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Entreprises de travaux agricoles (ETA) : « Les conditions de 2025 nous ont permis de relever notre chiffre d’affaires »

Après cinq années de crise, la fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) présente une année 2025 plutôt positive avec un chiffre d’affaires relevé. « L'impact très négatif de 2024 ne peut pas être résorbé en une seule année », prévient toutefois son président Philippe Largeau en conférence de presse le 2 décembre. 

Frédéric Jan, vice-président délégué, Philippe Largeau, président de la FNEDT, Martine Perin, secrétaire général, et Eric Retailleau, président de l’équipe d’organisation de l’EDT Poitou lors d'une conférence de presse à Paris.
De gauche à droite : Frédéric Jan, vice-président délégué, Philippe Largeau, président de la FNEDT, Martine Perin, secrétaire général, et Eric Retailleau, président de l’équipe d’organisation de l’EDT Poitou.
© Gaétan Merminod

Après des années 2023 et 2024 marquées par des aléas climatiques, la fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) présente une année 2025 plutôt positive. « Les conditions climatiques nous ont permis de faire des travaux, de faire du chiffre d'affaires », soutient le président Philippe Largeau, en conférence de presse ce mardi 2 décembre à Paris, à une semaine du salon des ETA (du 9 au 11 décembre à Tours). Toutefois, « l'impact très négatif de 2024 ne peut pas être résorbé en une seule année » pour les entreprises de travaux agricoles (ETA) et les entreprises de travaux et services agricoles, ruraux et forestiers (ETARF) des zones les plus touchées, nuance-t-il. Selon une enquête interne de la FNEDT, près d’une entreprise sur deux considère que sa trésorerie 2025 est inférieure à 2024. Et près de 80 % des répondants déclarent un moral « moyen », « mauvais » voire « très mauvais ». 

Lire aussi : « Financer du matériel ne sera jamais un bien pour l’agriculteur », selon le président des ETA

Des assurances pour les encours et face aux intempéries

L’année 2024 a aussi obligé la FNEDT à « faire le banquier » auprès de ses clients qui faisaient face à des difficultés de trésoreries, avec une « déferlante d’encours » rappelle Philippe Largeau. Pour plus de garanties et pour mieux se protéger à l’avenir, des partenariats ont ainsi été créés avec Groupama afin de proposer aux ETA des assurances destinées à la gestion des encours. Et la fédération travaille sur un projet d'assurance d'intempéries, pour accompagner financièrement ses entreprises et ses salariés bloqués par des phénomènes « extrêmes ». Un cahier des charges pourrait être présenté en 2026, et la FNEDT souhaite ensuite faire reconnaître le dispositif par l’Etat via une loi. 

Lire aussi : Entreprises de travaux agricoles : un risque de faillite en cascade lié aux intempéries, selon la FNEDT

Un nombre d’ETA en hausse malgré les crises 

Malgré ces années de crises sanitaires, climatiques ou inflationnistes, le nombre d’ETARF a augmenté de 8,4 % entre 2020 et 2024, tiré par les ETA (+ 12,6 %). En cinq ans, le nombre de CDI a augmenté de 39 %, et la masse salariale de 37,4 %. Et 40 % des salariés ont moins de 30 ans. « Cette présence massive de jeunes dans nos entreprises traduit une vraie attractivité de la profession », affirme Frédéric Jan, vice-président délégué de la FNEDT. 

Le nombre de CDD dans le secteur a aussi grimpé en cinq ans, avec 46 % d’augmentation. Ce qui comprend l’augmentation de l’emploi saisonnier, où la fédération regrette ne pas être éligible au dispositif du travailleur occasionnel, demandeur d'emploi (TODE). « Cela fait 6 ans que je me bats pour être réintroduit dans le système, […] c'est une concurrence sociale un peu déloyale » déplore le président Philippe Largeau. 

Lire aussi : ETA - "Nous demandons plus d’équité avec le monde agricole en temps de crise", affirme Philippe Largeau, président de la FNEDT.

Que demande la FNEDT à l’État ? 

Revenant sur 2024, le président de la FNEDT Philippe Largeau dit regretter l’absence d’aides de l’État pour soutenir les ETARF en difficulté économique. « L'État a mis en place, fin 2024, des accompagnements structurels et conjoncturels de trésorerie à destination des exploitants agricoles, chose qui était certainement de bon augure. […] Mais personne n'a compris qu’à ce moment-là, les plus impactés étaient les entreprises de travail agricoles, ruraux et forestiers », soutient-il. 

Suréquipement : les ETA demandent un observatoire national du machinisme agricole

Concernant le matériel agricole, le président défend une aide « à l’usage » plutôt qu’à l’investissement dans l’agroéquipement. « Si on veut vraiment aider le monde agricole, il faut arrêter de subventionner du matériel qui n'a fait que favoriser le suréquipement depuis des années » défend Philippe Largeau. « Aujourd'hui, ce sont entre guillemets des chèques en blanc qui sont distribués pour financer du matériel, qui, en grande partie, restent souvent sous un bâtiment et sont utilisés à moins de 50% de leur potentiel ». Sur ce point, la FNEDT indique avoir demandé à l'État la création d’un observatoire national du machinisme agricole, dont le travail pourrait débuter en 2026.

Lire aussi : Les entreprises de travaux agricoles attendent un meilleur soutien des pouvoirs publics

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