Engrais azotés : LAT Nitrogen annonce la fermeture de son site de production à Grandpuits, en Seine-et-Marne
La société autrichienne LAT Nitrogen qui fabrique des engrais a annoncé qu’elle allait fermer son usine de Grandpuits située en Seine-et-Marne.
La société autrichienne LAT Nitrogen qui fabrique des engrais a annoncé qu’elle allait fermer son usine de Grandpuits située en Seine-et-Marne.
Fin mars, les dirigeants de LAT Nitrogen, un groupe autrichien qui fabrique des engrais, ont annoncé la fermeture du site de production basé en Seine-et-Marne, à Grandpuits. Selon eux, cette usine fait face à des défis structurels et « toutes les initiatives entreprises pour restaurer la compétitivité ont échoué ». Ils expliquent : « Malgré des restructurations et l’arrêt de la production d’ammoniac début 2022 et son arrêt final début 2025, le site n’a pas réussi à retrouver la rentabilité souhaitée. Dans un contexte où les ventes d’engrais azotés chutent, le site de Grandpuits fait face à des coûts plus élevés et à une moindre efficacité au sein du groupe, ce qui impacte sa compétitivité » argumentent-ils dans un communiqué.
La demande d’engrais azoté chute
Le groupe rappelle que la demande d’engrais azotés en Europe a diminué d’environ 20 % entre 2019 et 2024, portée par les politiques européennes visant à réduire l’azote et à se tourner vers des alternatives biologiques. Selon lui, les producteurs européens font face à des défis croissants liés aux coûts énergétiques et environnementaux élevés, aggravés par des événements géopolitiques, les rendant non compétitifs face aux importations hors UE. Il ajoute qu’en France, les livraisons totales d’engrais azotés ont diminué de 18 % entre 2016 et 2025, et celles de nitrate d’ammonium de 66 % depuis 2008.
Le site de Grandpuits servira de base logistique
LAT Nitrogen précise que cette fermeture est nécessaire pour préserver la compétitivité de l’entreprise sur ses deux sites restants à Grand-Quevilly (76) et Ottmarsheim (68) et que celui de Grandpuits servira de base logistique pour les autres usines françaises, permettant ainsi la continuité de leur production. Autre précision du Groupe : la production d’AdBlue sur le site de Grandpuits va aussi être arrêtée. En tout 115 postes devraient être supprimés et 12 maintenus.
Aymeric Duroux, sénateur de Seine-et-Marne, interpelle le Gouvernement
Le sénateur de la Seine-et-Marne Aymeric Durox a fait parvenir une question écrite au ministre de l’économie et des finances le 2 avril dans laquelle il demande quelles mesures le gouvernement entend mettre en œuvre afin de préserver les capacités de production d'engrais azotés sur le territoire national (à l'heure où les prix des engrais augmentent fortement suite à la MACF et à la guerre au Moyen-Orient). Il interroge le gouvernement sur le moyen de garantir la pérennité du site de Grandpuits-Mormant et plus largement de la filière française de la chimie de l'azote, dans un contexte de hausse durable des coûts de l'énergie, de contrainte carbone européenne et de dépendance accrue aux importations extra-européennes.
« La production nationale ne couvrirait qu'environ 30 % des besoins du pays »
Aymeric Durox rappelle que la fermeture éventuelle du site de Grandpuits-Mormant conduirait à une augmentation des importations estimée à plus de 350 000 tonnes par an « alors que la production nationale ne couvrirait qu'environ 30 % des besoins du pays, le reste étant importé depuis l'Union européenne et des pays tiers, notamment la Russie, l'Égypte ou la Chine ». Il ajoute que les procédés de production d'ammoniac et d'engrais azotés utilisent des intrants chimiques dont certains peuvent également avoir des applications dans des chaînes de valeur industrielles sensibles, y compris dans le domaine de la défense, « alors même que l'État semble afficher une volonté de montée en puissance de la production d'armement ».
Fabrication de dioxyde de carbone utilisé en agroalimentaire
Il rappelle aussi que le site situé en Seine-et-Marne avait été considéré comme activité « vitale pour la Nation » durant la crise sanitaire de la Covid-19, notamment en raison de sa production d'engrais mais également de dioxyde de carbone (CO2) utilisé dans les secteurs médical et agroalimentaire. « À cette période, seules quatre usines en France étaient en mesure d'assurer cet approvisionnement stratégique » souligne-t-il.