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Engrais azotés et taxe carbone : douze organisations agricoles européennes appellent au report du MACF

Douze organisations agricoles européennes (dont Copa-Cogeca, CEPM et CIBE) demandent à la Commission européenne et aux Etats-membres de suspendre la taxe carbone sur les engrais qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2026. Elles mettent en avant les nombreux éléments techniques encore incertains sur son mode de calcul. 

Sacs d’engrais sur une remorque sous un hangar agricole
Selon leurs estimations, les prix des engrais pourraient augmenter « de 10 à 15% en 2026, certains scénarios prévoyant des hausses pouvant dépasser 30% », écrivent les douze associations.
© JC Gutner

« Dans le contexte actuel, les agriculteurs de l’Union européenne pourraient se retrouver confrontés à un effet ciseaux insoutenables, incapables d’absorber de nouvelles hausses des prix des engrais ou des perturbations de l’approvisionnement », écrivent douze organisations agricoles de l’Union européenne dans un communiqué commun le 25 novembre.

Associations représentant les producteurs de maïs, céréales, betteraves (CEPM, Copa-Cogeca, CIBE) et industriels de la transformation de ces filières demandent à la Commission européenne et les Etats membres de reporter la mise en œuvre du mécanisme de compensation carbone aux frontières de l’Union européenne (MACF) pour les engrais qui doit être appliquée comme prévu par la Commission européenne le 1er janvier 2026.

Relire : Engrais azotés et taxe carbone : la France confirme son intention de trouver des solutions pour « annuler l’impact du MACF » en céréales

Engrais : les incertitudes sur le calcul de la taxe carbone mises en avant

« Aussi incroyable que cela puisse paraître, de nombreux facteurs servant au calcul du MACF ne sont pas encore fixés par la Commission européenne, notamment les valeurs de référence et les valeurs par défaut », écrivent les associations. D’où la difficulté d’estimer ce que représentera au final le mécanisme de compensation carbone aux frontières (MACF) sur le prix des engrais

Selon leurs estimations, les prix des engrais pourraient augmenter « de 10 à 15% en 2026, certains scénarios prévoyant des hausses pouvant dépasser 30% », écrivent-elles encore.

Lire aussi | Prix des engrais et compensation carbone : la menace d’une forte hausse en 2026

Une taxe qui intervient au moment où les céréaliers subissent de faibles marges

Or les douze organisations rappellent que les céréaliers de l’UE subissent actuellement des « marges historiquement faibles, voire négatives, principalement en raison de la forte hausse des coûts de production depuis 2020 », en particulier des engrais « leur principal poste de dépenses ». Et de souligner que ces dernières années, « l’imposition de droits de douane supplémentaires sur les engrais en provenance de Russie et du Bélarus » a déjà entraîné une nouvelle hausse de 10 à 15 %, toutes origines confondues.

Lire aussi : Exploitations céréalières : un résultat économique 2025 négatif à -19 000 €

Demande de suspension du MACF et de mesures de compensation

Avant toute entrée en vigueur du MACF elles demandent que « tous les éléments techniques déterminant les coûts du MACF soient finalisés » et que des mesures efficaces de compensation des coûts soient mises en place. « Alors que 50 % des approvisionnements en engrais de l'UE proviennent de pays tiers et que les stocks actuels ne couvrent qu'environ 60 % des besoins de l'année prochaine, cette incertitude menace le commerce des engrais et la continuité de leur approvisionnement pour les agriculteurs européens », écrivent encore les organisations.

La France, avec notamment le soutien de l’Irlande, a récemment alerté les institutions européennes sur ce problème, sans obtenir à ce stade de réponse concrète.

Lire aussi | Prix des engrais : des hausses en perspective dans un contexte géopolitique explosif

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