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Des surfaces de blé dur au plus bas en France

Les surfaces de blé dur atteignent un plus bas historique avec 239 000 hectares prévu, tandis que des initiatives tentent de relancer la culture.

La surface de blé dur dépassait les 500 000 hectares en 2010. En 2020, elle aura diminué de moitié. © J.-C. Gutner/Archives
La surface de blé dur dépassait les 500 000 hectares en 2010. En 2020, elle aura diminué de moitié.
© J.-C. Gutner/Archives

Le blé dur a pâti des conditions pluvieuses de l’automne-hiver qui ont empêché dans certaines régions la réalisation des semis. À la mi-février, les prévisions officielles de surface s’établissaient à 239 000 hectares, soit un peu moins que la campagne précédente (246 000 ha) et en baisse de 27 % par rapport à la moyenne 2015-2019. C’est le plus bas niveau depuis plus de vingt ans. Toutes les régions sont concernées par les faibles emblavements. « Sans les problèmes climatiques, il y aurait eu une légère augmentation des surfaces par rapport à 2018-2019 », souligne Mathieu Killmayer, animateur de la filière blé dur chez Arvalis.

Dans le Sud-Est où s’est tenue la 22e journée nationale blé dur le 4 février, c’est la dégringolade. En région Paca, on dénombre à peine plus de 20 000 hectares de blé dur, contre plus de 40 000 hectares trois ans auparavant. « En décembre, la région a voté en assemblée plénière un plan filière qui prévoit un soutien financier pour de nombreux projets d’irrigation incluant des surfaces de blé dur », rapporte Édouard Cavalier, président de l’Association blé dur développement (ABDD).

Manque de renouvellement variétal

« Nous voulons agir sur des surfaces en friche dans notre région en incitant à une remise en culture, en collaborant avec les propriétaires de ces parcelles », ajoute Stéphane Jézéquel, ingénieur régional Méditerranée chez Arvalis. La nouvelle application de la Safer-Paca, Open friche map, met en évidence ces friches pour cibler les parcelles pouvant être remises en culture. La région veut également valoriser la production locale.

Plus largement, le blé dur souffre d’un manque d’innovation variétale : aucune nouvelle variété inscrite en France en 2018, une seule en 2019. Une nouvelle grille qualité a été proposée au CTPS avec trois classes technologiques (contre cinq auparavant) de façon à rendre plus simple l’inscription variétale. Mais la baisse critique des surfaces en culture et de l’utilisation de semences certifiées ne plaident pas pour de forts investissements pour cette céréale. Le GIE Blé dur se réduit à trois obtenteurs, Florimond Desprez, RAGT et Syngenta Seeds, ce dernier ayant délocalisé sa recherche blé dur en Italie.

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