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Coronavirus : la logistique, maillon fragile de la filière céréalière

Jusqu’ici, la filière céréalière tient bon, mais des craintes émergent sur la pérennité des transports par camion et par train.

La tension sur les camions du fait de la cessation d'activité des transporteurs, faute de rentabilité, ou du droit de retrait des chauffeurs, est l'une des principales craintes de la filière. © J.-C. Gutner
La tension sur les camions du fait de la cessation d'activité des transporteurs, faute de rentabilité, ou du droit de retrait des chauffeurs, est l'une des principales craintes de la filière.
© J.-C. Gutner

Alors que le travail au champ des agriculteurs et l’activité des organismes stockeurs et des usines de transformation ne semblent actuellement pas menacées par les mesures liées au coronavirus, la logistique apparaît comme le maillon le plus fragile de la filière.

« Les transporteurs sont très sollicités actuellement pour des produits autres qu’agricoles, souligne Dominique Chargé, président de la Coopération agricole. On peut aussi s’attendre à de l’absentéisme dans le personnel et les droits de retrait sont possibles. » Sans compter que, pour ce qui est des produits phytosanitaires, des conditions particulières de transport doivent être respectées.

Des craintes qui commencent à se concrétiser. « Il y a déjà quelques difficultés, note Jean Simon, directeur du réseau de négociants Atlantique Céréales. Il y a par exemple des transporteurs qui descendent du blé vers l’Espagne, et qui devaient remonter avec du sel. Mais si l’usine de sel est fermée, cela pose un problème. Le transport pourrait ralentir à cause des retours à vide. »

« D’heure en heure des transporteurs cessent leur activité »

Mêmes signaux alarmants du côté du port de La Pallice, près de La Rochelle. Alors que jusqu’au 18 mars au matin les voyants étaient au vert, avec des approvisionnements et des chargements sans difficulté, les choses semblent se compliquer. « Côté camions, on apprend d’heure en heure que des transporteurs cessent leur activité, rapportait le 18 mars Simon Aimar, responsable Développement de la Sica Atlantique. Il y a notamment beaucoup de flux qui fonctionnent avec des céréales dans un sens et des matériaux de construction dans l’autre sens. Du fait de la fermeture des carrières, il n’y a plus de retour de marchandise. Les entreprises de transport préfèrent ne pas rouler plutôt que de rouler à perte, et mettent les gens au chômage technique. » Et le train, qui représente une part non négligeable du transport pour La Pallice, n’est pas sans faille non plus. « Il y a désormais une interruption de la ligne ferroviaire Poitiers-Niort la nuit, ce qui coupe une partie des flux en train, et des conducteurs de locomotives sont en arrêt de travail, constate Simon Aimar. Nous n’avons réceptionné quasiment aucun train aujourd’hui. »

Pour l’heure, rien de catastrophique pour autant, car les stocks et les flux restant devraient permettre de maintenir l’activité de La Pallice pendant un mois. « Si la situation reprend normalement dans un mois, il n’y a pas de souci, estime Simon Aimar. Si cela dure plus longtemps, ce sera différent. »

Une activité sans gros problème à Rouen et Port La Nouvelle

À Rouen, l’inquiétude n’est pas encore de mise. « Malgré l’absence d’une partie du personnel, l’activité fonctionne normalement, à Rouen comme au Havre, explique Manuel Gaborieau, Délégué Commercial filière Céréales chez Haropa. La capitainerie fonctionne à 100 %, tout comme les services portuaires. Et il n’y a pas de problème de circulation pour l’accès des gens de service. »

À Port La Nouvelle, l’activité est également peu affectée par le coronavirus, selon les responsables portuaires. Une fausse alerte sur un cas qui s’est avéré négatif a entraîné une suspension d’une demi-journée de travail en début de semaine, mais les choses sont revenues à la normale. Le personnel est toutefois réduit de moitié afin de limiter au maximum la promiscuité, une mesure permise par le niveau d’automatisation élevé des tâches.

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