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Des solutions pour rentabiliser les petites sommes épargnées

Certains produits bancaires permettent de placer une petite somme d’argent facilement, bien loin des placements d’assurances vie ou immobiliers qui demandent un apport important dès la souscription. Le point.

Que faire de son trésor de guerre ? Certains aiment prendre des risques, d’autres préfèrent avoir accès à leur argent rapidement, d’autres encore veulent payer le moins d’impôts possible. Pas facile de bien choisir son épargne. « Pour bien orienter les agriculteurs dans leur choix, je leur conseille d’effectuer un bilan patrimonial, explique André Pruvost, référent patrimoine à l’AFA du Pas-de-Calais. Je regarde le type d’épargne qu’ils possèdent et je les incite à diversifier leurs placements. » Il va de soi qu’il faut bien connaître la personne aussi. Ceux qui ont été échaudés par la bourse n’ont plus envie d’investir dans des actions, par exemple. « Le type d’épargne dépend aussi des objectifs de la personne, ajoute Nicolas Cayzeele, conseiller de gestion de patrimoine au Cerfrance Normandie-Seine. L’âge, le cadre de vie et les besoins orientent les personnes vers telle ou telle épargne. » Les moins risqués étant les livrets d’épargne réglementés, ces produits sont les premiers demandés. Mais les taux de rentabilité et les conditions sont fixés par l’État. « Le problème de ces livrets, c’est qu’à ce jour, ils ne sont pas rentables », estime André Pruvost. Avec un livret A et un livret de développement durable et solidaire à 0,75 % et un plan épargne logement frôlant les 1 %, il est vrai qu’il n’y a pas de quoi se jeter dessus. « Toutefois, avec ces livrets, l’argent est disponible, avec ou sans pénalités, lorsqu’il faut couvrir un imprévu ou financer son train de vie, expose Nicolas Cayzeele. « Si on veut plus de rentabilité, il faut prendre un peu plus de risques ou avoir moins de disponibilités », constate de son côté André Pruvost. C’est le cas du plan épargne entreprise. Dès que l’entreprise embauche un salarié, il est possible de souscrire un plan d’épargne entreprise auprès d’un organisme bancaire. Chef d’exploitation comme employés apportent une contribution dont les montants sont volontaires. Bloquée pendant cinq ans, cette somme est défiscalisée et exonérée de charges sociales. « Ce produit permet de faire des économies de charges fiscales et sociales, résume André Pruvost. Ce type de placement peut atteindre une rentabilité de 4 à 5 %. »

Des SCPI pour investir dans l’immobilier avec peu d’apport

Quand on parle placements, on pense aussi aux biens immobiliers ou au foncier. Mais dans les deux cas, ils nécessitent un gros apport initial. Un outil existe toutefois : acheter des parts dans une SCPI (Société civile de placement immobilier). C'est un placement appelé « pierre papier ». Le montant minimum d’acquisition est fonction de la société et peut descendre à quelques milliers d’euros. Les SCPI investissent dans des immeubles de bureaux ou des commerces. L’épargne est donc diversifiée. Comme un achat en direct, les avantages sont les mêmes. Il faut tout de même prendre en compte les droits d’entrée (les frais de notaire) qui sont élevés. Ils vont de 5 à 10 % de la valeur de la part. En contrepartie, la SCPI décharge l’investisseur des contraintes administratives liées à la location. « La rentabilité est de 4 à 6 %, estime Nicolas Cayzeele. Mais ce n’est pas sans risque, la valeur de la SCPI varie selon le contexte économique. » Il faut donc bien choisir la société. « Si ce type de placement a le vent en poupe, c’est parce que le risque est maîtrisé. Dans des sociétés immobilières, les gestionnaires sont spécialisés et connaissent le marché de l’immobilier, avance André Pruvost. Je conseille d’investir dans des SCPI avec du potentiel. Pourquoi ne pas choisir une société qui investit à l’étranger, en Allemagne par exemple où le marché de l’immobilier se porte bien ? » Toutefois, à la différence de la bourse où les actions sont cotées toutes les minutes, les parts de SCPI ne sont pas continuellement évaluées. « Le marché de la revente est davantage tendu et l’argent n’est pas toujours disponible immédiatement », précise le conseiller. Pour que l’opération soit intéressante, il faut attendre que les droits d’entrée soient rentabilisés. À cela s’ajoute souvent un engagement sur une période minimale de location du bien allant de six à neuf ans. Quant au régime fiscal des revenus issus de cet investissement, il dépend de la SCPI. Certaines permettent d’accéder aux réductions d’impôt Pinel, Malraux, monuments historiques ou régime des déficits fonciers. « Il ne faut pas hésiter à comparer les SCPI sur le marché et à bien se renseigner sur celles-ci auparavant », résume André Pruvost.

