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Production de semences
En Eure-et-Loir, les semences potagères sont la spécialité de Jean-Noël Dhennin

Jean-Noël Dhennin, à côté de semences de céréales à paille et de légumes de conserve, multiplie sous contrat des semences potagères. Pour cet agriculteur de Lutz-en-Dunois en Eure-et-Loir, il s´agit d´une activité rémunératrice mais très technique.


Épinards, carottes hybrides, radis, scorsonères, betteraves sucrières, mâche, chrysanthèmes, matricaire, ciboulette, chicorée, lupin, blé dur, blé tendre hybride, seigle hybride. Jean-Noël Dhennin n´en finit pas de citer les espèces dont il a déjà multiplié des semences sur son exploitation.
Hormis la jachère, c´est 75 % des 108 hectares de l´exploitation qui sont consacrés à la multiplication de semences.
C´est par goût et par tradition que Jean-Noël Dhennin produit des semences mais « aussi avec un objectif économique. Compte tenu de ma structure et de mes charges, je privilégie des productions qui donnent des marges supérieures à celles des céréales à paille ou au maïs-grain ».
Jean-Noël Dhennin s´est installé en 1978 sur l´exploitation familiale de Villiers, sur la commune de Lutz-en-Dunois en Eure-et-Loir.
©M.-H. Vincent


Des contrats de production précis et exigeants
La multiplication de semences est une activité traditionnelle de la région, céréales mais aussi betteraves sucrières (polygermes) et carotte pour Vilmorin. « Nous sommes en ´petite Beauce´, une zone avec des terres moins profondes, plus irrégulières que dans la Beauce ; des terres plus légères aussi qui conviennent bien à la production de semences », explique l´agriculteur.
Son père déjà produisait des semences, à côté des céréales et du maïs. C´est pour cette production que l´irrigation a été installée sur l´ensemble de l´exploitation dès 1968. Aujourd´hui la place du maïs est marginale, fonction des surfaces en contrat pour les semences. Ainsi en 2004, il n´y aura aucun hectare emblavé en maïs.
Toutes les productions de semences se font sous contrat soit directement avec un établissement semencier soit avec une entreprise qui traite avec les obtenteurs. Une telle entreprise, Frasem, s´est installée à Lutz-en-Dunois. Son rôle : trouver des contrats de production de semences potagères et trouver des producteurs ; de plus Frasem dispose d´équipements pour le séchage, le triage et le stockage des semences.

Sa présence a favorisé l´orientation semencière du secteur.
Le contrat de production précise la qualité du lot exigée (pureté spécifique, pureté variétale, taux de germinatio.) ainsi que les conditions de production. Un des problèmes est d´éviter la fécondation par des plantes cultivées ou sauvages de la même espèce que la parcelle en multiplication.
3 Des productions délicates et très contraignantes
Pratiquement, cela se traduit par des normes d´isolement entre deux parcelles plus ou moins contraignante selon les espèces. Pour les carottes par exemple, il faut détruire toutes les carottes sauvages dans un rayon de 1500 mètres soit 700 hectares autour de la parcelle !

L´isolement, c´est aussi de la concertation avec les voisins qu´ils soient ou non producteurs de semences. Bref, produire des semences, ce n´est pas simple. Cela exige pour certaines espèces un haut degrè de technicité. Certaines germent difficilement comme le persil. D´autres comme la mâche sont délicates à récolter mais les agriculteurs du Dunois ont trouvé la parade. « La mâche s´égrène. Alors on andaine sur une bande de papier kraft et la moissonneuse-batteuse avale le tout ! » explique Jean-Noël Dhennin.

Ces difficultés de production, les risques, il en est tenu compte dans les discussions interprofessionnelles sur les prix. Selon les espèces, des semences potagères peuvent laisser une marge équivalente à une pomme de terre ou à une betterave sucrière, en tenant compte du risque de refus de lot.
La rentabilité est fonction de la technicité du multiplicateur, mais aussi des aléas climatiques. « En 2003, j´ai eu un lot de chrysanthèmes refusé pour taux de germination insuffisant », raconte Jean-Noël Dhennin. Recette nulle pour la parcelle concernée ! Et pourtant c´est un spécialiste.
On ne s´improvise pas multiplicateur de semences. Il faut de la passion et du savoir-faire.
©M.-H. Vincent

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