-Orient qui frappent notamment la filière agricole, les membres du gouvernement se sont contentés le 24 mars devant l’Assemblée nationale (lors des questions au gouvernement) d’affirmer « ne pas vouloir faire des propositions démagogiques qui seront payées par le contribuable ». Et de répéter « il n’y a pas d’argent magique ».
« Aucun chèque général ne sera utile, sinon derrière il y’aura de l’impôt » a notamment déclaré Sébastien Lecornu qui organise ce 26 mars une réunion de ministres sur l’économie de guerre.