Se lancer en bourse avec les comptes titres

Des actions peuvent aussi être accessibles avec un apport faible. Les comptes titres permettent d’investir en bourse dans des valeurs mobilières, telles que les actions et obligations ou par le biais des FCP (Fonds communs de placement) et Sicav (Société d’investissement à capital variable). Ce sont des outils permettant aux souscripteurs d’investir sur les marchés financiers tout en étant déchargés de la gestion au quotidien de ces titres. Le compte titre permet d’acheter et vendre autant de titres souhaités. « C’est un placement plus ou moins risqué car les revenus varient avec la bourse, précise Nicolas Cayzeele. Et ces revenus sont soumis à la fiscalité classique selon les tranches d’imposition en vigueur au moment de la revente. » En soi, la durée du placement n’est pas limitée mais il peut parfois être demandé de respecter une durée minimale. Dans le même ordre d’idées, les Plans d’épargne en actions (PEA) permettent de constituer et de gérer un portefeuille d’actions de Sicav, de parts de FCP ou d’actions d’entreprises. Le PEA est plafonné à 150 000 euros. Ces actions et obligations sont souscrites pour une durée illimitée. À la différence des comptes titres, les plus-values et gains profitent d’exonérations après cinq ans sous certaines conditions (revenus réinvestis notamment). « Un PEA peut atteindre une rentabilité de 6 à 7 % », estime Nicolas Cayzeele.

À chacun sa solution selon son profil. Selon André Pruvost, « un placement doit, quoi qu’il en soit, répondre à quatre critères : la sécurité, la liquidité, la rentabilité et la fiscalité. L’importance de ces critères varie selon le profil de l’épargnant. Toutefois, la fiscalité étant revue chaque année, cet objectif doit être secondaire ».

Épargner seulement l’excédent de trésorerie

Avant d’épargner l’argent dégagé par une exploitation, il est important de déterminer le montant de la trésorerie. « En général on préconise d’avoir l’équivalent du chiffre d’affaires d’une année, ou l’équivalant d’une année de charges ou d’emprunt en trésorerie », explique Nicolas Cayzeele, conseiller de gestion de patrimoine au Cerfrance Normandie-Seine. Une fois le niveau de trésorerie satisfait, l’excèdent est soit placé au titre de l’exploitation, soit l’exploitant réalise un prélèvement privé. « En agriculture, le privé et le professionnel sont très fusionnés, fait remarquer Nicolas Cayzeele. Quand il y a un peu de liquidité sur le compte de l’exploitation, l’agriculteur prélève… au point, parfois, d’oublier de laisser de l’argent sur le compte de l’entreprise. Et en cas de besoin, il est compliqué de remettre de l’argent dans l’entreprise lorsqu’on l’a dépensé. Il est donc bon de garder une épargne de précaution au niveau de la société. C’est un peu nouveau comme approche, mais la récolte 2016 en a montré l’intérêt. » Après avoir déterminé le montant à placer, il faut choisir un niveau de risque et la période à laquelle on veut épargner. Pour une exploitation, l’excès de trésorerie doit rester relativement disponible car personne ne sait comment sera la prochaine récolte. Outre les livrets d’épargne professionnels classiques, il existe des dépôts à terme (DAT). C’est un placement dédié à la valorisation de la trésorerie. Accessible à partir de 5 000 euros, le DAT est souscrit pour une durée d’au moins trois mois non renouvelables. À l’échéance, le capital et les intérêts sont reversés. Les revenus de ce placement sont imposables dans la catégorie des bénéfices agricoles. Le taux de rentabilité varie selon la durée du dépôt.

Le dispositif Madelin pour préparer sa rente

Pour ceux qui veulent préparer leur retraite, il est possible également d'épargner de petites sommes régulièrement dans le cadre du dispositif Madelin. Grâce aux versements de cotisations sociales, le chef de l’exploitation profite de ce capital enrichi lorsqu’il prend sa retraite. « Cette somme bloquée est déduite des charges fiscales et sociales de l’exploitation », précise André Pruvost, référent patrimoine à l’Afa du Pas-de-Calais. Toutefois, un versement minimum est imposé et les frais sont souvent élevés.

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