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[Coronavirus] Profiter de la baisse du prix du pétrole pour faire le plein de GNR

Le niveau de prix des carburants incite à remplir les cuves de gazole non routier pour les mois à venir. La baisse de charges est réelle.

La crise du coronavirus a des effets sur le poste "carburant" des exploitations. © J.-C. Gutner
La crise du coronavirus a des effets sur le poste "carburant" des exploitations.
© J.-C. Gutner

Les cours du pétrole sont au plus bas : c’est le moment de faire le plein de GNR pour les mois à venir. Comme le fioul, le prix de ce carburant agricole est indexé sur le prix du pétrole et en avril, la baisse a dépassé les 20 % par rapport à janvier dernier. « Le prix du GNR est revenu à son niveau de janvier 2018 », indique Total-Proxi-Energies, l’un des leaders du marché. Une bonne nouvelle pour les agriculteurs, dont la consommation de GNR est concentrée entre mars et octobre. Au tarif de 755 € les 1 000 litres, l’économie atteint 217 € les 1 000 litres de GNR par rapport aux prix de janvier. À raison d’une consommation annuelle moyenne de 70 litres par hectare, la baisse de charge avoisine les 1 900 € pour une exploitation moyenne de 125 hectares de SAU. Selon les situations, un prêt de trésorerie peut être envisagé, d’autant que cela constitue une charge déductible.

« Dans la mesure où l’achat anticipe une charge que l’on ne peut pas éviter, disposer d’un meilleur prix est une bonne chose pour le compte de l’exploitation », analyse Damien Le Helloco, consultant au CER France Seine-Normandie, qui confirme une prise de risque très limitée à faire le plein actuellement. Inutile toutefois d’investir dans une cuve pour stocker massivement et pour longtemps : contrairement au fioul, les caractéristiques du GNR classique peuvent s’altérer dans le temps (tenue au froid plus faible et présence de biocomposants). Malgré l’accord de l’Opep, le risque de voir les prix augmenter brutalement est faible tant que la pandémie n’a pas atteint son pic dans la plupart des pays. « Certains experts estiment même que le second trimestre de l’année pourrait voir les prix chuter encore davantage », indiquait par ailleurs Total-Proxi-Energies, mi-avril. Mais les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel.

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